
PISTES :
1. Stoneheart (6:03)
2. A Man Without Mind (5:01)
3. The Gothenburg Heros (3:58)
4. Waltz Of Sadness (4:04)
5. The Last Goodbye (4:28)
6. From The Foot (6:10)
7. The Summerdress (3:08)
8. The Flu (5:17)
9. Östuna Anthem (3:22)
10. The Agent Dance (4:11)
11. Always Grumpy (bonus) (4:18)
12. Brunos Exotica (bonus) (3:08)
FORMATION :
Tomas Bodin
(orgue, Rhodes, minimoog)
Hasse Bruniusson
(batterie)
Roine Stolt
(guitares, basse)
Ulf Wallander
(saxophone)
SWEDISH FAMILY
"Vintage Prog"
Suède - 2004
Helicon House - 53:12
On connaissait Tomas Bodin claviériste, voici Tomas Bodin producteur de compilation. C'est sur son propre et tout nouveau label qu'il publie Vintage Prog, le meilleur de Swedish Family. Cette légendaire formation Suédoise, fondée à la fin des années 60, a réalisé 10 albums entre 1969 et 1979. On retrouve sur ce 'best-of ' un titre de chaque album ainsi que deux inédits, le premier étant en fait un ré-enregistrement par les Flower Kings d'une composition figurant sur des bandes qui ont été détruites.
Cette initiative de Tomas Bodin est une aubaine. Les œuvres de Swedish Family sont quasiment introuvables aujourd'hui, les plus jeunes d'entre nous pourront enfin se rendre compte du caractère pionnier de cet octette (!), découvrir son progressif terriblement défricheur et suivre son évolution tout au long de ses dix années d'existence. Mené par le claviériste Bo Dean, le groupe a engendré une multitude de suiveurs, parmi lesquels on peut citer Bo Hanson, Samla Mammas Manna, Kebnekajse, Fläsket Brinner ou encore Kaipa...
Souriez, vous êtes filmés ! Marcel Béliveau n'est pas loin... En fait, ne vous inquiétez pas trop si vous n'avez jamais entendu parler de Swedish Family auparavant. Vous n'avez pas non plus manqué un épisode important de l'histoire du rock progressif. Cette formation est tout droit sortie de l'imagination de Tomas Bodin (Bo Dean ? Ah !...) et les musiciens qui l'accompagnent sont de vieilles connaissances : Roine Stolt (guitare, basse), Hasse Bruniusson (batterie) et Ulf Wallander (saxophone). Rien d'étonnant donc à ce que certaines séquences évoquent les Flower Kings ou Flying Food Circus. L'idée d'inventer cette espèce de Spinal Tap a en fait germé dans l'esprit de notre claviériste fantasque après qu'il ait composé Vintage Prog, son quatrième album solo. Son projet initial, tout à fait sérieux, était simplement de rendre hommage au progressif Suédois des années 70 en cherchant à recréer les sonorités et les ambiances des œuvres de l'époque.
La musique découverte sur cet album (inédit donc ! Y'en a deux qui suivent...) n'a donc rien d'une blague de potache. Mélange de rock symphonique et de folk (musiques traditionnelles d'Europe du Nord) essentiellement, et parfois matinées de jazz, les compositions de Vintage Prog sont chaleureuses, mélodieuses et la plupart du temps sereines. Bon, il est vrai que le son, malgré l'utilisation de claviers analogiques, n'est pas vraiment totalement 'seventies'. Certains le trouveront même peut-être trop pur, pas assez 'sale' en quelque sorte, pour se voir pleinement et légitimement attribuer la dénomination 'vintage'. Bref, la forme manque parfois d'authenticité eu égard à l'objectif annoncé. Néanmoins, le fond nous renvoie bel et bien trente ans en arrière. Les atmosphères, souvent empreintes de délicatesse, dégagent ainsi un charme certain, rehaussés régulièrement de passages plus rythmés afin de dynamiser un propos aux vertus par ailleurs apaisantes. Les amateurs de progressif symphonique et instrumental sortiront certainement euphoriques de l'écoute de Vintage Prog, se délectant notamment d'une instrumentation particulièrement opulente : guitare, orgue Hammond, piano électrique, Minimoog, accordéon, flûte, saxophone soprano, basse, vibraphone, percussions et batterie...
En dépit de quelques «longueurs» (dues peut-être à la grande unité de l'album), les plaisirs s'avèrent divers et variés. Et c'est finalement tout un pan de l'histoire progressive suédoise que nous fait découvrir Swedish Family. Le canular a en quelque sorte rattrapé et dépassé ses instigateurs et c'est tant mieux. Et même si Vintage Prog ne nous permet pas tout à fait d'effectuer un voyage dans le temps, il recrée, sans anachronisme aucun, un lieu et une époque (la Suède dans les années 70 donc) bien peu connus des mélomanes progressifs... C'est dire s'il va faire des heureux.
Yann CARREAU et Olivier PELLETANT
(chronique parue dans Big Bang n°55 - Octobre 2004)

