PISTES :
1. Ouverture : Paradox + Let Me Go (6:28)
2. God Walks With us (4:40)
4. I Stand Alone (6:08)
5. Meet Me At Midnight (2:34)
6. Hey Josephine (4:52)
7. Far Away (4:04)
8. Please Change Your Mind (4:45)
9. Sleep Angel (4:12)
10. Spread Your Wings (3:46)
11. In The End (4:47)
FORMATION :
John Wetton
(chant, basse)
Geoffrey Downes
(claviers)
Steve Christey
(batterie)
John Mitchell
(guitares)
Hugh McDowell
(violoncelle)
Ian McDonald
(flûte)
Annie Haslam
(chant)
WETTON & DOWNES
"Icon"
Royaume-Uni - 2005
Frontline Records - 46:19
Ayant pour ma part décroché du wagon Asia depuis l'arrêt en gare de John Wetton il y a un vingtaine d'années déjà, je n'attendais plus grand chose de la production discographique de Geoff Downes. Mais, sans que je sois nostalgique de cette période du prog (bien qu'une partie de ma jeunesse de mélomane y soit restée accrochée), la réactivation de la collaboration entre les deux hommes ne pouvait me laisser indifférent.
Leur disque s'appelle Icon, ce qui est un beau titre, et commence par «Let Me Go», un morceau qu'Asia aurait pu oublier de mettre sur son premier album : retour de l'inspiration majestueuse, à défaut d'être originale. Avec «God Walks With Us», toujours rien de nouveau sous le soleil asiatique, ni sur le fond ni sur la forme mais une puissance émotionnelle exceptionnelle renforcée par un solo de guitare qui fonctionne bien, exécuté par l'impeccable John Mitchell (Arena). Intro aux grandes orgues sur le titre suivant, «I Stand Alone», qui malheureusement n'évite pas le piège de la facilité mélodique, désagréable impression renforcée par l'apparente mièvrerie de «Meet Me At Midnight», mais balayée par l'air frais de l'imparable «Far Away», le genre de sucrerie qu'aurait pu écrire le Justin Hayward des Moody Blues des meilleurs années.
Est-ce bien utile de passer en revue toutes ces mélodies légèrement désuètes, voire périmées, mais auxquelles le chant émouvant de Wetton, de sa voix douce et voilée qui a gagné en chair ce qu'elle a perdu en clarté, parvient à rendre fierté et profondeur ? Pourquoi pas, surtout que Icon est la chose la plus digne que nos deux légendes du prog aient faite depuis bien longtemps. Ces dix titres, alternant soft-rock entêtant (le digne calibrage radiophonique couplet/refrain de «Hey Josephine»), néo-prog symphonique d'actualité («Please Change Your Mind») et ballade fiévreuse («Sleep Away» avec un John Mitchell toujours aussi à l'aise), ne possèdent sûrement pas le relief d'un UK, celui qui pousse à crier au chef-d'œuvre, ni le potentiel de décollage commercial des premiers Asia (même cri, mais de la part des maisons de disques) mais vous permettront de patienter jusqu'à la prochaine pièce montée de l'un ou la résurrection improbable de l'autre - et si la phrase est trop longue, reprenez lentement depuis le début.
Mais si vous faites le compte, il manque deux titres à notre passage en revue et ce sont les deux meilleurs : «Spread Your Wings» (ben voyons !), petite perle au souffle d'athlète et aux arrangements soignés (intro piano/violon, magie de la montée en puissance, et Mitchell, toujours lui, pour un solo que Clive Nolan doit regretter d'avoir laisser passer) où Downes a mis toute sa science de la mélodie simple et originale. Et enfin le bien nommé «In The End», mesdames et messieurs, «In The End» qui, ô surprise à pleurer de joie, est illuminé par LA grande voix du prog en personne, j'ai nommé l'ex-Renaissance Annie Haslam. Si j'osais, je me ferai un plaisir de terminer cette chronique sur le nom d'Annie Haslam.
Alain SUCCA
(chronique parue dans Big Bang n°60 - Décembre 2005)

