BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Descent (0:33)
2. Seven Devils (3:41)
3. Chant Of The Fathers (3:09)
4. Snake Dance (4:37)
5. Crossing To Freedom (3:15)
6. Coyote (6:04)
7. Red Torrent (4:06)
8. River Of No Return (4:55)
9. China's Last Stand (4:44)
10. Buffalo Eddy (4:14)
11. Carved In Stone (6:13)
12. Epilogue (5:19)

FORMATION :

Scott Rockenfield

(batterie, percussions, claviers)

Paul Speer

(guitare, basse, claviers)

ROCKENFIELD SPEER

"Hell's Canyon"

États-Unis - 2001

Bee & Bee - 50:54

 

 

Sorti initialement aux États-Unis (affublé d'une pochette plutôt laide, et surtout assez maladroite car n'évoquant en rien le contenu musical), le présent album vient tout juste de faire l'objet d'une édition européenne chez Bee & Bee Records, label néerlandais très actif actuellement pour diffuser de par chez nous bon nombre de galettes d'outre-Atlantique (Glass Hammer notamment). Et son travail ne s'arrête pas là, puisque ce Hells Canyon nous est présenté, outre dans un nouvel et probant emballage formel, avec un titre bonus de cinq minutes qui vient le conclure de brillante manière...

Rockenfield Speer : un patronyme regroupant les noms de famille des deux musiciens ayant donné vie à cet album. Scott Rockenfield, tout d'abord et de loin le plus connu des deux puisqu'il est le batteur de Queensrÿche (ici également aux percussions et aux claviers), et Paul Speer, guitariste émérite qui oeuvre pour sa part dans les musiques d'illustration sonore et la new age. Hells Canyon : située dans l'Idaho, il s'agit de la gorge la plus profonde d'Amérique du Nord et, en ce qui nous concerne, d'un concept (historique et géographique) propice aux développements instrumentaux dont notre genre est friand...

Dénuées de chant donc (si ce n'est quelques chœurs lointains), les 12 présentes compositions (de 0:33 à 6:13) s'offrent à l'auditeur d'une façon somme toute assez classique. A l'instar du Zazen de Mystery School ou du Mike Oldfield de Songs From Distant Earth (deux opus que personnellement j'adore et qui s'avèrent quelque peu mésestimés... Fermons la parenthèse), Rockenfield Speer demande aux claviers de tisser la trame des différentes et (très) suggestives ambiances, puis de jouer le rôle de base de lancement aux formidables envolées de guitare. Paul Speer, fort heureusement, n'est pas un adepte des records (il évoque aussi, soit dit en passant, Andy Latimer), et chacune de ses interventions se joue de nos attentes, alternant avec une réelle maestria moments calmes (description des paysages) et séquences plus dynamiques (scènes de combat - le célèbre massacre des indiens à Deep Creek - ou de torrents en furie...).

Nos deux compères réalisent donc un incroyable sans faute, et c'est vraiment une musique se jouant parfaitement de la large palette de sentiments créés que ce Hells Canyon nous offre. S'écoulant comme le contenu d'un sablier, sans temps-morts ni réels à-coups, celle-ci ne s'avère jamais lassante et au contraire nous inonde de panoramas plus réalistes les uns que les autres. Un voyage virtuel en quelque sorte...

Olivier PELLETANT

(chronique parue dans Big Bang n°39 - Mai 2001)