BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Bornlivedieintro (1:23)
2. Signify (5:22)
3. Waiting (phase one) (4:32)
4. Waiting (phase two) (5:28)
5. The Sky Moves Sideways (12:38)
6. Dislocated Day (6:37)
7. The Sleep Of No Dreaming (5:18)
8. Moonloop (11:40)
9. Radioactive Toy (15:26)
10. Not Beautiful Anymore (9:43)

FORMATION :

Steven Wilson

(chant, orgue, mellotron, guitares)

Richard Barbieri

(synthétiseurs)

Colin Edwin

(basse)

Chris Maitland

(batterie)

PORCUPINE TREE

"Coma Divine"

Royaume-Uni - 1997

Delirium - 76:07

 

 

Il faut bien l'avouer, les albums 'live' n'ont le plus souvent qu'un intérêt anecdotique. Celui que publie aujourd'hui Porcupine Tree fait exception. Non seulement il ravira les amateurs du groupe de Steven Wilson, mais il s'avère constituer une excellente introduction à son œuvre.

En dix morceaux (de 1:23 à 15:26), tirés en majorité de ses deux derniers albums en date (respectivement cinq et trois), avec un titre de Up The Downstair et de On The Sunday Of Life, Porcupine Tree propose un panorama assez exhaustif des styles visités au cours de ses explorations musicales, tour à tour psychédélique, planant, rock et progressif. Le tout interprété avec une totale maîtrise par les quatre musiciens.

Enregistré à Rome, devant un public particulièrement réceptif (l'Italie est le pays dans lequel le groupe obtient le plus grand succès), avec une qualité sonore de grand luxe, Coma Divine propose des versions souvent déchaînées de ses «classiques», du titanesque «Signify» au minimaliste «Moonloop», en passant par l'apocalyptique «Waiting Phase Two» ou l'excellent «The Sky Moves Sideways» et sa progression inexorable. Mais la palme revient à l'extraordinaire version de «Radioactive Toy», un morceau du tout premier album qui reste l'un des meilleurs exemples de l'efficacité mélodique du compositeur Steven Wilson.

En plus de la cohésion parfaite des quatre musiciens, cet album montre un Wilson bien plus à l'aise dans son rôle de chanteur sur scène qu'en studio. Sa voix, même si elle reste assez peu utilisée, prend ici une vie nouvelle, se charge d'émotion, vibre avec la musique. Voila qui pourrait laisser présager un rôle moins anecdotique du chant à l'avenir. Bref, Coma Divine n'a qu'un seul véritable défaut, celui de ne pas être double comme c'était prévu au départ...

Christian AUPETIT

Trois questions à Steven WILSON :

Les versions 'live' de vos morceaux diffèrent notablement des enregistrements studio. Le passage à la scène est-il selon toi une seconde vie donnée à tes compositions ?

Quand j'écris pour Porcupine Tree, je pense rarement en termes de performance 'live' possible ou non, car cela pourrait alors me limiter considérablement au niveau des enregistrements en studio. Parfois, de très bons morceaux figurent sur les albums, même s'ils ne pourront pas être joués sur scène. Mon titre préféré du dernier album, Signify, est «Every Home Is Wired», qui est impossible à jouer en public à cause de la façon dont elle a été enregistrée en studio. Quelquefois, aujourd'hui, nous testons certains morceaux en concert avant de les enregistrer, mais il est préférable d'utiliser toutes les techniques d'un studio pour rendre l'effet désiré, et voir ensuite si le morceau pourra être joué en concert.

Bref, pour répondre à votre question, je crois que ça dépend des morceaux. Certains continuent à évoluer et ont probablement atteint une cinquième ou une sixième vie. Coma Divine était pour nous le moyen de montrer l'évolution de certains morceaux, que nous jugions significative par rapport aux versions studio. Personnellement, je préfère les versions 'live' de «Radioactive Toy» et «Dislocated Day» (à l'origine des enregistrements solo), tout simplement à cause de l'énergie que le groupe leur a insufflé.

Ta voix semble avoir pris beaucoup plus d'assurance en concert. Te sens-tu plus libéré face à un public ?

Jouer 'live' ces quatre dernières années a certainement donné plus de force à ma voix. Je ne suis pas vraiment un chanteur, et ma technique est très limitée. Cependant, avec le temps qui passe, ma confiance en ce que j'écris et ma capacité à le chanter augmente. Au début, je préférais les parties instrumentales et le chant passait en dernier, c'était souvent quelques mots marmonnés. Et puis, quand on a commencé à jouer devant un public, j'ai dû me pencher un peu plus sur l'écriture de chansons sur lesquelles je pourrais crier beaucoup plus ! Maintenant, je suis beaucoup plus intéressé par les morceaux chantés, particulièrement à la manière d'un groupe comme Radiohead, qui combine un rock expérimental et d'excellentes parties chantées.

Qu'en est-il du futur prochain album studio ?

Il est déjà entièrement écrit, et nous commençons à enregistrer en janvier. Nous espérons sortir un 'single' en juin, et l'album en septembre. Je pense que cet album sera un énorme bond en avant à tous les niveaux : écriture, interprétation et production. J'ai passé ces deux dernières années sur l'écriture, c'est la première fois que j'y passe autant de temps... Je considère les quatre premiers albums studio comme des expérimentations faites en tenant compte de certaines circonstances, mais dont chaque étape importante était un jalon indispensable pour parvenir à ce prochain album. Coma Divine est la fin du premier chapitre de Porcupine Tree. Le nouvel album studio sera le début du prochain...

(chronique et entretien parus dans Big Bang n°23 - Nov-Décembre 1997)