
PISTES :
1. So Cold (6:08)
2. Now Or Never (7:04)
3. Burning Box Gala (6:21)
4. Saturated Brain (7:41)
5. Moonlight (6:02)
6. Halleygretto (2:41)
7. Mental Torments (15:28)
- pt.1 Solitude
- pt.2 Reminiscence
- pt.3 Losing Control
- pt.4 Inner Peace
8. Echoes Of The Stars (10:51)
9. Sidereal Revolution (piste bonus - U.S.A)
- pt.1 Solstice
- pt.2 Equinoxe
FORMATION :
Vince Benaim
(guitares)
John Drai
(basse)
Fred Colombo
(claviers)
Franck Garcia
(chant)
Volodia Brice
(batterie)
EXTRAITS AUDIO :
SPHERIC UNIVERSE EXPERIENCE
"Mental Torments"
France - 2005
Replica Records - 62:27
Après Regency ou Cymoryl, voici donc Spheric Universe Experience (SUE), un nouveau groupe de hard prog à la française qui agite avec brio et conviction l'étendard du genre. Initiée en 1999, la formation s'est bâtie autour du guitariste Vince Benaim, en recrutant d'abord le bassiste John Drai, puis le claviériste Fred Colombo. Tournant sous le nom de Gates Of Delirium, puis Amnesya, le trio forme ensuite SUE en 2002 et réalise une première démo un an plus tard en engageant au dernier moment le chanteur Fred Garcia. L'enregistrement d'un premier album suit, avec le batteur de session Brice Volodia, et le groupe s'adjoint les services du réputé Tommy Hansen pour le mixage. Depuis, Nico Muller est devenu le batteur officiel de SUE, qui n'a plus qu'à tourner pour promouvoir cette œuvre inaugurale.
Ce premier opus témoigne en tous les cas d'un grand professionnalisme, avec un son clair et très mûr... Cependant, on se rend très vite compte dans quelle lignée on se situe : celle du célèbre Images And Words de Dream Theater (voire Andromeda). Même type de son de batterie un peu trop appuyé, mêmes compositions alambiquées, et surtout une inspiration assez proche ! Fred Colombo, une des révélations de Mental Torments, est d'ailleurs à la fois tributaire d'un Kevin Moore et d'un Jordan Rudess, capable de tisser de fort jolies introductions, comme sur «Now Or Never» (voir aussi la section apaisée de «Moonlight»). Ceci étant, le talent des jeunes Niçois est incontestable. Si l'on excepte «Halleygretto», un instrumental de près de trois minutes légèrement classisant et dominé par les claviers, tous les titres dépassent les six minutes, avec deux sommets en final, le morceau éponyme de quinze minutes et le plus calme «Echoes Of The Star», dix minutes au compteur. Chacun mélange parties chantées et passages instrumentaux fort consistants.
Pour les premières, Fred Garcia, s'il ne possède pas un charisme évident, réalise une interprétation fort valable, avec qui plus est un très bon accent anglais, pour des refrains parfois convaincants («So Cold», «Saturated Brain»), parfois moins («Moonlight»). Quant aux secondes, elles sont copieusement garnies de breaks et changements de tempo, de soli de guitares électriques et de claviers, synthétiseurs ou piano, fréquemment réussis (l'instrumental «Burning Box Gala», «Echoes Of The Star», très lyrique, ou le climax évident qu'est «Mental Torments», divisé en quatre parties), même si de temps à autre, certains développements apparaissent par trop gratuitement démonstratifs; avec les abus ponctuels de double grosse caisse, ce sont les seuls reproches formels que l'on puisse faire à SUE... Sinon de leur recommander pour leur second album d'essayer d'insuffler davantage d'originalité dans leur propos au-delà de quelques clins d'œil jazzy, et de s'émanciper de leur source d'inspiration majeure afin de se hisser parmi les incontournables du hard prog européen : nul doute qu'avec cet excellent essai et leur talent de musiciens, ils en soient capables !
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°57 - Avril 2005)


