BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Celebrators of Becoming pochette

PISTES :

DVD 1 (Live in Mexico City 2004) :
1. Blood Of Kingu
2. Uthark Runa
3. Seven Secrets
4. Asgard
5. Son Of The Sun
6. Invocation Of Naamah
7. Typhon
8. Draconian Trilogy
9. Flesh Of The Gods
10. Schwarzalbenheim
11. Ginnungagap
12. In Remembrance
13. Wild Hunt
14. The Invincible
15. Melez
16. Rise Of Sodom And Gomorrah
17. The Khlysti Evangelist
18. Siren Of The Woods
19. Quetzalcoatl
20. Wine Of Aluqah
21. Cults Of The Shadow
22. To Mega Therion
23. Iron Fist

DVD 2 (Tour Report 2004-2005) :
30 morceaux enregistrés dans 16 pays en Europe, Asie, Amérique du Nord et du Sud (avec mini-reportages sur les coulisses et les répétitions)

DVD 3 (Live at the Wacken 2001) :
Live at the Wacken 2001
1. Seven Secrets Of The Sphinx
2. The Invocation Of Naamah
3. Cults Of The Shadow
4. Birth Of Venus Illegitima
5. In The Desert Of Set
6. Rise Of Sodom And Gomorrah
7. Wine Of Aluqah
8. To Mega Therion
Section vidéo clips  :
1. Pandemonic outbreak
2. A Black Rose
3. The Beauty In Black
4. To Mega Therion
5. In The Desert Of The Set
6. Birth Of Venus Illegitima
7. Summernight City

DVD 4 (Historical Disc) :
1. Paroxysmal Holocaust
2. Asphyxiate With Fear
3. Dark Eternity
4. The Return
5. Pandemonic Outbreak
6. Enter The Dephts Of Eternal Darkness
7. Dawn Of Perishness
8. Baal Reginon
9. Wings Of The Hydra
10. Melez
11. Symphony Of The Dead
12. A Black Rose
13. Dark Princess Naamah
14. Let The New Day Begin
15. Dawn Of Perishness
16. Black
17. Cults Of The Shadow
18. To Mega Therion
19. Under Jolly Roger
20. Black Sun
21. Rise Of Sodom And Gomorrah
22. Enter Vril-Ya
23. Behind The Scenes
24. Riders Of Theli
25. The Niemann Brothers Jam
26. To Mega Therion
27. Wings Of The Hydra
28. Behind The Scenes
29. Seawinds
30. Secret Of The Runes
31. Summernight City
32. The Beauty In Black
33. Behind The Scenes

CD 1 & 2 :
Version audio du concert donné à Mexico en 2004

FORMATION :

Christofer Johnson

(guitare, chant)

Kristian Niemann

(guitare)

John Niemann

(basse)

Petter Karlsson

(batterie)

Line-up de la tournée Lemuria/Sirius B 2004-2005

Mats Leven
(chant)

Karin Fjellander
(soprano solo)

Johanna Marlov
Suvi Virtanen
Risto Hamalainen
Jari-Petri Heino
(chœurs)

Ex-membres du groupe présents sur les dvd :

Piotr Wawrzeniuk
(batterie, chant)

Oskar Forss
(batterie)

Sami Karppinen
(batterie)

Lars Rosenberg
(basse)

Fredrik Isaksson
(basse)

Anderas Wahl
(basse)

Erik Gustafsson
(basse)

Magnus Barthelsson
(guitare)

Peter Hansson
(guitare)

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Gothic Kabbalah pochette

PISTES :

CD 1 :
1. Der Mitternachtslöwe (5:38)
2. The Gothic Kabbalah (4:32)
3. The Perrennial Sophia (4:53)
4. Wisdom And The Cage (5:13)
5. Son Of The Staves Of Time (5:10)
6. Tuna 1613 (4:21)
7. Trul (5:11)
8. Close Up The Streams (3:55)

