
PISTES :
1. Spellbound (3:35)
2. Passion (5:20)
3. Deceiver (5:07)
4. I'll Keep On Dreaming (3:45)
5. Haunted (4:30)
6. Wherever You Are (5:08)
7. Open Your Eyes (5:13)
8. Embrace The Storm (4:11)
9. Breathing Again (3:38)
10. Out In The Real World (4:30)
11. Nostalgia (3:08)
12. Calliopeia (5:40)
FORMATION :
Johan van Stratum
(basse)
Davy Mickers
(batterie)
Marcela Bovio
(chant, violon, paroles)
Arjen Lucassen
(guitares)
Lori Linstruth
(guitare)
Alejandro Millán
(piano)
STREAM OF PASSION
"Embrace The Storm"
International - 2005
InsideOut - 53:56
En invitant la chanteuse mexicaine Marcela Bovio sur son album The Human Equation (sélectionnée après candidature spontanée via internet), Arjen Lucassen a immédiatement pressenti que cette dernière possédait un potentiel encore inexploité. Fort de son expérience positive avec le projet Ambeon en 2001 (avec la très jeune chanteuse Astrid van der Veen, 14 ans à l'époque !), qui misait sur un aspect plus mélodique et atmosphérique de sa musique, le guitariste néerlandais a donc décidé de monter un nouveau groupe taillé sur mesure pour sa charmante découverte : Stream Of Passion. On peut également imaginer que le succès de groupes comme Within Temptation ou Evanescence, mêlant à bonne dose un metal soft et une chanteuse charismatique, a précipité les choses. Un brin d'opportunisme, donc, mais si le résultat est concluant, pourquoi se gêner ?
Et le moins qu'on puisse dire est que Embrace The Storm atteint largement son objectif et peut pratiquement rivaliser avec les formations sus nommées, avec quelques subtilités typiques d'Ayreon. Dès le premier morceau, l'ambiance générale de l'album est dévoilée : introduction atmosphérique, vocalises superbes et démarrage rock ultra efficace. Rien de novateur là-dedans, mais c'est bigrement bien fait et le pouvoir d'attraction est garanti ! Le morceau suivant est un tube en puissance (un clip a d'ailleurs été réalisé et figurera sur le DVD accompagnant l'édition limitée du CD, avec documentaires en plus). Mais là où Stream Of Passion possède sans doute un «plus» par rapport à ses rivaux pour les amateurs de progressif, c'est que justement les morceaux ne se contentent pas d'être des chansons calibrées, et intègrent des breaks ou des changements de thèmes plus nombreux. On reconnaît également le jeu typique de Lucassen à la guitare (secondé assez discrètement par une guitariste, Lori Linstruth) et des parties rythmiques appuyées et «carrées» au possible (Johan van Stratum à la basse et Davy Mickers à la batterie), alors que le piano (pratiquement le seul clavier utilisé), apporte une couleur plus classique à l'ensemble. A noter que le pianiste en question, Alejandro Millan, est un des acolytes de Marcela Bovio au sein de son premier groupe, Elfonia, qui va d'ailleurs sortir un nouvel album en novembre et dont on devrait donc reparler). En plus d'une voix magnifique (qui n'est pas sans évoquer par moments Astrid van der Veen, avec toutefois plus de sensualité... sans doute la différence d'âge !), Marcela nous régale également de parties de violon splendides. Décidément, c'est une perle rare qu'a trouvé là Arjen Lucassen !
Une perle au centre de tout l'album (12 morceaux de 3:09 à 5:40), majoritairement chanté donc, avec assez peu de parties instrumentales (quelques pointes celtiques ici ou là encore typiques d'Ayreon), mais pour les amateurs de groupes à chanteuse, c'est un vrai régal. La belle s'exprime essentiellement en anglais (aucun problème d'accent !), mais lorsqu'elle murmure des paroles en espagnol («Haunted» au titre bien trouvé compte tenu de l'ambiance) ou nous berce d'une ballade intimiste toujours dans sa langue natale («Nostalgia»), qui ne fondrait pas ? En très peu d'écoutes, plein de titres resteront gravés dans votre esprit et la voix envoûtante n'est sûrement pas prête de vous lâcher.
Avec Stream Of Passion, Arjen Lucassen tient sans doute un groupe dont le succès devrait dépasser toute son œuvre précédente (et la tournée à venir au début 2006 devrait encore le confirmer). Embrace The Storm mérite amplement ce succès, en plus qu'il révèle une nouvelle étoile au firmament des chanteuses. On n'a sûrement pas fini d'en entendre parler.
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°59 - Octobre 2005)

