BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Good Tidings (1:44)
2. Messiah, He Is Born (7:17)
3. Gentle King (3:51)
4. We Three Kings (6:41)
5. Closer (5:20)
6. Myrrh (2:06)
7. Carol of the Bells (6:39)
8. Oh Come Oh Come Emanuel (6:19)
9. Misplaced (4:11)
10. Little Drummer Boy (6:46)
11. Oh Holy Night (9:42)

FORMATION :

Bill Hubauer

(chant, guitare, piano, orgue, synthétiseur)

Joey K McGee

(chant, guitare)

C. Scott Gilbert

(chant, guitare, synthétiseur)

Jim Scobel

(guitare et basse fretless)

Jimmy Tanner

(batterie, percussions)

AVEC

Tara Park
(chant)

Danny Gochnour
Rick Witkowski
(guitare)

David F. McKee
(batterie)

Adam Greenawalt
(cymbales)

TEN POINT TEN

"12 25"

États-Unis - 2003-2005

Progrock Records - 60:32

 

 

Nouvelle signature de l'écurie ProgRock, ce quintette étatsunien peut a priori effrayer les plus laïcs et anticléricaux d'entre-nous. Tout comme Ajalon, récemment chroniqué dans ces pages (voir notre n°59), l'engagement chrétien de ces musiciens est en effet pleinement assumé, jusque dans les remerciements (à Dieu le père, le fils et le saint esprit !), et le thème de leur album en découle. Son titre est en effet une référence transparente au jour de noël, date choisie pour la naissance de Jésus, ce qui explique qu'il se compose pour beaucoup de chants traditionnels de cette fête familiale... Ceci dit, soyez rassurés : on est ici plus près du projet December People de Robert Berry que de cantiques quelque peu stéréotypés !

Les morceaux alternent donc entre compositions originales et chants de noël retravaillés, qui véhiculent tous un message évangélique. Si un tel contenu textuel ne vous donne pas de boutons, la production de grande qualité et le soin apporté au travail sur les voix, majoritairement masculines avec un contrepoint féminin, ne pourront que vous séduire, d'autant que les influences purement musicales sont diverses. Ainsi, après une brève entrée en matière, «Messiah, He Is Born» est une des pièces les plus consistantes du disque, que l'on croirait toute droit sortie des cartons de Neal Morse : structure en quatre temps, rythme entraînant, mélodie comme savent en faire les Etatsuniens, arrangements de flûte, de moog et de piano, la conversion est immédiate ! D'autres influences sont décelables : «Closer», avec son piano, évoque le «Please Don't Ask» de Genesis sur Duke, tandis que «Oh Come Oh Come Emmanuel» reprend une sonorité du Mask de Vangelis pour un rendu très mélodique.

Les ballades plus sobres comme «Gentle King», très beau thème vocal sur accompagnement acoustique, ou «Misplaced», avec ses petites accélérations propices à la guitare distordue et au clavier, possèdent le même charisme que les plus longs titres. Enfin, pour les chants traditionnels revisités, le très dépouillé «We Three Kings» évoque également Neal Morse, quelques petits soli de guitare en sus, «Little Drummer Boy» la réinterprétation de Robert Berry sur Sounds Like Christmas (un développement instrumental central en supplément) et «O Holy Night» le Pink Floyd le plus planant, solo de guitare lyrique oblige. On a même droit à une suite instrumentale de deux titres, «Myrrh» et «Carol of the Bells», progression symphonique entrecoupée d'un interlude pianistique et vocal et de quelques autres arrangements surprenants et de plus en plus féeriques. Un album frais et joyeux, qui véhicule la même énergie de vie que les anciens Spock's Beard ou les œuvres de Neal Morse, sans un foisonnement instrumental identique, mais en mettant l'accent sur de belles mélodies joliment décorées, et que l'on ne peut que conseiller... sur le plan musical, bien sûr !

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°61 - Avril 2006)