BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

A Dance With The Shadows pochette

PISTES :

1. Nights Are Colder (4:30)
2. Don't Dare to Love You (2:35)
3. Winter Roses (4:41)
4. June's Flowers (3:23)
5. Dressed in Beauty (5:19)
6. Heavy Heaves (2:41)
7. Vendela (6:35)
8. Golds of Morning (4:44)
9. It Was Blue (3:23)
10. Ruby (4:42)
11. When You Sleep (3:28)

FORMATION :

Tirill Mohn

(chant, guitares, percussions, claviers, violon, djembe, flûtes)

Odd Häkon Solbakken

(chant)

Øystein Vesaas

(guitare électrique, programmation de basses, glockenspiel, guitare 12 cordes)

Nils Einar Vinjor

(guitares, basse)

Ketil Vestrum Einarsen

(flûte)

Helge Andreas Norbakken

(percussions, bruitages)

Sigrun Eng

(violoncelle)

Henning Sandsdallen

(basse, contrebasse)

Sylvia Erichsen

(chant [7])

Atle Rakvaag

(basse)

Øyvind Fossheim

(piano)

Edel Bjelde

(chant[8])

Dagfin Kock

(violon alto)

Espen Leite

(accordéon, trekkspill)

Morten Michelsen

(clarinette)

Peter Kristianson

(violon)

Christos Sarakatsianos

(bouzouki)

Baran Kurd

(percussions)

EXTRAITS AUDIO :

TIRILL

"A Dance With The Shadows"

Norvège - 2004

The Wild Places - 46:22

 

 

Depuis son départ de White Willow, après l'enregistrement de Ignis Fatuus en 1995, nous étions sans nouvelle de Tirill Mohn. En fait, la violoniste-guitariste Norvégienne prenait son temps pour se peaufiner un répertoire.

Fruit de ces années de labeur, A Dance With The Shadows est avant tout un travail solitaire et personnel. C'est très certainement ce qui a incité Tirill à prendre elle-même en charge la majorité des instruments - tout en sachant s'entourer d'invités talentueux, dont certains membres actuels de son ex-groupe (le flûtiste Ketil Vestrum Einarsen et Sylvia Erichsen qui est même la chanteuse soliste sur «Vendela» le titre le pjus long).

Ceux qui ont apprécié Ignis Fatuus se rappellent que ce disque était tiraillé par de nombreuses influences plus ou moins contradictoires. Si l'évolution naturelle (ou bien la prise en main par le seul Jacob Holm-Lupo) de White Willow lui a fait préférer le côté aventureux, sombre et plus typiquement progressif de ces inspirations initiales, Tirill de son côté semble plus attaché par l'approche folk, bucolique et rêveuse. Ainsi les onze ballades composant cet album sont autant de petite perles : précieuses, douces et sensibles. Leurs mélodies intimes et très souvent troublantes sont servies à merveille par sa voix délicatement susurrée.

Telle une petite princesse amoureuse et un brin neurasthénique, qui se retrouverait égarée dans une forêt inconnue, la chanteuse vagabonde dans notre esprit et dans notre cœur. Loin d'être forcée de retrouver son chemin, notre fée romantique semble au contraire se complaire dans sa mélancolie et la langueur de ce paysage automnal, comme si elle tentait de faire corps avec la nature. Ces états d'âmes sont parfaitement mis en valeur par de subtils arrangements à dominante acoustique. Un peu toute l'instrumentation des musiques trad' sont ainsi mis à contribution pour un résultat fort beau : violon et guitare bien entendu, mais aussi flûte, clarinette, accordéon, bouzouki, percussions, violoncelle et contrebasse... Seuls de rares nappes de claviers, une basse, un solo de guitare légèrement saturé et quelques percussions programmées viennent très discrètement et naturellement apporter une touche plus moderne.

Certes, on pourra reprocher à l'auteur de toujours jouer dans le même registre et de ne pas suffisamment varier les ambiances et le dynamisme des différents morceaux. En dépit de ça, ce premier album ne parvient jamais à lasser sur la durée. Au contraire, en laissant doucement et en profondeur s'installer les émotions, il s'insinue dans l'imaginaire de l'auditeur pour venir à bout des cœurs les plus endurcis. A Dance With The Shadows n'est certes pas un album que l'on peut considérer comme majeur mais au final il s'avère difficilement dispensable...

Olivier VIBERT
Remerciements à Dorothée PODEMSKI

(chronique parue dans Big Bang n°54 - Juillet 2004)