CD 2 :
1. Wand Of Abaris (5:50)
2. Three Treasures (5:30)
3. The Path To Arcady (3:53)
4. TOF - The Trinity (6:17)
5. Chain Of Minerva (5:28)
6. The Falling Stone (4:50)
7. Adulruna Rediviva (14:36)

FORMATION :

Christofer Johnsson

(guitares, claviers, orgue)

Kristian Niemann

(guitares, claviers)

Johan Niemann

(basse, guitares électrique et acoustique)

Petter Karlsson

(batterie, guitare, claviers, chant, percussions)

INVITÉS

Mats Leven
(chant, guitare)

Snowy Shaw
Katarina Lilja
Hannah Holgersson
(chant, chœurs)

EXTRAITS AUDIO :

THERION

"Celebrators Of Becoming"
(coffret de quatre DVD)

Suède - 2006 - Nuclear Blast - 600mn

"Gothic Kabbalah"

2007 - Nuclear Blast - 38:26 / 45:10

 

 

Nous avons plusieurs fois par le passé eu l'occasion de vous entretenir de Therion, ce groupe Scandinave mené par Christofer Johnsson et qui a su créer un style propre, celui d'un métal croisé au monde de l'opéra classique (voir en particulier les n°35, 42 et 54). La formation a ces derniers mois suffisamment occupé le devant de la scène pour que nous lui consacrions un nouvel article : d'abord avec la sortie à la fin de l'année 2006 d'un copieux coffret bilan, composé de quatre DVDs et de deux CDs; ensuite par la parution d'un double album studio, qui a suscité un certain nombre d'avis divergents de la part des amateurs du groupe.

Le gros morceau, qualitativement parlant, de ce fameux coffret, c'est la transposition audio et vidéo d'un concert d'environ deux heures donné à Mexico en 2004, pour la promotion du diptyque Lemuria / Sirius B. Les musiciens qui entourent Johnsson sont, outre le guitariste Kristian Niemann, le bassiste Johan Niemann et surtout le batteur Petter Karlsson, une section rythmique nettement plus intéressante qu'en studio. Côté chant, outre le frontman Mats Leven, qui ne livre pas ici une prestation particulièrement notable, se révélant même agaçant à plus d'une reprise, sont présents deux chanteurs et deux chanteuses. On notera toutefois que l'aspect métallique est sur scène mis plus en avant que dans les enregistrements studio, avec même des titres death ou manquant de finesse auxquels on aurait préféré des compositions plus ambitieuses, à l'instar du délicat «Siren of the Woods». Vingt-trois compositions sont jouées, honorant surtout les albums de Therion à partir du légendaire Theli. On retiendra en particulier l'hypnotique «Seven Secrets of the Sphinx» et l'ensemble des extraits du studio Secret of the Runes. Cette prestation est complétée, sur le troisième DVD, par trois quarts d'heure d'un autre concert, datant de 2001, effectué dans le cadre du festival Wacken. Si la qualité vocale des chœurs est, dans les deux cas, remarquable, l'ensemble manque à la fois d'animations visuelles et surtout de la participation de musiciens classiques, ne serait-ce qu'en nombre réduit : l'utilisation de bandes, y compris en lieu et place des claviers, s'avère en effet pesante.

Pour le reste du coffret, on oscille entre l'intéressant et l'anecdotique. Ainsi, les sept clips réalisés par Therion, s'ils montrent bien l'évolution stylistique du groupe, sont assez peu marquants, avec des faux live et des scènes de fiction imprégnées d'imagerie gothique. On mettra un cran au dessus «The Beauty in Black», et son visuel très dix-huitièmiste, ainsi que la captivante reprise d'Abba, «Summernight City», mise en image à la façon d'un film muet du début du XXe siècle. Les documentaires, à savoir les coulisses de l'enregistrement de Lemuria / Sirius B, et le long journal de la tournée de 2004-2005, sont inégaux, les longueurs étant parfois compensées, surtout pour le second, par des moments plus prenants (essentiellement des morceaux joués live). Enfin, le dernier DVD est à réserver aux inconditionnels du groupe et à ses analystes les plus pointus. C'est une véritable mine d'or, puisqu'on y trouve plusieurs dizaines de témoignages live couvrant toute la carrière de Therion, mais avec une qualité globale fort médiocre...

