BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Prelude I
2. The Power Of Myth
3. Love & Death Ritual
4. Heroes
5. Prelude II
6. Sacrament
7. Gods
8. After The Storm
9. Killers
10. Oneness
11. Epilogue

FORMATION :

Andrei Vieira

(chant)

Rique Vilas

(guitares)

Rodrigo Barbosa

(claviers)

Edson Cruz

(batterie)

Chebli Haddad

(basse)

TISARIS

"The Power Of Myth"

Brésil - 1997

PRW - 45:10

 

 

Le troisième album de cette formation brésilienne, paru en fait en tout début d'année, aura mis plus de temps que prévu à nous parvenir. Cela n'est pas pour nous rassurer quant à ses qualités, une perle restant rarement cachée ! En fait, il faut bien avouer que cet opus ne traduit que peu d'amélioration par rapport à son prédécesseur, Once Humanity, paru en 1995.

Et c'est vraiment dommage ! Car la bande à Andrei Vieira (chanteur et porte-parole) a des atouts à faire valoir, surtout du côté instrumental. Les défauts reprochés au groupe, concernant essentiellement son préposé aux parties vocales, se retrouvent une nouvelle fois mis en exergue. Ses carences (bien que de plus en plus relatives... heureusement !) se font particulièrement sentir lorsqu'on découvre, a contrario, plusieurs titres instrumentaux de haute volée (au nombre de quatre, plus la très longue intro de l'avant-dernier morceau), aussi bien rock («Killers») qu'atmosphérique («Preludo 1», «After The Storm»). Les claviers de Ricardo Barboso, souvent très symphoniques, et la guitare chantante de Rique Vilas rivalisent d'intensité, mais on sent parfois que les musiciens ne sont pas allés au bout de leurs idées, arrêtant brutalement un morceau qui aurait pu prendre une dimension supérieure. De fait, cet album (constitué de onze titres de 1:08 à 7:32) est trop court quant le précédent était trop long. Dommage...

Il reste à espérer que ce groupe au potentiel certain (mis bout à bout, les meilleurs moments des trois albums de cette trilogie formeraient une œuvre des plus remarquables) ne souffre pas trop des constats quelque peu mitigés adressés à son œuvre, et qu'il y voie au contraire une invitation à se surpasser, à corriger ses erreurs et recommencer. C'est bien tout le mal qu'on lui souhaite.

Le Brésil, même si elle ne connaît pas actuellement une période faste (à l'exception du notable Tempus Fugit), est une nation riche de formations excellentes; Tisaris possède les qualités pour les rejoindre, c'est une certitude. Néanmoins, plus aucun droit à l'erreur ne lui sera désormais accordé. Cette soudaine pression sera t-elle salvatrice ?...

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°23 - Novembre/Décembre 1997)