
PISTES :
ACT III
1. Manhunt (2:07)
2. Comfort Me (6:49)
3. The Andromeda Strain (6:44)
4. Vow (8:25)
5. Birth Of A Daughter (2:38)
6. Death Of A Mother (2:13)
7. Lamentia (1:02)
ACT IV
8. Seven Years (3:35)
9. Dark (1:01)
10. Torn (8:21)
11. The Archer Of Ben Salem (7:26)
12. Encrypted (7:59)
13. Room V (7:42)
14. Rain (8:59)
FORMATION :
Mike Baker
(chant)
Gary Wehrkamp
(guitare, claviers, chant)
Brendt Allmann
(guitare, chant)
Carl Cadden-James
(basse, flûte, chant)
Chris Ingles
(claviers)
Joe Nevolo
(batterie)
SHADOW GALLERY
"Room V"
États-Unis - 2005
Inside Out - 75:34 / 38:18
Après un silence de quatre ans, seulement rompu par la participation du chanteur Mike Baker à l’opéra-rock de Trent Gardner, Leonardo, et à The Human Equation de Ayreon l’an dernier, le quintette des États-Unis nous propose son cinquième album. C’est aussi le premier paru chez le label InsideOut, que Shadow Gallery vient de rejoindre, à l’instar de Magellan, autrefois aussi poulain de Magna Carta. Ce nouveau disque, qui marque le retour aux crédits collectifs (Legacy étant surtout l’œuvre de Gary Wehrkamp), est également celui qui voit le départ de Chris Ingles, auparavant titulaire des claviers, mais qui a cependant co-signé certains des titres de l’album. Celui-ci se présente comme la suite de Tyranny, sorti en 1998, à ce jour sans doute le meilleur opus du groupe, puisque Legacy, paru en 2001, s’avérait plus inégal (voir Big Bang n°40).
Le disque lui-même est donc divisé en deux actes, III et IV, tout comme Tyranny, chaque acte étant composé de sept morceaux. Autres points communs, la présence sur un morceau de Laura Jaeger, qui chante en duo avec Mike Baker, et une iconographie similaire. Cette continuité se retrouve surtout dans le contenu musical, fidèle à ce qu’on pouvait attendre de Shadow Gallery. On a ainsi droit à des instrumentaux bien garnis et jamais démonstratifs, comme l’efficace «Manhunt» en ouverture, aussi court que séduisant, à la moelle mélodique prononcée, tout comme «Birth of a Daughter», le plus speed «Death of a Mother», ou «Seven Years», sur lequel Arjen Anthony Lucassen vient poser un de ses soli de guitare caractéristiques. Les chansons poignantes sont également au rendez-vous, telle la ballade «Comfort Me», le fameux duo évoqué plus haut (repris dans le bref «Lamentia» conclusif de l’Act III), ou le langoureux «Torn» (initialement prévu pour un album solo de James Labrie), même si certains pourront toujours critiquer l’aspect un peu répétitif de ce dernier titre, ou plus généralement ce côté typiquement US.
Les autres chansons véhiculent aussi des airs obsédants («Room V»), avec pour éléments récurrents des arrangements de flûte et de claviers symphoniques (dont un piano fréquent et frissonnant), et des rythmiques solides sans être bourrines. Sans oublier bien sûr quelques séquences instrumentales laissant le champ libre aux nombreux soli de guitare et de claviers («The Andromeda Strain» à la guitare électrique très fluide, l’emboîtement de «Room V» ou «The Archer of Ben Salem», proche de Dream Theater, sans compter le brillant solo introductif de «Rain»). Les voix, attribut majeur du groupe, ne sont pas en reste et se révèlent très bien en place (Mike Baker étant un excellent chanteur), soutenues par des chœurs aigus du plus bel effet.
Alors, le résultat est-il à ce point enthousiasmant ? A la fois oui, de par l’aspect formellement irréprochable de l’ensemble, et… non, car pour leur retour, on attendait les musiciens de Shadow Gallery à un niveau encore supérieur, surtout après la suite «First Light» de Legacy. En fait, les «États-uniens» se contentent de proposer la quintessence de ce qu’ils savent faire, au risque d’ailleurs du manque d’originalité vu les terrains balisés qu’ils parcourent parfois («Vow», «Encrypted», «Rain»). Gageons qu’il ne s’agit là que d’un moyen de relancer le groupe au sein de son nouveau label, une expiration avant la prochaine inspiration… Mais une expiration qui atteint largement, sinon dépasse, l’album dont elle est le continuateur !
Quant au CD bonus de l’édition limitée, les inédits qu’il contient sont globalement très intéressants. En dehors d’un solo de batterie sympathique, le bien nommé «Joe’s Spotlight», d’une démonstration de guitare acoustique signée Brendt Allman («She Wants To Go Home») et d’une version également acoustique de «Rain», on y trouve une démo de «Memories», un morceau non retenu pour l’album définitif, et surtout une suite de vingt-quatre minutes, «Floydian Memories». On savait l’intérêt que Shadow Gallery vouait à Pink Floyd en particulier, à travers leur participation au tribute à Dark Side of the Moon (The Moon Revisited). Ici, ils s’amusent à reprendre de nombreux titres du Floyd que nous vous laissons le plaisir d’identifier, en y apportant leurs propres arrangements et passages personnels. Le tout est à la fois réussi et homogène. Enfin, un making-of nous est également proposé. Bref, vous l’avez compris, si vous ne connaissez pas encore ce groupe majeur du hard-prog, c’est l’occasion ou jamais !
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°58 - Été 2005)

