BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Break Your Chains
2. Not My Kind
3. Memory Lane
4. Never Give Up
5. Seven Days 6. SK 983
7. Kiss Of Faith
8. Paper Blood
9. Season’s Change
10. Twice Around The World

FORMATION :

John West

(chant)

Andre Andersen

(claviers)

Marcus Jidell

(guitare)

Kenneth Olsen

(batterie)

INVITÉS

Maria McTurk
(chœurs)

Kenny Lubcke
(chœurs)

ROYAL HUNT

"Paper Blood"

Danemark - 2005

Frontiers Records - 56:29

 

 

Dans notre numéro 50, concluant la critique de Eyewitness, précédente réalisation des chasseurs royaux, nous vous avions donné rendez-vous en 2005 pour la recension de la nouvelle œuvre de Royal Hunt, à qui nous avions consacré une rétrospective dans le n°42. Voilà donc la preuve que Big Bang est un magazine qui tient ses promesses ! Paper Blood, huitième opus studio du groupe dirigé par le claviériste Andre Andersen, à la pochette légèrement surréaliste, est en tout les cas placé sous le signe du changement. Changement de label, avec le passage de Nothing to Say à Frontiers Records, qui semble vouloir se diversifier. Changement de musiciens, ensuite, puisqu'en dehors de John West, des batteurs Allan Sorensen et Kenneth Olsen, ainsi que des choristes féminines, le combo voit l'arrivée du guitariste Marcus Jidell. Exit donc Jacob Kjaer et Steen Mogensen (la basse étant dès lors assurée par le claviériste), qui étaient pourtant des piliers de Royal Hunt.

Pour ce qui est de la musique, contrairement à Eyewitness qui avait tendance à privilégier la synthèse et la guitare, Paper Blood marque le grand retour à la pompe et à l'emphase claviéristique, avec des arrangements très développés. «Break Your Chains», le titre d'ouverture, voit ainsi débouler, après une introduction classisante, une explosion de claviers et de chœurs pour un résultat qui se rapproche en partie du Artension de Vitalij Kuprij. John West adopte d'ailleurs un chant un peu plus agressif qu'à l'accoutumée, sans abandonner la composante mélodique typique du groupe. A cet égard, la tendance à l'auto plagiat est toujours sensible («Never Give Up», «Paper Blood»), mais ne devrait pas trop gêner les fanas du groupe et ceux qui le découvrent. Les autres chansons du disque confirment cette pleine forme musicale, avec à la fois une guitare plus agressive et des claviers rutilants («Not My Kind»). Rares sont les titres qui calment un peu le jeu, un «Seven Days», au tempo plus lent, étant abondamment garni en fioritures et soli divers. L'acoustique «Kiss of Faith», aux accents bluesy, est lui aussi pourvu d'un refrain solide et de chœurs toujours très présents, tout comme la ballade «Season's Change».

Ce n'est d'ailleurs sans doute pas un hasard non plus si trois des dix compositions sont entièrement instrumentales, occupant presque un tiers de la durée totale de l'ensemble. «Memory Lane» prend son temps pour s'envoler, avec un clavier qui sait se faire très émotionnel, et passe ensuite au clavecin après la démonstration de guitare. «SK 983», lui, démarre sur les chapeaux de roue avec un thème prenant et quelques vocalises pour un rendu brillant. «Twice Around The World», enfin, est plus étendu mais également plus gratuit, malgré quelques bons passages. Paper Blood est néanmoins une belle réussite pour Royal Hunt, qui revient quelque peu à l'inspiration de Fear et de Paradox. La suite dans deux ans ?

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°59 - Octobre 2005)