
PISTES :
1. Sanktuarium (8:57)
2. Chocbym (7:05)
3. Bajkowy (3:42)
4. Gleboka Rzeka (8:03)
5. Nocne Widziadla (7:21)
6. Niespelnienie (9:44)
7. Warkocze (4:07)
8. Bijace Serca (1:53)
9. Plone (14:09)
FORMATION :
Emila Derkowska
(chant, violoncelle, flûte)
Ewa Smarzynska
(flûte)
Zbysek Florek
(claviers)
Maciek Meller
(guitare)
Radek Scholl
(basse)
Rafal Jermakow
(batterie, percussions)
QUIDAM
"Quidam"
Pologne - 1996
Ars Mundi - 65:09
Comme avait dit le chef d'État Major de l'armée américaine après Pearl Harbour, "l'élément-clé dans la réussite de cette attaque, ce fut indéniablement l'effet de surprise...". De la même façon, c'est à dire avec des conséquences tout aussi dévastatrices mais pacifiques celles là, le label polonais Ars Mundi vient de publier le premier album d'un groupe local au talent effectivement titanesque. Si je vous dit que le principal défaut de Quidam concerne son patronyme (une formation française le porte également), vous comprendrez que nous sommes à notre tour confrontés à un événement majeur de l'année progressive. Cette découverte surprise possède tous les ingrédients pour plaire à la très large majorité d'entre vous, c'est pourquoi nous avons voulu vous en parler rapidement bien que nous n'ayons pris connaissance de son contenu que récemment.
D'abord comme trio (guitare, basse et batterie), Quidam est apparu en 1990 sous le nom de Deep River. Il proposait alors des reprises de morceaux célèbres de hard et de blues, mais s'orienta assez rapidement vers une musique personnelle et symphonique avec les arrivées successives d'un claviériste, d'une flûtiste et d'une chanteuse (jouant également du violoncelle ainsi que, elle aussi, de la flûte). Ce n'est que cinq ans après sa création que Quidam prend son nom définitif et décide, fort d'une solide expérience scénique et de concours rock locaux remportés haut la main, de se lancer dans la réalisation de son premier album.
Celui-ci nous parvient aujourd'hui auréolé donc d'une réputation... inexistante... Avec des premières œuvres aussi abouties, il va devenir difficile de demeurer indulgent avec des formations faisant preuve d'immaturité lors de leur premier essai discographique. Constitué essentiellement de longues pièces (6 de 7:05 à 14:09 et 3 de 1:53 à 4:07), Quidam est effectivement ce que l'on peut appeler un coup de maître. Il est introduit par "Sanktuarium" (8:57), une superbe composition qui, basant son propos sur les gémissements nostalgiques de la flûte, les envolées lyriques de la guitare et un chant en polonais impeccable, fait rapidement penser aux fastes de Fromage (formation japonaise, auteur de deux albums dans les années 80), avec qui elle supporte parfaitement la comparaison. Et ce premier constat, je peux vous l'assurer, n'est pas le moindre des hommages... Par la suite, l'impression initiale est confirmée à travers des morceaux éblouissants, qui évoquent ce qu'un Collage aux inclinations classisantes aurait pu engendrer. En effet, la musique de Quidam possède, à l'instar de son concitoyen, une dimension nostalgique qui s'appuie par contre ici sur une instrumentation plus variée génératrice d'atmosphères davantage symphoniques et... authentiques, serais-je tenté de dire. Cette touche classique est somme toute assez normale quand on connaît la culture musicale des nations de l'ex-Bloc de l'Est...
Je ne voudrais pas cependant amoindrir la place de la composante électrique, car nous avons bel et bien affaire à du rock progressif capable, comme je le disais plus haut, de plaire à beaucoup de personnes... L'originalité de Quidam est d'avoir su allier des éléments rock et classiques dans un contexte créatif intense, et donc d'avoir donné une définition personnelle, moderne et fédératrice (du moins, je le souhaite) de la musique que nous aimons.
Bref, les qualités de cet opus sont telles qu'il n'est guère besoin de s'étendre sur la conclusion : à ne surtout pas rater !
Olivier PELLETANT
(chronique parue dans Big Bang n°16 - Été 1996)

