
PISTES :
1. After (3:31)
2. Volte-Face (8:40)
3. Conceiving You (3:39)
4. Second Life Syndrome (15:40)
5. Artificial Smile (5:27)
6. I Turned You Down (4:34)
7. Reality Dream III (5:01)
8. Dance With The Shadow (11:38)
9. Before (5:23)
FORMATION :
Mariusz Duda
(basse, chant)
Piotr Grudziñski
(guitares)
Piotr Kozieradzki
(batterie)
Michal Lapaj
(claviers)
RIVERSIDE
"Second Life Syndrome"
Pologne - 2005
InsideOut - 63:39
Il n'aura donc pas fallu bien longtemps pour que mes prévisions se réalisent. Après la sortie d'Out Of Myself l'an dernier, je pressentais que ce groupe allait faire parler de lui, et pour une fois, je ne me suis pas trompé ! Nombreux concerts un peu partout (même en France, pour le Festival Horizons Rock de Sarlat, rendez-vous compte !!!), contrat avec InsideOut, Le label de progressif qui rafle tout, et les voilà déjà de retour pour la suite de leur premier opus, intitulée Second Life Syndrome. Entre temps, il y a eu aussi un mini album et un changement de claviériste, avec l'arrivée de Michal Lapaj.
Si Out Of Myself avait su créer la surprise, ce nouvel album nous replonge en terrain connu. Le quatuor a en effet repris les mêmes ingrédients, mais avec sa personnalité mieux affirmée. Même si les références précédemment évoquées à leur sujet restent globalement de mise, à savoir Opeth, Pain of Salvation et surtout le Porcupine Tree actuel, elles sont cette fois moins flagrantes. De même, le côté symphonique de leurs compatriotes de Collage est presque occulté, ce qui ne veut pas dire que la musique de Riverside n'est plus empreinte de symphonisme, mais les claviers ont perdu du terrain. C'est sans doute le seul reproche qu'on peut actuellement leur formuler, à savoir la place plus réduite laissée à ceux-ci, et sans doute faut-il attendre que le nouveau titulaire du poste trouve sa juste place au sein du trio original. Car pour le reste, la guitare de Piotr Grudzinski est toujours aussi lumineuse, mélodique, planante, en un mot merveilleuse; la batterie de Piotr Kozieradzki frappe fort mais ne donne jamais dans le bourrin; et la basse de Mariusz Duda saute à la figure à chaque mesure. De plus, ce dernier chante toujours aussi bien, et les moments de rage sont toujours aussi bien amenés et ne paraissent jamais gratuits : quel autre groupe parvient à un tel résultat ?
Les 9 morceaux de l'album (de 3:31 à 15:40) suivent les traces de ceux d'Out Of Myself, tant dans les textes que dans la musique. On y trouve toujours ce goût du mélange entre longues envolées instrumentales très lyriques, parties chantées douces ou violentes, et riffs et rythmes plombés. Toutefois, la dichotomie entre les genres est moins marquée, les morceaux sont sans doute plus équilibrés et les petits défauts de transition complètement gommés. Contrairement à ce que le groupe laissait entendre, Second Life Syndrome n'est pas vraiment plus dur ni plus violent que son prédécesseur, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Riverside demeure une formation de rock symphonique puissant, mais n'a pas viré dans le métal progressif pour autant. En affinant ses caractéristiques propres, il se singularise même au point de créer quasiment un genre nouveau à lui tout seul.
Si vous avez accroché à leur musique il y a dix-huit mois, lire cette chronique ne pourra que vous conforter dans votre choix, et vous pouvez sans crainte vous jeter sur cette suite. Pour les autres, il me semble qu'il y a des phénomènes musicaux à côté desquels il ne faut pas passer sans y avoir au moins goûté une fois, et Riverside fait assurément partie de ces cas rares. Si j'ajoute qu'ils ont raté de peu la couverture de ce magazine, vous comprendrez que ce quatuor polonais fait d'ores et déjà partie des chouchous de la rédaction. On devrait donc les retrouver en bonne place lorsque la trilogie entamée avec Out Of Myself et poursuivie par Second Life Syndrome s'achèvera, à l'horizon 2006-2007. Indispensable, évidemment !
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°60 - Décembre 2005)

