BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Go pochette

PISTES :

1. Striker (4:52)
2. Masala Mantra (4:10)
3. Greenlight (3:59)
4. Dream in Blue (5:42)
5. Breaking Point (4:25)
6. Urbanista (6:34)
7. Heavy Heart (5:19)
8. Meltdown (4:34)
9. The Archer (4:24)
10. Omnibus (3:38)

FORMATION :

Daryl Stuermer

(guitares, claviers)

John Calarco

(batterie)

Leland Sklar

(basse)

Kyoko Kanazawa

(basse)

EXTRAITS AUDIO :

DARYL STUERMER

"Go"

États-Unis - 2007

InsideOut - 47:42

 

 

Le précédent disque du guitariste, Rewired (voir notre précédente livraison), a à peine eu le temps de refroidir que voici déjà son nouvel opus, le premier chez InsideOut. On peut voir dans cette rapidité le moyen probable, pour le label Allemand, de capitaliser sur le bonhomme avant la tournée estivale de Genesis. Il s'agit à nouveau d'un album instrumental, cette fois entièrement composé et produit par le guitariste. Il est entouré de Kostia aux claviers, John Calarco à la batterie, et de deux bassistes, Eric Hervey et Leland Sklar, son acolyte aux côtés de Phil Collins en solo.

Si on devait comparer Go au Four O'Clock and Hysteria de son compatriote Alan Morse, l'avantage irait indéniablement à ce dernier. En effet, la diversité des styles est ici nettement plus restreinte. Les dix compositions déclinent en effet un propos typique de «guitar hero», une fusion aux accents jazz rock, nette et percutante, gorgée de soli de guitare (l'électrique régnant ici en maître, sans aucune place pour l'acoustique), qui privilégie le dynamisme sur les moments plus calmes (seules deux ballades sont au rendez vous). Certes, les mélodies sont souvent agréables, plaisantes, avec une indéniable fraîcheur positive, et il est facile de rentrer dedans. Mais avec une guitare qui enfile les envolées solistes, la saturation finit par apparaître, et le disque court le risque de servir en dernière instance de musique de fond.

Cela ne remet pas en cause le talent de Daryl Stuermer, d'autant que son jeu, bien que très technique et souvent véloce, ne cède jamais aux sirènes du shred facile. Plus flamboyant qu'un Alan Morse - peut-être plus étatsunien que lui en la matière, d'ailleurs ! -, sans pour autant être meilleur, il saura séduire les amateurs du genre. Mais pour nous, il manque à ses morceaux un équilibre que parvient généralement à trouver Derek Sherinian, en variant et les styles, et les interventions instrumentales, sans parler d'une structure un peu trop linéaire. Son précédent effort, Rewired, était finalement plus convaincant, car plus éclectique et bénéficiant sans doute d'un effet de surprise favorable.

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°66 - Été 2007)