
PISTES :
1. Prologo (4:59)
2. Un Villaggio, Un'Illusione (3:54)
3. Realta (4:13)
4. Immagini Sfuocate (2:59)
5. Il Cieco (4:11)
6. Dialogo (3:41)
7. Verso La Locanda (5:15)
8. Sogno, Risveglio E... (5:15)
FORMATION :
Massimo Roselli
(piano, orgue, mellotron, Moog, sitar électrique, cembalo, chant)
Giorgio Giorgi
(chant, flûte, piccolo)
Patrik Traina
(batterie)
Romualdo Coletta
(basse, générateur de fréquences)
Raimondo Maria Cocco
(guitares électrique et acoustique)
Donald Lax
(violons électrique et acoustique)
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PISTES :
1. Villa Doria Pamphili (5:27)
2. A Forma Di (4:07)
3. Il Tempo Della Gioia (6:15)
4. Un Giorno, un Amico (9:39)
5. È Accaduto una Notte (8:16)
FORMATION :
Claudio Filice
(violon)
Giorgio Giorgi
(chant, flûte, piccolo)
Massima Giorgi
(basse, contrebasse, chant)
Massimo Roselli
(chant, claviers)
Patrick Fraina
(chant, batterie)
Raimondo Cocco
(chant, clarinette, guitare)
QUELLA VECCHIA LOCANDA
"Quella Vecchia Locanda"
Italie - 1972 - Vinyl Magic - 34:54
"Il Tempo Della Gioia"
1974 - Vinyl Magic - 34:06
Un violon virevoltant auquel répond un piano folâtre; une envoûtante série de questions/réponses cédant le pas à des mélodies en boucles qui s'entremêlent, tandis que les autres instruments prennent place, puis la superbe voix de Giorgio Giorgi qui apparaît au centre du spectacle. L'évocation de la commedia dell'arte (qui reviendra à l'aide du même thème sur l'ultime morceau du disque) aura ici laissé la place à un spectacle plus actuel (une instrumentation plus électrique), plus riche et plus coloré. Ainsi débute "Prologo", qui ouvre pour Quella Vecchia Locanda son premier album, éponyme, en 1972 (année de sa formation !).
Dans la musique de ce sextette romain, il est effectivement question de spectacle, tant la musique se veut expressive. Elle s'articule d'ailleurs essentiellement autour du violon de Donald Lax (qui, comme vous ne l'ignorez pas, a plus tard travaillé avec notre Cyrille Verdeaux national) et du piano (et accessoirement des claviers) de Massimo Roselli, qui en sont les principaux instruments solistes.
A travers les huit pièces (de 2:58 à 5:19) de cet album, Quella Vecchia Locanda présente un discours ambivalent. S'y côtoient en effet deux types de morceaux : des pièces très classisantes, qui sont la plus grande force du groupe, comme des titres qui, eux, s'intègrent plus à l'environnement progressif de l'époque ("Immagini Sfuocate" rappelle par moments Jethro Tull), traduisant une volonté ambitieuse de marier jazz, influences classiques et rock.
Au total, un album très riche, aux mélodies très accessibles malgré la complexité des compositions, mais toutefois inégal, un ou deux titres ("Un Villaggio, Un'Illuzione" et dans une moindre mesure "Realtà"), plus orientés 'rock' souffrant d'une relative indigence mélodique, surtout lorsqu'ils sont comparés aux titres plus classisants, notamment le poignant "Sogno Risveglio E...", titre évocateur qui signifie "rêve à moitié éveillé et..."). Le groupe, tout en gardant le même cap, saura harmoniser son discours sur son second opus.
C'est donc deux ans plus tard que paraît Il Tempo Della Gioia. Donald Lax y est remplacé par un violoniste encore plus talentueux, Claudio Filice. Il en résultera un renforcement de cet axe piano-violon qui oriente superbement le groupe.
Quella Vecchia Locanda opte pour une instrumentation cette fois résolument acoustique tout au long des cinq morceaux (de 3:38 à 9:46) de l'album. Y interviennent une kyrielle d'instruments classiques ou de jazz (violon, piano, flûte, guitare acoustique, clavecin, violoncelle, contrebasse, saxophone soprano), les claviers ne figurant que sur un morceau tandis que la guitare électrique se limite à de secondaires apparitions sur trois d'entre eux. Les compositions du groupe y gagnent en émotion et en subtilité. Rarement une musique dite "profane" aura été aussi imagée, aussi incitative à la rêverie. Elle a cette grande qualité de faire passer son auditeur par toutes les émotions de l'arc-en-ciel (pour reprendre la formule du romancier Norman Spinrad).
Sortir un seul morceau du lot serait faire injure aux quatre autres, mais prenez par exemple "A Forma Di", pièce d'inspiration classique (sans section rythmique) dans laquelle le thème principal revient en boucle à mesure que chaque instrument s'ajoute, jusqu'à l'arrivée d'un choeur déchirant de beauté. Ecoutez le morceau suivant, "Il Tempo Della Gioia", qui utilise les rares claviers et guitares électriques, et où la ritournelle devient un jazz frénétique. Ou bien prenez "Un Giorno, Un Amico", formidable jazz-rock classisant construit en trois parties, qui vont voir successivement le violon et le saxophone soprano se voler la vedette.
Le dénominateur commun de tous ces morceaux, c'est leur raffinement mélodique. Qu'importe l'influence majeure, classique ou jazz, qu'importe la complexité des compositions et des arrangements, le souci premier du groupe, c'est l'accessibilité. Et à la différence de beaucoup d'autres groupes, cette accessibilité recherchée n'a pas imposé à Massimo Roselli et ses acolytes une simplification de leur langage musical. Bien au contraire ! La musique de Il Tempo Della Gioia est un parfait équilibre entre accessibilité et sophistication.
Cet album sera, hélas, le dernier du groupe romain.
Vous l'aurez compris, si le premier album de Quella Vecchia Locanda est vivement conseillé, malgré la faiblesse d'un ou deux titres, le second, sublime d'intemporalité, s'avère en tous points remarquable et indispensable. Et tant pis si le qualificatif de "chef-d'œuvre" a été galvaudé à droite et à gauche. Lui seul convient à Il Tempo Della Gioia...
Daniel BEZIZ
(chronique parue dans Big Bang n°16 - Été 1996)

