
PISTES :
1. Pueblo Mío (5:48)
2. Avanzando (8:52)
3. Confusión (3:36)
4. La Nueva (8:56)
5. En El Viento (4:53)
6. Imperio (3:36)
7. Chicago Chico (5:47)
FORMATION :
Luis Proaño
(guitare, quena)
Williams León
(quena, zampoña, et autres instruments à vent Andins)
Alex Valenzuela
(quena, zampoña, et autres instruments à vent Andins)
Renzo Danuser
(basse)
Gustavo Valverde
(claviers)
Neto Pérez
(batterie)
EXTRAITS AUDIO :
SUPAY
"Confusion"
Pérou - 2006
Muséa - 41:32
Si les années 90 ont vu fleurir une multitude de groupes en provenance d'Amérique du sud, les années 2000 les auront quasiment toutes vues disparaître à jamais, la faute souvent à une qualité sonore trop moyenne et à un manque flagrant d'originalité. La découverte d'une nouvelle formation en provenance de ce continent, et en particulier d'un pays assez peu représenté jusqu'ici tel que le Pérou, est donc une petite surprise, bonifiée par le fait que l'album se révèle être globalement une réussite.
Confusion, leur première réalisation, est en réalité sortie il y a deux ans, mais sans distribution mondiale, personne ou presque n'en avait entendu parler. Il a donc fallu sa réédition par Muséa (agrémentée, on se demande bien pourquoi, d'une nouvelle pochette moins colorée et «parlante» que la précédente) pour que cette musique créée à l'autre bout du monde parvienne jusqu'à nous.
Formé à l'aube des années 2000, Supay est d'abord un quatuor instrumental classique (guitare-claviers-basse-batterie), auquel une touche de folklore local va permettre de sortir du lot. En effet, les quatre musiciens sont vite rejoints par deux flûtistes adeptes de toutes sortes d'instruments andins, et le mélange qui en découle donne toute sa spécificité à ce rock symphonique mâtiné de musique folklorique péruvienne.
Qu'on ne s'y trompe néanmoins pas, Supay n'invente rien de très original, car le mélange de ces genres existait déjà dès les années 70. Et d'ailleurs, le groupe sonne souvent «à la manière de ces années-là». Mais il y met une énergie, un soin mélodique, une ambition d'osmose plus que de collage tels, que la musique découverte ici prend un caractère inédit et pour tout dire, particulièrement enivrant. Un morceau comme «Avanzando» par exemple, intègre parfaitement la dimension rock et celle de musique plus traditionnelle, pour des joutes particulièrement intenses entre flûtes et guitare. Cette dernière reste toutefois l'instrument-roi du groupe (Luis Proano n'est pas pour rien à l'origine de la formation), avec un net penchant pour des sonorités et un phrasé que n'aurait pas renié l'Andy Latimer des premiers albums du chameau, Camel et Mirage. Mais on perçoit aussi des influences plus directement blues, voire jazzy. En tout cas, le guitariste fait un sans faute lors de toutes ses interventions. On n'en dira pas autant du claviériste Felipe Valverde, irréprochable lorsqu'il se cantonne à des sonorités vintage (d'orgue en particulier) mais bien moins convaincant lors de courtes (heureusement) séquences de synthés, au son vraiment très «cheap» («Pueblo Moi»). Petites et rares fautes de goûts (ou de moyens, une fois encore ?), mais si défauts il y a à relever dans cet album, ils sont là et uniquement là.
L'ensemble des compositions (7 de 3:36 à 8:57, toutes instrumentales donc) fait donc la part belle à un rock symphonique chaleureux et mélodique (la section rythmique œuvre sobrement sans éclat particulier), avec un guitariste et deux flûtistes qui se taillent la part du lion. Si vous aimez les mélanges inhabituels, Supay vous en offre un particulièrement gouleyant (il fallait bien une référence culinaire avec un nom pareil !).
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°64 - Hiver 2006-2007)


