
PISTES :
1. Silent The Universe (5:25)
2. Sacred Song (6:21)
3. Stab The Sword Of Justice (6:20)
4. Resolution - Pure A Stream (5:40)
5. Lavender (6:05)
6. Theme Of RENA (6:58)
7. Integral Body And Imperfect Soul (6:03)
8. This Fragile Life (5:33)
9. Mission To The Deep Space (6:35)
10. We Form In Crystals (6:29)
FORMATION :
Motoi Sakuraba
(tous instruments)
MOTOI SAKURABA
"Star Ocean - The Second Story"
Japon - 1998
First Smile - 61:29
Il semblerait qu'une partie de la discographie de Motoi Sakuraba nous ait échappé. Cela tient à l'évidence du statut un peu particulier qu'occupe le claviériste dans notre microcosme, de par son implication dans l'univers des jeux vidéos. Ainsi, ce Star Ocean - The Second Story, tout comme le Till The End Of Time chroniqué dans notre précédent numéro, est resté en dehors des circuits de distribution progressifs : pour la petite histoire, c'est sur un site web de musiques de... jeux vidéos que j'ai pris connaissance de son existence !
C'est pourtant en 1998 que le présent album est sorti, soit donc la même année que Force Of Light (précisons qu'il ne s'agit d'ailleurs pas d'une réédition). Il revêt d'ailleurs rétrospectivement une certaine valeur 'historique', puisqu'il s'agit du premier opus en solitaire de son auteur, après une série d'albums en compagnie du batteur Takeo Shimoda et divers invités ponctuels.
Difficile de dire si ce fait en est la cause, mais l'opus en question s'avère être un peu hétérogène. Ainsi, les morceaux les plus rock (un petit tiers de l'ensemble au total) sont plutôt ratés, avec des mélodies fades et des programmations rythmiques dénuées de finesse. Seul «Lavender» sort nettement du lot, grâce justement à une batterie plus légère, quasi-jazzy même, qui sert de support à d'intenses parties de Moog sur un tapis de Mellotron.
La partie symphonique de l'album est heureusement plus digne de la qualité habituelle proposée par Sakuraba. Ces pièces, très orchestrales avec notamment une grande part laissée aux chœurs, proposent des ambiances épiques et dramatiques pouvant parfois évoquer l'univers des Space Opera, comme ce «Silent The Universe» qui ouvre les festivités de façon spectaculaire. Si les textures orchestrales sont toujours réussies, les sonorités d'ensembles sont assez synthétiques, avec finalement assez peu de claviers analogiques (quasiment pas d'orgue Hammond par exemple), achevant de donner un côté spatial, parfois même un peu froid à l'album.
Les solos occupent également une place relativement minime, l'accent ayant visiblement été mis sur le développement des thèmes mélodiques et des climats, évitant toute virtuosité stérile (ce n'est pas de toute façon, malgré les apparences, le genre de la maison). On retiendra en tout cas parmi ces morceaux le sublime «Resolution / Pure A Steam» et sa mélodie pianistique qui monte progressivement pour atteindre une ampleur émotionnelle grandiose, ou encore le plus intimiste «We Form In Crystals» qui clôt de très belle manière l'album sur des arpèges de guitare hypnotiques.
Voici donc une œuvre qui occupe une place un peu à part dans la discographie de Motoi Sakuraba, avec une minorité de morceaux (dix au total, de 5:25 à 6:58) qu'on oubliera vite, mais aussi une bonne quarantaine de minutes de progressif symphonique inspiré et éclatant, à laquelle les amateurs du claviériste ne sauront certainement pas résister longtemps...
Clément CURAUDEAU
(chronique parue dans Big Bang n°53 - Mai 2004)

