
PISTES :
1. Howling At The Wind (1:14)
2. Confused (5:45)
3. President Why (5:40)
4. The Silent Death Of A Mother‘s Heart (8:10)
5. I Never Thought (4:13)
6. Bombs (7:56)
7. Thunder (4:15)
8. Burning Drums (9:18)
9. Wolke (0:56)
10. Prelude (2:19)
11. Memories (5:33)
FORMATION :
Hans-Jürgen Klein
(guitares, chant)
Peter Schneider
(claviers, basse)
Christopher Struwe
(batterie, chœurs, chant)
Wolfgang Schmidt
(basse, guitares)
Annette Schepermann
(claviers)
Edzard Schmidt
(basse [11])
EXTRAITS AUDIO :
SHADES OF DAWN
"From Dusk Till Dawn"
Allemagne - 2006
Muséa - 55:21
Formation allemande originaire de Düsseldorf et qui avait déjà livré un premier opus studio en 1998, Shades Of Dawn accomplit avec From Dusk Till Dawn une démarche guère éloignée de celle de leurs compatriotes de Central Park. Ils publient en effet sept compositions datant de 1994, avec une qualité sonore revue et corrigée, augmentées de quatre titres datant de la même époque mais réenregistrés en 2004, le tout servi par une bonne production traditionnelle. Le résultat est fort sympathique, avec un brassage d'influences diverses. L'album se situe d'abord incontestablement dans la lignée du progressif symphonique des années 70, avec des claviers analogiques de toutes les teintes à foison (pas moins de deux musiciens en ont la charge), évocateurs de Wakeman et Emerson, et une guitare électrique débridée qui leur colle comme un aimant, au son proche de celle d'un Minimum Vital. Outre ELP, on pense beaucoup à Camel, Genesis et aux diverses formations italiennes qui s'inscrivent dans cette famille (l'ambiance romantique de «I Never Thought»). Mais quelques pistes se rapprochent plutôt d'ambiances spatiales et planantes, à la Pink Floyd, Tangerine Dream ou Eloy : «Howling At The Wind», qui introduit l'album à la manière d'un Norlander sur le dernier Rocket Scientists; le très beau «Prelude», surtout, et son solo gilmourien, qui se poursuit en passant le relais aux claviers pour le début de «Memories».
Incontestablement, les passages instrumentaux, nombreux, sont les plus réussis, et même si la section rythmique est un léger cran en dessous des claviers et de la guitare, elle assure fort honorablement sa tâche. Dynamiques et positifs, leur substance mélodique les rend continuellement intéressants, avec des soli de claviers tout particulièrement savoureux («President Why»), et une guitare qui n'hésite pas à se lâcher, mais sans en faire trop (le long et lent solo de «Burning Drums»). On a même droit à un bref titre acoustique, «Wolke». En fait, la faiblesse vraiment notable de Shades Of Dawn réside dans le chant de Hans-Jürgen Klein, également titulaire des guitares. Ce dernier, assez clair et haut, gêne a plusieurs reprises les oreilles de l'auditeur en raison d'un décrochage avec la musique, de mariages bancals entre les pistes de voix et de tonalités sonnant carrément faux (sur «Thunder» ou «Burning Drums» en particulier). C'est dommage, car on sent bien toute la sincérité dont le musicien fait preuve. A choisir, on préférera la voix plus grave et fiable - mais moins attachante - du batteur Chris Struwe. Il y a en tout cas de quoi contenter ici tous les amateurs de prog symphonique balisé mais bien maîtrisé et inspiré, en attendant le nouvel album du groupe, Graffity's Rainbow, déjà annoncé dans le livret...
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°65 - Avril 2007)


