
PISTES :
1. Au Nom Du Père (7'31)
2. Le Flûtiste (5'40)
3. Mélissandre (6'17)
4. WhiteChapel (6'50)
5. Elixir (4'26)
6. Pleine Lune (4'34)
7. Le Masque D'Arlequin (7'43)
8. Echec Et Mat (5'44)
9. Les Enfants De La Nuit (5'22)
10. Sarajevo (5'02)
11. Ailleurs (5'11)
FORMATION :
Thierry Thuane
(batterie)
Fabrice Altairac
(chant)
Laurent Isola
(guitares)
Greg Iung
(claviers)
Raphael Rigaud
(basse)
EXTRAITS AUDIO :
WHITECHAPEL
"Le Masque d'Arlequin"
France - 2006
Muséa - 64:25
Contrairement à ce que le patronyme choisi pourrait faire penser, WhiteChapel n'est pas Anglais, mais Français. Tous ses membres signent là leur première réalisation : Thierry Thuane, batteur et auteur de la moitié des textes; Fabrice Altairac, chanteur; Laurent Isola, guitariste et compositeur; Greg Iung, claviériste et compositeur; Raphaël Rigaud, bassiste, auteur-compositeur et concepteur graphique du livret. La production, sans être totalement parfaite, est de fort bonne facture, avec entre autre un son de batterie sec, assez proche de celui d'un Portnoy, et des claviers limpides.
Pour ce qui est du contenu proprement dit, on peut assez facilement déceler deux influences majeures. Pour les paroles et le style du chant, on pense bien sûr à Christian Décamps, certains textes fleurant bon le Ange des familles (le refrain de «Melissandre» en particulier, «Le Flûtiste» et ses accents médiévaux, ou «Elixir», justement dédié au père Décamps). Quant à la musique, celle mise en scène par WhiteChapel se rapproche assez fortement du plus récent Arena, et d'un néo-prog aux consonances plus musclées, claviers analogiques en tête. L'unique instrumental de l'album, le très dynamique «Pleine Lune», l'illustre bien, avec en arrière plan l'ombre d'un Dream Theater. Les divers soli de Raphaël Rigaud possèdent d'ailleurs la même efficacité que ceux d'un Clive Nolan. On retiendra en tout cas parmi les meilleures pièces le sombre et tendu «Au Nom du Père», avec de bons et lyriques soli de guitare, le rageur «Le Masque d'Arlequin», «Echec et Mat» et ses beaux arrangements de piano, l'entraînant «Ailleurs», voire «WhiteChapel», un peu plus inégal.
Mais globalement, le résultat est assez plaisant, à défaut d'être très original. La principale faiblesse provient en fait, comme souvent pour les groupes de prog Français, du chant. Sincère, il n'en est pas moins trop souvent un peu forcé («Les Enfants de la Nuit») ou trop distendu par rapport à la musique (le passage en anglais sur «WhiteChapel» en est un bon exemple). Les textes se révèlent eux-mêmes parfois inégaux. Si la critique de la pédophilie des prêtres de «Au Nom du Père», pour facile qu'elle soit, fait mouche, tout comme l'évocation du quartier de Whitechapel à l'époque victorienne (Elephant Man et Jack l'éventreur en vedettes) et même la partie d'échec transposée à l'échelle urbaine («Echec et Mat»), «Les Enfants de la Nuit», ou «Sarajevo» et sa brève peinture de la guerre en ex Yougoslavie, trop légers, laissent sur leur faim. «Ailleurs», enfin, fait preuve d'un certain engagement politique, mais finalement assez consensuel, avec sa relativisation des problèmes vécus par les populations développées face aux dictatures du Tiers monde.
Un album recommandable, sans être pour autant dénué de défauts, et qui appelle un second essai en forme de réussite plus marquante au niveau du chant, à l'instar de ce qu'a réussi à faire Nemo.
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°64 - Hiver 2006-2007)


