BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Amotional Creatures Part 2 pochette

PISTES :

1. Toxicana Apocalypso (5:08)
2. Wayward (5:51)
3. Crossfire (4:43)
4. Roundabout (4:24)
5. Hounded (7:13)
6. All The Wiseman (5:20)
7. Greatest Ordeal (3:08)
8. 6am (Your Time) (2:47)
9. Solace (2:33)
10. The White Dove Song (5:59)
11. Sandheads (7:30)

FORMATION :

Steve Thorne

(chant, guitares, claviers, percussions, pédalier de basses, FX, séquenceurs, boucles)

Nick D'Virgilio

(batterie, percussions)

Geoff Downes

(claviers, piano, Hammond)

John Mitchell

(guitares)

Pete Trewavas

(basse)

Tony Levin

(basse, stick)

Gary Chandler

(guitares)

Chris Beggs

(percussions, bongas, tambourin)

Gavin Harrison

(batterie)

Rob Aubrey

(percussions, boucles)

Dave Meros

(Rickenbacker)

Martin Orford

(Hammond)

Arnie Cottrell

(mandoline)

Liz Allan Backing

(chant)

Yan Zewada

(piccolo, trompette)

Anna Wyse

(violon alto)

Louise Coggins

(violon)

Lydia Handy

(violon)

Katie Higgins

(violoncelle)

Bernard Postlehwaite

(violoncelle)

Adrian Cleverly

(cor, basse, trombone)

Kate Redwood

(cor)

EXTRAITS AUDIO :

STEVE THORNE

"Emotional Creatures : Part 2"

Royaume-Uni - 2007

GEP - 54:32

 

 

Moins de deux ans après la première partie, voici la suite des aventures de ces fameuses créatures émotionnelles (c'est-à-dire nous les humains) concoctée par Steve Thorne, compositeur, chanteur, guitariste et touche à tout de talent pris sous l'aile bienveillante du label d'IQ dirigé par Martin Orford. Toujours entouré d'une équipe de musiciens époustouflante (Tony Levin, Nick D'Virgilio, Gavin Harrison, Geoff Downes, Gary Chandler, John Mitchell, Dave Meros, Martin Orford et plusieurs musiciens de formation classique aux instruments tels que violon, violoncelle, cor, flûte et trompette), le bonhomme nous offre une seconde partie très proche de sa devancière, mélange de passages rock à dominante instrumentale et de chansons plus conventionnelles (onze titres de 2:32 à 7:30).

Avouons-le, on est plus emballé par le premier aspect que par le second. Le chant de Steve Thorne est agréable (sans être remarquable d'un point de vue performance vocale), les textes intéressants (même s'ils traitent d'évidences, que ce soit à propos de l'environnement, du mal-être typiquement humain ou des relations entre ces mêmes êtres), mais la structure plutôt classique de certains titres n'apporte pas grand-chose, et eu égard au casting des musiciens en présence, on a l'impression d'un certain gâchis de compétence. Heureusement, certains morceaux, même sous cet aspect chanson, s'en sortent plutôt bien, comme «Crossfire» et «The White Dove Song» qui bénéficient de refrains accrocheurs et vite entêtants, ou «Hounded» avec son final instrumental conséquent.

Certains morceaux peuvent aussi être "lus" à plusieurs niveaux : d'un côté on se focalise sur la voix et le texte (mouais...), de l'autre on porte son attention sur le jeu des musiciens (ah oui !). Ainsi «Wayward» sort encore du lot avec la frappe ultra carrée et à plat de Gavin Harrison (batteur de Porcupine Tree bien sûr) et la basse superbe de Tony Levin (qu'on ne présente plus). Enfin, reste les plages entièrement instrumentales, au nombre de trois. Si «Solace» est un peu à part du fait de la seule présence de Steve Thorne (essentiellement aux claviers), les deux autres valent assurément plus qu'on s'y attarde. «Toxicana Apocalypse» ouvre l'album en fanfare, avec un Nick D'Virgilio impeccable derrière les fûts, un bon solo d'orgue de Geoff Downes et la guitare flamboyante de Gary Chandler. Ce qu'apportent ces musiciens va, me semble-t-ii, bien au-delà de la composition en elle-même. En d'autres terme : avec d'autres musiciens moins doués, pas sûr d'être aussi enthousiaste. «6am (Your Time)», toujours avec D'Virgilio à la batterie mais cette fois Dave Meros à la place de Tony Levin à la basse est du même acabit, même si on pourra toujours regretter que les vrais moments d'éclat soient trop courts (forcément quand c'est bon, c'est trop court !).

Emotional Creatures : Part 2 est une suite tout à fait respectable, même si sans réelle surprise par rapport à la première. En dehors de quelques moments vraiment captivants, on ne va pas pour autant sauter au plafond. En ces temps de pléthore, il y a bien évidemment matière à plus d'enthousiasme ailleurs. Ce sera donc à chacun de faire son choix par rapport à l'attrait qu'avait pu susciter le premier volet.

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°66 - Août 2007)