BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Preface - Five Part One (7:47)
2. Chapter 1 The Earth (13:18)
3. Chapter 2 The Water (13:33)
4. Chapter 3 The Fire (14:03)
5. Chapter 4 The Air (13:57)
6. Epilogue - Five Part Two (11:42)

FORMATION :

Holger vom Bruch

(chant [6,15])

Martin Garden

(chant [1,15])

Klaus Hoffmann-Hoock

(sitar [3], narration [2,5,8,11,14])

Volker Janacek

(batterie)

Volker Kuinke

(flûte à bec [3])

Stefan Mageney

(chant [13,15])

Anja Middeldorf

(chant [10,15], chœurs [1,7])

Sonja Mischor

(chant [4,15], flûte allemande [4], chœurs [1,7])

Peter Reinders

(basse)

Peter Terhoeven

(guitares électrique et acoustique)

Robert Valet

(claviers, guitare acoustique)

Jürgen Wimpelberg

(orgue Hammond [15])

SOLAR PROJECT

"Five"

Allemagne - 2001

Muséa - 74:40

 

 

Comme son nom l'indique, cet album est le cinquième d'une lignée bien fournie. C'est en 1997, avec In Time, que le groupe allemand acquiert un peu de reconnaissance, quoiqu'il faille avouer qu'avec le recul, cet opus ne constituait pas leur plus beau travail. Car après deux premiers albums assez moyens, sans réelle consistance progressive (des mélodies fadasses avec une guitare au son trop 'heavy, Solar Project avait enfanté un superbe et mystérieux concept-album, The House of S. Phrenia (1995). Aujourd'hui, Five compte bien remettre les pendules à l'heure, et renouer avec son inspiration la plus féconde...

Il est clair que pour votre chroniqueur, écouter et réécouter cet album fut un immense plaisir. En effet, le groupe a retrouvé de sa superbe (trois ans de travail, tout de même !), et nous a concocté six morceaux au sein d'une œuvre conceptuelle. Voici donc un CD ambitieux, où se côtoient douze musiciens (dont trois chanteurs et deux chanteuses). L'originalité de Solar Project est encore au rendez-vous, car Robert Valet (claviers et guitare acoustique), mentor de la formation, a su trouver un son assez personnel : les guitares sont vite reconnaissables, et les claviers ont une couleur 'seventies' prononcée. Sur Five, ils sont même tout particulièrement travaillés (avec Jürgen Wimpelberg, préposé à l'orgue Hammond, qui vient compléter la panoplie de synthétiseurs de Valet).

Loin du néo-progressif, Solar Project distille un progressif symphonique planant. Le son des guitares électriques, assez 'gras', fait contrepoids aux claviers et aux guitares acoustiques qui rappellent Pink Floyd, tout comme les chœurs féminins (Anja et Sonja). L'alternance de séquences mélodieuses enjouées et de parties plus intimistes, plus mystérieuses (voire orientales avec le sitar), ou plus symphoniques avec les envolées de claviers, est un véritable bonheur; les sons fusent, la rythmique est propre, les progressions instrumentales captivent !

Voilà un album indéniablement inspiré, largement au niveau de House of S. Phrenia. Il n'y a finalement qu'au niveau du chant que les plus exigeants pourront trouver à redire. Les chœurs floydiens n'ont pas la grandeur de ceux des 'flamants roses', mais qu'importé : Solar Project n'avait sans doute pas les mêmes moyens non plus... Et puis, dans l'absolu, le chant est assez discret sur la longueur, puisque les morceaux s'avèrent assez longs (13-14 minutes pour la plupart).

A l'heure du bilan, ma préférence ira certainement, au fil des écoutes, vers ce dernier album, représentant le meilleur du groupe. Sorte de progressif 'seventies' aux intonations symphoniques dignes du grand Floyd, à la fois bluesy et planant, Five est une œuvre à la fois ambitieuse et accessible. Donc à même de rassembler un assez large public... progressif...

Octave GARDENNE

(chronique parue dans Big Bang n°39 - Mai 2001)