BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Timeless pochette

PISTES :

1. The Watch (1:47)
2. Thunder has Spoken (4:48)
3. One day (4:09)
4. In the Wilderness (4:05)
5. Soaring On (4:23)
6. Let us now Make Love (4:39)
7. Scene of the Crime (5:13)
8. End of the Road (6:21)
9. Exit (0:57)
10. Stagnation (8:34)

FORMATION :

Simone Rossetti

(chant)

Giorgio Gabriel

(guitares)

Guglielmo Mariotti

(basse)

Valerio De Vittorio

(claviers)

Marco Fabbri

(batterie)

John Hackett

(flûte)

EXTRAITS AUDIO :

THE WATCH

"Timeless"

Italie - 2011

Pick Up Records - 44:46

 

 

Une chronique sous forme de coup(s) de gueule. Le premier s'adresse au groupe lui-mème qui, moins d'un an après son dernier album, en publie un nouveau, contenant trois reprises de Genesis pour une durée totale d'à peine 45 minutes ! A priori, il est plus que tentant de se demander si les musiciens de The Watch ne se foutent pas un peu de nous... Quand on découvre ensuite que deux des morceaux revisités sont issus, pour l'un ("In The Wilderness") du tristement célèbre From Genesis To Revelation de 1969 et pour l'autre ("Let Us Now Make Love") du coffret Archive 1967-1975, il y a franchement de quoi désespérer...

Et pourtant. Dès la première écoute de Timeless, les préjugés s'effacent, car la cohérence globale de l'album est totale. En se plongeant au coeur des balbutiements progressifs de Genesis, The Watch s'est finalement et paradoxalement réapproprié son identité musicale. Il faut dire que les italiens n'ont pas cherché à ménager la chèvre (mimétisme) et le choux (singularité) comme par le passé, pour des réussites diverses d'ailleurs. Ils ont au contraire choisi de plonger leur musique à la source du progressif symphonique, bucolique et intimiste du Genesis sortant tout juste des années 60, pour la faire ressortir sous une forme épurée.

The Watch n'est donc pas ici en concurrence avec son glorieux aîné, car The Watch, en faisant graviter son propos autour de titres méconnus et peu ambitieux, s'est découvert une singulière facette artistique. Les italiens délaissent ainsi les grandes envolées instrumentales du meilleur Genesis (et bien lui en prend au regard des hautes compétences du groupe anglais en la matière) pour se recentrer sur des ambiances symphoniques dont le fil rouge est le thème mélodique de "In The Wilderness". The Watch use de cette mélodie, la triture et la façonne tout au long de Timeless, pour donner vie à une musique délicieuse et intemporelle, portée de plus par un Simone Rossetti au sommet de ses capacités vocales. Reprises et titres originaux, issus du mème terreau inspirateur, forment donc un album parfaitement harmonieux, qu'il est au final bien difficile de ne pas appréhender dans sa globalité. A la manière d'un vêtement dont on ne verrait pas/plus les coutures...

Au terme de cette chronique, il est temps d'évoquer mon second coup de gueule, qui concerne cette fois certains chroniqueurs de la toile, dont les raccourcis permettraient par exemple à Jacques Mellick de rejoindre (enfin !) Béthune depuis Paris en moins d'une heure... The Watch mérite mieux que ces railleries, fussent-elles parfois affectueuses, car les apparences sont une nouvelle fois trompeuses. Les deux reprises évoquées, ainsi que la troisième (une version live de "Stagnation" en guise de bonus), sont autant de fausses pistes engendrant des jugements rapides et erronés sur le talent et la réelle personnalité des italiens. Verdict. "Non coupables, votre honneur !"

Olivier PELLETANT

(chronique parue dans Big Bang n°79 - Avril 2011)