BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Peace (1:26)
2. Remembering (8:34)
3. Garden (8:15)
4. Interlude No. 1 (1:36)
5. Tower Of The King's Daughter (7:10)
6. Summer's Lease (0:18)
7. Into The Chase (4:29)
8. A Blinding Light (6:36)
9. Waking The Angels (5:45)
10. The End (1:46)

FORMATION :

Andrew Marshall

(guitares, basse, claviers, flûtes, batterie)

Dave Brightman

(batterie)

WILLOWGLASS

"Willowglass"

Royaume-Uni - 2005

Autoprod. - 46:12

 

 

Derrière ce patronyme et une pochette à la naïveté dépourvue d'originalité se cache un multi instrumentiste britannique plutôt doué, Andrew Marshall, qui signe ici sa première réalisation totalement instrumentale. En charge de l'ensemble du travail de composition et de production, il n'est entouré que du batteur Dave Brightman, au jeu sobre et pondéré.

Dix compositions sont au menu de cet album inaugural, dont quatre font moins de deux minutes. Cela ne les empêche pas de véhiculer une certaine émotion, à l'aide du piano et des claviers à tendance orchestrale ou de la simple guitare acoustique, pour un propos mélodique qui lorgne furieusement vers les années 70 ("Peace", "Summer's Lease"). Andrew Marshall y va en effet de sa guitare électrique très inspirée du Mike Oldfield le plus habité, à petits coups délicatement ciselés, pour des pièces qui prennent souvent leur temps. Les passages atmosphériques alternent avec des parties plus rythmées, voire solennelles ("Into The Chase"), le tout à l'aide de force mellotron, d'une basse régulière, d'une discrète guitare acoustique et de fréquents soli de claviers vintage ou même de flûte (l'excellent "Remembering", "Garden", "A Blinding Light").

A l'écoute de la plupart de ces morceaux, on se prend à songer très fortement aux œuvres de Grand Stand (celui de Tricks Of Time en particulier, voir la chronique dans notre numéro 44), qui plonge également ses racines dans le Genesis de la grande époque, entre Nursery Cryme et Wind and Wuthering. Le côté médiéval de certains titres ("Tower Of The King's Daughter") fait également quelque peu penser au Voyage Of The Acolyte de Steve Hackett, voire à l'Anthony Philips de The Geese And The Ghost. Les thèmes instrumentaux ne sont pas nécessairement très alambiqués, mais ils font mouche à la fois grâce à leur dimension émotionnelle et leur côté madeleine de Proust pour tous les nostalgiques de l'âge d'or de ce progressif so british.

Posés et sans excès, ces tableaux bucoliques et légèrement mélancoliques acquièrent au fil des écoutes un indéniable charme, susceptibles de plaire aux inconditionnels du Genesis d'antan ("Into The Chase" et ses accents légèrement emphatiques, le répétitif "Waking The Angels" ou le clavier très banksien de "Tower Of The King's Daughter"). Sans être un chef d'œuvre, Willowglass est en tous les cas un bel hommage à une vision diaphane et indémodable de la musique.

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°59 - Octobre 2005)