
PISTES :
1. Don't Come Running (3:45)
2. The Agent (8:36)
3. In The Movies (5:11)
4. Walk Away (4:25)
5. Mother's Ruin (6:11)
6. Calling For You (4:02)
7. If You're Leaving (4:51)
8. I Don't Believe In Angels (4:32)
9. Wall Of Water (10:42)
FORMATION :
Oliver Wakeman
(piano, claviers, guitare acoustique)
David Mark Pearce
(guitare électrique)
Moon Kinnaird
(chant)
Dave Wagstaffe
(batterie, percussions)
Tim Buchanon
(basse)
OLIVER WAKEMAN
"Mother's Ruin"
Royaume-Uni - 2005
Progrock Records - 52:19
Oliver Wakeman est l'aîné des fils Wakeman, mais il est vrai qu'il a tardé à se faire un nom en solo comparativement à son cadet Adam (voir la rétrospective consacrée à Rick Wakeman dans notre numéro 52). Son premier album date de 1997, et en dehors de ses collaborations remarquées avec Clive Nolan (Jabberwocky et The Hounds of Baskerville, chroniqués dans les n°29 et 43) et Steve Howe (The Three Ages of Magick), le domaine qu'il privilégiait jusqu'à présent était surtout celui de la musique d'ambiance. Avec Mother's Ruin, Oliver suit les traces de son père pour un disque clairement orienté rock (le titre «Calling for You» évoque d'ailleurs des rythmes typiques des compositions de Rick Wakeman), dont il est l'unique auteur. Le groupe qui l'entoure est constitué du batteur de Landmarq, Dave Wagstaffe, du chanteur Moon Kinnaird, au timbre agréable, du guitariste David Mark Pearce et du bassiste Tim Buchanan. Quant à l'album lui-même, il a été enregistré et mixé dans les studios de Karl Groom.
La majorité des neuf morceaux présents relèvent d'une structure et d'un style plutôt calibrés, avec couplets et refrains sur des thèmes mélodiques faciles d'accès, presque FM parfois, se rapprochant plutôt du néo-prog. Le premier titre, «Don't Come Running», est un concentré d'énergie avec un air particulièrement prenant, tandis que «Walk Away» se place dans la même veine, mais un cran en dessous. «I Don't Believe in Angels», fausse ballade, est ainsi plus convaincant. Le titre éponyme présente pour sa part une dimension plus sombre et lourde, due à son sujet (les ravages écologiques), avec un refrain légèrement agressif. Pour le côté ballades, la meilleure est sans nul doute «In The Movies», dotée là aussi d'une mélodie émouvante, car «If You're Leaving» apparaît comme trop stéréotypée. Bien sûr, ce qui fait la différence, ce sont les soli, duels avec la guitare ou claviers seuls. Dès «Don't Come Running» et son solo virtuose au moog, on sent clairement qu'Oliver est le digne héritier de son père : même sens mélodique, même technique parfaitement maîtrisée, même sonorités de claviers (orgue Hammond, synthétiseur, piano).
Les deux titres un peu plus ambitieux sont les plus longs. «The Agent» présente, en huit minutes, une première partie rock traversée par un thème de clavier fort réussi, puis une séquence plus apaisée avec piano qui se mue en retour progressif au début. Quant à «Wall of Water», ultime composition de dix minutes qui évoque le tsunami de 2004, sa partie chantée manque un peu de profondeur, mais elle cède ensuite la place à une suite de tableaux souvent instrumentaux et attachants : basse slappée, claviers évocateurs de ceux du Alan Parsons Project de Eye in the Sky, le tout avec quelques accélérations occasionnelles et soli de rigueur. Malgré tout, on garde le sentiment qu'il manque un petit quelque chose... En dépit de son ambition limitée, Mother's Ruin est un album séduisant, qui devrait ravir les amateurs de claviers virtuoses ainsi que ceux de Rick Wakeman, pour qui la relève semble désormais bien assurée !
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°60 - Décembre 2005)

