
PISTES :
1. Time Part I (7:34)
2. About time (4:43)
3. Crime Time (5:55)
4. Time Out (7:12)
5. Zeitgeist (6:01)
6.-11. Time To Die (27:08)
12. Time Part II (8:15)
FORMATION :
Volker Janacek
(batterie)
Robert Valet
(claviers, guitare acoustique)
Peter Terhoeven
(guitares électrique et acoustique)
Andi Bracht
(basse)
Andi Lambiris
(basse)
Jürgen Wimpelberg
(orgue Hammond)
Sonja Mischor
(flûtes, chœurs)
Anja Kiechle
(chant, chœurs)
Stefan Mageney
(chant)
Olaf Kobbe
(chant)
Carsten Volz
(chant)
Holger vom Bruch
(chant)
Martin Garden
(chant)
EXTRAITS AUDIO :
SOLAR PROJECT
"... In Time"
Allemagne - 1997
Muséa - 66:50
Quatrième album pour les Allemands de Solar Project, et une nouvelle fois une œuvre conceptuelle. Les deux éminences grises du «projet», Robert Valet (claviers) et Peter Terhoeven (guitares), se sont une nouvelle fois entourées d'une pléiade d'invités (ou membres plus ou moins permanents), pour nous inviter cette fois à méditer sur la notion de temps : le temps qui passe, le temps qui voit disparaître les amis, le temps de rêver, le temps de mourir, le temps d'espérer un monde meilleur...
Plus que jamais, Solar Project défie ici les étiquettes musicales. Les sept morceaux de l'album (de 4:43 à 27:08) ne cessent de naviguer entre influences issues du progressif «classique» (les sonorités de claviers, souvent analogiques : Mellotron, orgue, moog...), rock musclé proche du hard (la plupart des chanteurs sont d'ailleurs assez agressifs, et moments plus inclassables, jazz notamment.
Cette très grande diversité devrait ravir ceux qui aiment être étonnés, voire bousculés dans leur écoute musicale. Elle risque par contre de décontenancer, voire rebuter, les partisans d'une plus grande cohérence stylistique. Avec Solar Project, on ne sait jamais où l'on va tomber, on ne peut pas vraiment prévoir les enchaînements souvent incongrus, qui vous font passer d'un «Zeitgeist» rageur à un doux et mélodique «About Time» (au cours duquel on peut entendre les voix de nombreux musiciens et autres personnalités du milieu progressif enregistrées à la sortie du Progfest 95 !).
On imagine alors aisément que la longue suite «Time To Die», qui s'étend sur près d'une demi-heure et compte six parties assez contrastées, est un florilège des multiples facettes du groupe, qui y dévoile tour à tour ses penchants symphoniques, hard, ethniques, rock et plus typiquement progressifs... Avec un tel 'mix' de styles, on ne peut plus vraiment rattacher Solar Project à une école musicale précise. L'influence de Pink Floyd, souvent citée à son propos, vaut surtout pour le soin accordé au travail de production : musicalement, elle est trop limitative.
Ceci dit, l'originalité bien présente ne dispense pas les Allemands de quelques critiques, en particulier au niveau des parties vocales, dont le caractère à la fois omniprésent et agressif peut légitimement déplaire. Toutefois, les écoutes répétées tendent à «arrondir les angles», et dissiper en partie cette gêne, tout en dévoilant sans cesse de nouvelles trouvailles sonores (la production est vraiment remarquable).
...In Time est donc la suite logique de The House Of S. Phrenia, à la fois plus ambitieux et plus éclectique encore. Si vous avez aimé Solar Project jusqu'ici, vous aimerez forcément ce nouvel album, même si vous mettrez peut-être plus de temps à vous en persuader. Par contre, il ne semble pas avoir un potentiel rassembleur suffisant pour séduire au-delà des amateurs de néo-progressif et/ou de hard-prog...
Christian AUPETIT
Entretien avec Robert VALET :
Pourquoi
cette prédilection pour les œuvres conceptuelles ?
Parce que, souvent, quand on décide d'un thème d'inspiration pour un texte, on n'a pas vraiment le temps de l'explorer complètement. Le format conceptuel nous permet, en mettant bout à bout plusieurs chansons traitant chacune d'un aspect du sujet, d'en faire davantage le tour. Cela ne signifie pas forcément que nous y parvenions, mais en tout cas il nous semble plus intéressant de travailler ainsi...
Votre musique ne s'apparente pas vraiment à un style particulier...
Je prends cela comme un compliment. Nous faisons cette musique car c'est celle que nous aimons. Elle est le miroir de celle que nous avons apprise à aimer, en particulier au début des années 70, lorsque nous étions adolescents. Nous essayons d'avoir une palette d'influences aussi large que possible, mais je ne crois pas que notre style soit si étrange. Il n'en demeure pas moins que c'est de toute façon une musique difficile à vendre !
Tu es le principal compositeur avec Peter Terhoeven. Les autres musiciens n'ont-ils que des rôles d'exécutants ?
Peter est effectivement l'autre pilier du groupe avec moi. Nous sommes le coeur et le cerveau de Solar Project en même temps. Volker Janacek, le batteur, et Anja Kiechle, sont aussi impliqués dans le processus créatif du groupe. Les autres musiciens sont «seulement» des invités.
Comment t'est venue l'idée de faire parler tous ces gens sur le thème du temps, dans «About Time» ?
Quand je me suis rendu au Progfest en 1995, j'étais en train de finaliser ce nouvel album, et j'ai réalisé que le temps en était le thème principal. Alors je me suis dit que ce serait une bonne idée d'avoir les impressions d'autres personnes sur ce thème, parce que cela pourrait nous apporter de nouvelles idées. Je leur ai donc demandé de parler dans leur langue, afin de conserver l'esprit de cette union cosmopolite...
(chronique et entretien parus dans Big Bang n°21 - Juillet/Août 1997)