En ce début d'année 2007, Therion a également fait paraître un nouvel opus, son premier véritable double album studio, qui constitue une sorte de cas à part dans la carrière du groupe. Il a en effet été conçu comme tel par les musiciens, le prochain disque devant constituer la fin de la trilogie entamée avec Lemuria et Sirius B. Mais surtout, ses caractéristiques en font une réalisation sensiblement différente de ce à quoi on avait été jusqu'à présent habitué. D'abord, son mode de composition est beaucoup plus démocratique que par le passé, témoignant d'une stabilisation de la formation. Si les paroles sont toujours le domaine réservé de l'érudit Thomas Karlsson, Christopher Johnsson n'a participé qu'à l'écriture de cinq titres seulement sur les quinze. Autre preuve de cette atmosphère plus équilibrée, le dynamisme spécialement vif de la section rythmique, et la plus grande fréquence de soli de guitare. Un invité de luxe est également présent, Ken Hensley, l'ancien membre d'Uriah Heep, qui se fend d'une envolée d'orgue hammond sur «Tuna 1613».

Ensuite, la musique est bien plus épurée qu'à l'accoutumée, aussi bien en ce qui concerne les arrangements orchestraux que les voix. Chaque individualité est en effet davantage mise en valeur, se rapprochant ainsi de groupes comme After Forever, Lacuna Coil ou Within Temptation, de par la forte présence des quatre chanteuses. Notons également l'absence totale de voix death, ce qu'on ne regrettera d'ailleurs pas. Enfin, des styles nouveaux sont explorés, tel ce folk fortement teinté de rock sur le morceau éponyme et sur «Trul», ou cette proximité avec le chant de Rammstein sur «Tuna 1613» et «Wisdom and the Cage», que l'on avait déjà pu percevoir sur «Feuer Overtüre / Prometheus Entfesselt» de Lemuria. «The Wind of Abaris» est quant à lui un morceau orientalisant de toute beauté, intense mélange de voix d'où se détachent d'aériennes vocalises féminines, avec en outre un solo de guitare très floydien.

On retrouve toutefois la patte caractéristique de Therion, les mélodies étant particulièrement soignées et plaisantes. Dès «Der Mitternachtslöwe», on est plongé dans cet univers unique, avec voix féminine soliste, contrepoints masculins et breaks plus hard. De même, si «Son of the Staves of Time» fait initialement songer à un titre du Once de Nightwish, il est entrecoupé d'arrangements plus personnels, chœurs surtout, avec en prime un solo de guitare très mélodique, un des meilleurs du double album. On trouve également un morceau fleuve de près d'un quart d'heure, «Adulruna Rediviva», qui s'impose comme un des titres majeurs du groupe, en confirmant ce caractère globalement plus doux, tout en conservant l'alchimie bouillonnante entre les voix et les arrangements orchestraux (dont un orgue trop fugitivement entraperçu) à travers divers tableaux bien enchaînés. Des compositions comme «Three Treasures» ou «The Perennial Sophia», avec son refrain jouant à merveille sur des tons masculins graves, possèdent par contre un caractère plus immédiat et une percutance qui font de Gothic Kabbalah un des albums les plus accessibles de Therion. Sans doute est-ce cette apparence déroutante qui a suscité l'hostilité d'un certain nombre de fans, alors que cette œuvre est incontestablement de qualité, en dépit de quelques moments moins inspirés (le trop heavy metal «TOF - The Trinity», que ne rachètent pas des arrangements emphatiques trop rares et un final plus fédérateur). Gageons en tout cas que Therion saura se rappeler très bientôt à notre souvenir, sans Mats Leven, démissionnaire, ce qui apparaît déjà encourageant !

Jean-Guillaume LANUQUE

(chroniques et entretien parus dans Big Bang n°66 - Été 2007)