
PISTES :
1. She Said (10:38)
2. A Night Out (3:51)
3. Round Here (4:28)
4. Do Not Come Back (5:25)
5. Mother (6:38)
6. A Day Like Any Other Day (3:30)
7. She Is Dead (7:25)
8. Tuesday Night Blues (5:37)
9. Nothing More (7:03)
10. The Dark (3:29)
11. About Us (9:47)
FORMATION :
Thomas Thielen
(chant, synthétiseurs, piano, guitares électrique et acoustique, synthé-basse, samples, batterie électronique)
T
"Naive"
Allemagne - 2002
Galileo - 67:51
Voilà un album qui commence magistralement : lente progression symphonique (où le chant, évoquant Steve Hogarth, fait merveille), prolongement magnifique avec le solo de guitare qui assomme littéralement... Et chaque écoute réitère l'expérience, c'est magnifique ! La suite demande plus d'attention afin d'être analysée comme il se doit; plus complexe, plus ambitieux, moins conventionnel que le premier morceau, l'album déploie sur 68 minutes un symphonisme grandiose parsemé ici et là de solis de guitares envoûtants. L'atmosphère aérienne et tendue rappelle le Marillion de Brave, les guitares de Pink Floyd, des ambiances à la Radiohead, mais aussi Björk quand les sonorités industrielles et les rythmes syncopés prennent le dessus. T joue donc à contre-courant, à l'instar d'un Pineapple Thief, prétextant même vouloir «marquer l'avenir du progressif» (dixit le label Galileo !).
Ici, le piano (ou le piano électrique) joue un rôle prépondérant, influant sur la tonalité globale de l'opus; solennité, mélancolie et mystère sont au rendez-vous, surtout lorsque les claviers prennent la relève, insufflant des tonalités froides et étranges. T cherche à imprimer des climats tout en optant pour des mélodies recherchées. Rien n'est évident, il faut plusieurs écoutes pour pénétrer cet album singulier, signe que les arrangements ont été très travaillés. Enfin, notons que le chant tient une place importante sur cet album, apportant lui aussi son lot d'émotions avec son timbre (à la Hogarth disais-je) mélancolique et juste. Au chapitre des reproches, il me semble que «l'avenir du progressif» passe tout de même par une plus forte personnalité sonore de ses protagonistes, puisque ici, les influences sont encore un poil trop marquées, parfois aussi noyées dans des séquences un peu longues. Ceci dit, les impressions de longueurs se dissipent à mesure que les écoutes s'accumulent, laissant entrevoir une belle richesse d'inspiration.
Ainsi, le résultat global permet bien de jouir d'un CD envoûtant, surtout pour les inconditionnels de Brave et de progressif «open-mind» ! Finalement, le plus extraordinaire est d'apprendre que cet album est le fruit d'un seul homme, Thomas Thielen du groupe Scythe ! Eh oui, cet étonnement devra vous convaincre qu'il ne s'agit pas d'un album fait de bric et de broc, qui plus est enregistré dans une cave... Que nenni, c'est du sérieux et le son est au rendez-vous ! Malgré quelques critiques pointilleuses, les amateurs d'un progressif qui se renouvelle devraient être comblés par cette galette branchée et inspirée, officiant dans un registre original - pour l'instant !...
Octave GARDENNE
(chronique parue dans Big Bang n°43 - Mars 2002)

