
PISTES :
CD 1 :
1. Un Vent de Revolte (1:38)
2. Ouverture (4:06)
3. 1765, Un Jardin à Vienne (0:54)
4. "Madame Antoine, Madame Antoine..." (2:54)
5. Les Rois (2:39)
6. "Moineau franc, moineau domestique..." (2:09)
7. "Je veux être Roi..." (2:38)
8. "Cassons tous les blasons..." (1:46)
9. Les Doléances de la Terre de France (4:37)
10. L'Etat de la France (2:34)
11. "Savoir rire vaut bien, savoir vivre..." (1:43)
12. "Des négrier, des proprietaires dévots..."
(3:36)
13. La Prise de la Bastille (1:35)
14. "Etre au frais quand il fait chaud..." (2:19)
15. "En sabots, piques dressées..." (4:18)
16. Banquet d'Octobre (2:12)
17. "Ecoutez Ça! Entendez Ça!" (2:18)
18. "Et de son petit pied charmand..." (4:31)
19. La Lettre (1:38)
20. "Mon cher cousin, Bourbon d'Espagne..." (2:51)
21. "Le vaisseau de l'État..." (1:45)
22. Esclavage (0:54)
23. "Aux Isles du Vent c'est arrivé..." (4:50)
24. Quod Aliquantum (1:18)
25. "A Paris il y a les amis de Marat..." (6:27)
CD 2 :
1. La Fuite du Roi (2:10)
2. "Il faut quitter la France..." (4:28)
3. "Dampierre a perdu la tête..." (2:40)
4. "Et puis après..." (3:14)
5. La Commune de Paris (2:44)
6. "Vive la Commune de Paris..." (3:15)
7. "Le tambour bat, le tocsin sonne..." (2:43)
8. Pauvre Capet (1:43)
9. "Pauvre Capet, tu es fini..." (3:44)
10. Marie Antoinette - La Derniere Nuit Sur Terre (1:36)
11. "Adieu, ma belle, Tendre et fidéle..." (5:10)
12. Liberté (2:51)
13. "Dans les buissons..." (6:53)
FORMATION :
Rick Wentworth
(chef d'orchestre)
Gavyn Wright
(premier violon)
Chorale London Voices
dirigée par Terry Edwards
Maîtrise des Hauts-de-Seine
Chœur d'enfants de l'Opéra National de Paris, dirigé par Gaël Darchen
The London Oratory Choir
dirigé par Mike McCarthy
Chanteurs principaux :
Jean-Luc Chaignaud
Ying Huang
Paul Groves
Ismaël Lo
ROGER WATERS
"Ça Ira"
Royaume-Uni - 2005
Sony Classical - 68:23 / 43:17
Apportons d'emblée une précision majeure : ce nouveau double album de l'ancien Pink Floyd, qui incarne toujours aujourd'hui la face la plus sombre du groupe, n'est en aucune manière du rock progressif. Il s'agit en effet non pas d'un opéra rock comme pouvait l'être La Révolution française de 1973, mais d'un véritable opéra classique, composé avec l'aide du chef d'orchestre Rick Wentworth (auteur de musiques de films et de télévision), et si nous en parlons dans Big Bang, c'est avant tout en raison de la notoriété de son auteur pour notre courant. Des influences «floydiennes» sont cependant décelables : bruitages divers (foules, tirs de fusils et bruits de canon, coups de fouet, guillotine, etc...), chœurs enfantins... Pour le reste, cet opéra est divisé en trois actes, et deux chanteurs ainsi qu'une chanteuse se partagent les sept principaux rôles souvent allégoriques, quelques solistes complétant le casting. Outre certains compositeurs, comme Puccini, Ravel, Dvorak, Gershwin ou Brahms, on décèle l'influence, à travers les trente-huit pistes, de l'opérette, des musiques de film (Waters citant même la bande son d'Ivan le terrible par Prokoviev comme un modèle) et même des comédies musicales, auxquelles il faut ajouter l'utilisation de quelques airs révolutionnaires de l'époque.
Sans pouvoir apporter le jugement d'un spécialiste de l'opéra classique, on peut en tous cas noter que ces deux disques s'écoutent avec intérêt, à la fois par leur côté toujours mélodique (en plus d'une certaine emphase dans plusieurs passages instrumentaux notamment) et leur chant en français, à condition bien sûr de ne pas être allergique au chant d'opéra qui se taille ici la part du lion avec, il faut bien le dire, un rythme généralement lent. Le livret original, conçu au départ pour le bicentenaire de 1989, est l'œuvre du défunt Etienne Roda-Gil, collaborateur fétiche de Julien Clerc, entre autre, même s'il existe également une version anglaise de Ça Ira (transposée par Roger Waters et sous titrée «There Is Hope»). La période abordée part de 1765, avec une Marie-Antoinette encore enfant, pour se terminer avec son exécution en 1793. Bien sûr, ce sont les années 1789-1793 qui sont le plus développées, avec des épisodes fameux, prise de la Bastille, fuite du roi, fin de la monarchie et même la révolte des esclaves de Saint-Domingue. La mise en scène choisie repose sur l'idée d'un spectacle de cirque, dont les personnages sont à la fois spectateurs et acteurs, une façon critique de présenter les choses avec une certaine dérision qui n'a pu que plaire au désabusé Waters.
Quant aux textes eux-mêmes, ils célèbrent les premières années de la Révolution et les droits de l'homme, en se concentrant sur la victoire progressive de l'idée républicaine et en soulignant toute la responsabilité des souverains (l'exécution de Louis XVI est clairement justifiée). En attendant son nouvel album rock, que l'on annonce pour début 2007, Ça Ira constitue une exploration non dénuée d'intérêt du monde de la musique classique, témoignant une fois de plus des liens qui relient ces deux univers et peut-être du désir de reconnaissance nourri par ces stars du rock de la part de la «grande musique» (de la même manière que Tony Banks avec Seven ou Steve Hackett avec Midsummer Night's Dream).
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°60 - Décembre 2005)

