
PISTES :
1. Birthday Invitation (1:35)
2. Philosophy (4:08)
3. Waves (24:58)
4. Cream Tears (5:51)
5. Wedding On A Raspberry Day (5:39)
6. Everything’s Alright (3:49)
7. A Supersonic Pestcontroller (8:08)
8. Nightingale And Snake (15:05)
FORMATION :
Alfred Mueller
(claviers)
Jürgen Hägele
(batterie)
Michael Six
(basse)
Bernd Mueller
(guitares)
Ralf Glasbrenner
(chant)
RACHEL'S BIRTHDAY
"An Invitation To Rachel's Birthday"
Allemagne - 1996
WMMS - 69:15
Qu'il est bon, de temps en temps, de tomber sur un disque qui s'avère être une vraie, et bonne, surprise ! Vous l'aurez compris, Rachel's Birthday détonne un peu dans le paysage progressif actuel. A commencer, d'ailleurs, par la pochette de son premier, et quasi-éponyme, album : une fillette (la fameuse Rachel, évidemment !), boudeuse devant son gâteau d'anniversaire. Mais son attitude, justement, ne nous invite-telle pas déjà à aller au-delà des simples apparences ?
Première écoute. Après un morceau d'introduction plutôt conventionnel qui nous convie à participer aux festivités, nous est proposé ce qu'on pourrait qualifier de 'tube' potentiel : "Philosophy" (4:04), et sa mélodie à l'allégresse entraînante qui donne d'emblée le ton de l'album. Car Rachel's Birthday est ainsi : mélange étonnant d'exubérance, de délires débordant de spontanéité, d'émotions fortes... On passe en un instant de la gaieté à la nostalgie la plus à nu... 'Melting pot' fou et vivant où l'inspiration est constamment présente, dans ce qu'elle a de plus exutoire...
Mais attention : nos cinq Allemands ne sont pas qu'une bande de joyeux lurons. Preuve en sont deux très longues suites qui raviront les amateurs purs et durs de rock progressif : "Waves" (24:53) et "Nightingale And Snake" (15:04)... Et les six autres morceaux n'en méritent pas moins, malgré leur durée plus réduite, la même dénomination. An Invitation To Rachel's Birthday est avant tout un album de contrastes : à une superbe ballade nostalgique nourrie de la beauté cristalline d'une guitare 12 cordes - "Everything's Alright" (3:45) -, succède "A Supersonic Pest Controller" (8:03), et ses méandres débridés au milieu desquels le groupe ne perd pourtant jamais le contrôle.
La clé de voûte de cette maison hallucinante, dont chaque pièce est le théâtre d'un véritable spectacle auditif, est sans conteste le chanteur Ralf Glasbrenner. Celui-ci module sa voix à souhait, se jouant des conventions, capable d'exploiter sa tessiture dans les registres les plus extrêmes (cf. la partie centrale de "Nightingale And Snake").
Vous l'avez compris : il n'y a, à mon sens, rien à rejeter dans cette première oeuvre débordante de vitalité (ou, serais-je tenter de dire, de vie, tout simplement !) et d'inspiration. Le seul petit 'hic', qui n'enlève cependant rien à ces louanges, concerne la production, qui manque d'ampleur et de relief. Ceci dit, les multiples écoutes n'ont fait que confirmer mon 'coup de coeur' initial. La crainte que mon objectivité ait pu être mise en défaut sous l'effet de la surprise s'est peu à peu dissipée à la découverte d'une réelle profondeur de propos que l'apparente désinvolture des musiciens s'attache à dissimuler... Ceci ne faisant que sceller mon enthousiasme.
Merci donc à Rachel de m'avoir convié à sa fête d'anniversaire... Sauf que, maintenant, je ne veux plus en partir !!!
Frédéric BELLAY
(chronique parue dans Big Bang n°17 - Automne 1996)

