BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

CD 1 :
1. Sleep (10:09)
2. Start The Fire (4:51)
3. Who Do You Think We Are (4:29)
4. Day On My Pillow (6:19)
5. Roses (6:50)
6. Not About Us (5:00)
7. The Gentle Art Of Swimming (8:47)
8. Wasted Land (5:42)
9. Crazy Lane (4:19)
10. Trying To Kiss The Sun (5:00)

CD 2 :
1. World Through My Eyes (11:29)
2. Opel (5:51)
3. Cymbaline (14:56)
4. Welcome To The Machine (7:17)
5. I Don't Know (4:19)
6. Hole In The Sky (10:32)
7. New Stars Are Born (Studio - Version Complète) (12:40)

FORMATION :

Yogi Lang

(chant, claviers)

Karlheinz Wallner

(guitares)

Stephan Ebner

(basse)

Manfred Müller

(batterie)

INVITÉS

Ray Wilson
(chant [CD 1 - 5,6])

Markus Jehle
(claviers)

RPWL

"Start The Fire - Live"

Allemagne - 2005

InsideOut - 61:26 / 67:03

 

 

Ceux qui ont eu la chance de voir RPWL sur scène (donc rarement des français tant la pénurie de concerts dans notre pays est dramatique) affirment que ce groupe allemand est encore meilleur dans cette configuration que sur disque. Pourtant, le quatuor a plutôt bonne presse dans notre milieu, mais il est vrai qu'on lui reproche parfois d'être un peu trop "gentil", pour ne pas dire mou. Avec la sortie de leur premier CD enregistré en concert pendant la petite tournée du printemps 2005 qui a suivi la parution de leur troisième album, World Through My Eyes, l'occasion est toute trouvée de vérifier en sons mais sans les images si ces avis sont éclairés, ou aveuglés par l'euphorie du moment qui suit le concert.

Sur le papier, en tout cas, RPWL a mis les petits plats dans les grands : deux CD bien remplis pour plus de deux heures de musique (10 titres de 4:20 à 10:09 pour le CD 1 et 6 de 4:19 à 14:56 pour le CD 2, plus une version studio de plus de 12 minutes du morceau "New Stars Are Born" qui figurait en bonus sur World Through My Eyes); un répertoire judicieusement pioché dans leurs trois albums; un invité de marque en la personne de Ray Wilson, l'ex-dernier chanteur de Genesis; et enfin plusieurs reprises liées au groupe qui leur sert de modèle, à savoir Pink Floyd.

Et d'emblée, on constate que les versions "live" de leurs propres morceaux gagnent souvent en puissance (un cinquième membre renforce d'ailleurs le chanteur Yogi Lang aux claviers), avec plus d'emphase symphonique, des solos de guitare "gilmouriens" au possible et une dynamique de groupe qui fonctionne véritablement très bien. Celui-ci montre tour à tour les deux principales facettes qui l'anime, avec d'une part les morceaux épiques et planants ("Sleep", "The Gentle Art Of Swimming", "Hole In The Sky", World Through My Eyes") et d'autre part les titres plus rock et les chansons plus basiques ("Start The Fire", "Crazy lane", "I Don't Know", pour n'en citer que quelques-uns). Il y a beaucoup de lyrisme et d'émotions, beaucoup de contrastes, on a envie de bouger dans les moments plus rock, et le son de l'enregistrement est absolument excellent (mais on n'en attendait pas moins d'un groupe qui peaufine ses prestations à l'extrême, utilisant le plus souvent le fameux système quadriphonique cher à... Pink Floyd !). Même le chant de Yogi Lang, très bon mais auquel on reproche une certaine monotonie, parvient à se surpasser dans l'ensemble. Toutefois, avouons que la prestation de Ray Wilson sur "Roses" et sur "Not About Us" (un morceau du Calling All Stations de Genesis qu'il a co-signé avec Tony Banks et Mike Rutherford et dont la version présente ici est meilleure que l'originale) dépasse quand même en intensité celle de notre cousin germain !

Le deuxième CD laisse plus de place aux reprises, avec une excellent version "d'Opel" de Syd Barrett (que le groupe avait déjà repris sur son album-compilation Stock), et deux titres de leurs maîtres à jouer, Pink Floyd : le fameux "Cymbaline" au cœur du répertoire du groupe depuis un bon moment et le non moins brillant "Welcome To The Machine" dans une excellente version. Après tout, il n'y a pas de mal à rendre hommage à ses influences, surtout lorsqu'elles ne sont nullement dénaturées. RPWL a toujours revendiqué son amour de la musique de Pink Floyd, et personne n'ira dire qu'ils renient celui-ci encore aujourd'hui.

Ce double album revêt donc des allures de "best of" en puissance, idéal pour tous ceux qui ne connaîtraient pas encore RPWL, et presque autant recommandable pour les autres qui ont déjà toute leur discographie studio (pour la qualité sonore, les reprises et le brin de puissance en plus). On regrette d'autant plus de ne pas avoir plus souvent l'occasion de les voir jouer en France... mais là est un autre problème.

PS : La version longue de "New Stars Are Born" vaut également le détour car elle développe superbement une partie instrumentale qui finissait malheureusement en fondu dans sa précédente version. D'ailleurs, même ainsi rallongé, on aurait aimé que le solo de guitare final dure encore un peu plus...

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°60 - Décembre 2005)