
PISTES :
1. Airing (2:25)
2. Hands Off (9:25)
3. Not So Close (6:22)
4. The Fifth Season (9:45)
5. SurREvival (5:13)
6. Queen Of Moulin Rouge (8:24)
7. Everything's Ended (13:14)
FORMATION :
Zbyszek Florek
(claviers)
Maciek Meller
(guitares, chœurs)
Bartek Kossowicz
(chant, chœurs)
Mariusz Ziókowski
(basse)
Maciek Wróblewski
(batterie, percussions)
Jacek Zasada
(flûtes)
INVITÉS
Robert "Myca" Kowalski
(chœurs [2,3,4])
Grzegorz Nadolny
(contrebasse [4])
Pawe "DJ Paulo" Molenda
(scratch [6])
QUIDAM
"SurREvival"
Pologne - 2005
Rock-Serwis - 54:53
Après un troisième album en forme de chant du cygne (The Time Beneath The Sky, sorti en 2002), suivi de près par le départ de la charismatique chanteuse du groupe, on croyait la formation polonaise rangée au rayon des souvenirs. Mais finalement, à force de volonté, la paire de compositeurs Zbyszek Florek (claviers) et Maciej Meller (guitare) a réussi à maintenir le groupe en vie (en survie, si l'on se réfère au titre de l'album ?), avec l'aide du fidèle flûtiste Jacek Zasada, puis en dénichant une nouvelle section rythmique et en changeant de cap côté vocal.
En effet, au lieu d'une remplaçante, le groupe a opté pour un chanteur, ce qui représente une certaine prise de risque tant la belle Emila avait su marquer les esprits. Alors, qu'en est-il des performances de Bartek Kossowicz ? Eh bien, le résultat est, pour tout dire, mitigé. Si les lignes vocales sont désormais toutes exprimées en anglais, avec un accent meilleur que celui d'Emila, il faut bien avouer que la voix de Bartek ne possède pas la même force émotionnelle, et bon nombre des parties chantées de cet album tournent plutôt à vide. Ce n'est pas que le chant soit mauvais : il est seulement, trop souvent, quelconque. Dommage...
Il faut dire que, musicalement parlant, nos amis polonais semblent hésiter sur la conduite à tenir. Le temps du symphonisme «genesissien» du premier album est décidément loin, mais même le côté folk des deux suivants a quasiment disparu (ce qui incite, du coup, à l'attribuer à la chanteuse). Globalement, les morceaux sont longs (il y en a six, de 5:13 à 13:15, plus une intro d'un peu plus de 2 minutes à base de bruitages), et le groupe navigue en permanence entre parties pop assez moyennes (et donc plutôt axées sur le chant), et parties instrumentales bien plus variées, et donc plus à même de nous intéresser. Les musiciens passent ainsi allègrement de moments de fièvre électrique à des passages plus calmes et intimistes; chaque soliste s'épanche abondamment (les claviers, en particulier, sont bien plus présents de ce point de vue qu'auparavant), et l'on attend donc à chaque morceau que la flûte, la guitare ou les claviers les fassent enfin décoller. Dans ces moments-là, le progressif (aux couleurs bien sûr du rock symphonique) parvient à reprendre le dessus, mais la banalité des autres empêche l'ensemble de susciter un enthousiasme total. Au final, seules les interventions du flûtiste sont irréprochables, et on ne saurait trop conseiller au groupe de développer plus que jamais la place très particulière de cet instrument en son sein.
A l'heure des Riverside, Indukti et autres Satellite, la musique de Quidam ne constitue plus vraiment un porte-étendard digne de ce nom pour la Pologne. A moins d'une remise en question conséquente, qui passe par une musique et des parties vocales plus percutantes (en force, en émotion, que sais-je ?), la place du groupe sur l'échiquier progressif se réduit à celle d'un pion comme il y en a malheureusement beaucoup trop de nos jours, et plus à celle du roi (ou de la reine Emila ?).
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°58 - Été 2005)

