
PISTES :
1. Intro (1:58)
2. See Who I Am (4:51)
3. Jillian (i’d Give My Heart) (4:46)
4. Stand My Ground (4:26)
5. Pale (4:28)
6. Forsaken (4:53)
7. Angels (4:00)
8. Memories (3:51)
9. Aquarius (4:46)
10. It's The Fear (4:06)
11. Somewhere (4:13)
12. A Dangerous Mind (4:17)
13. The Swan Song (album Version) (3:58)
14. Partie Multimédia
FORMATION :
Robert Westerholt
(guitare)
Sharon Den Adel
(chant)
Ruud Jolie
(guitare)
Jeroen Van Veen
(basse)
Martijn Spierenburg
(claviers)
Stephen Van Haestregt
(batterie)
EXTRAITS AUDIO :
WITHIN TEMPTATION
"The Silent Force"
Pays-Bas - 2004
BMG - 54:38
Rhhhaaahhhh Sharon !!! Excusez-moi et reprenons calmement. Quatre longues années séparent The Silent Force du précédent opus de nos amis néerlandais, Mother Earth. Il faut dire que le quintette a connu des aventures pas ordinaires dans ce laps de temps : après avoir assuré une tournée promotionnelle tout ce qu'il y a de classique pour la sortie de son second album, voila que les ventes du dit CD se sont mises à grimper en flèche dans leur contrée et chez nos cousins Germains notamment.
Retour à la case départ, on fait comme si l'album venait de sortir, et tout ce beau monde repart écumer les grands festivals rock et metal de Hollande et d'outre-Rhin. Les «singles» s'enchaînent, les clips aussi, et l'album est même «repackagé» pour ressortir dans plusieurs pays. Les récompenses commencent elles aussi à affluer et le groupe passe à la télé. Un double DVD (très bien quoiqu'un peu précipité) sort dans la foulée et nos cinq larrons continuent d'écumer les scène européennes (avec notamment une prestation remarquée à Eurodisney pour la nuit d'Halloween 2003). Le temps file, et il en reste peu pour penser à de nouvelles compositions. Il faudra finalement près d'une année entière au groupe pour parvenir enfin à mettre en boîte une quinzaine de titres (11 pour l'album «normal», 13 de 1:58 à 4:54 pour l'édition limitée, plus les inédits des divers «singles» déjà parus et à venir).
Le succès aidant, le groupe a probablement subi quelques pressions de la part de son label, mais en retour, celui-ci lui a permis de mettre les petits plats dans les grands. Si on peut s'étonner par exemple de l'absence de voix gutturales (personne ne s'en plaindra pour autant, mais le groupe avait annoncé leur retour et un titre inédit joué en concert, «Jane Doe», en contenait), on se réjouira de l'utilisation intensive d'un véritable orchestre moscovite de 80 musiciens et d'un chœur tout aussi imposant et également russe. Les moyens sont là, et cela s'entend.
Musicalement, The Silent Force présente une relative continuité avec Mother Earth. Les titres sont tour à tour puissants et symphoniques (mais finalement pas vraiment metal, en tout cas moins violents ou rapides que Therion ou Nightwish), ou un peu plus calme avec de grosses influences celtiques (avec deux invités pour tenir ce type d'instruments). Peu ou pas de véritables solos dignes de ce nom, la guitare est le plus souvent en rythmique tandis que les claviers sont omniprésents en accompagnement ou en meneur des thèmes mélodiques. Ce qui démarque ces mêmes albums tient notamment à l'orchestre (et au chœur dans une moindre mesure) qui emportent tout sur leur passage, au point qu'on se prend parfois à regretter le relatif manque de moyens de Mother Earth. Les compositions sont également plus calibrées (aucune ne dépasse les cinq minutes, et toutes peuvent prétendre au titre de «single») et plutôt opportuniste pour l'une d'entre elles (d'ailleurs co-écrite avec leur producteur, tiens, tiens...), le premier «single», «Stand My Ground», qui rappelle fortement les américains d'Evanescence.
Mais heureusement, il y a un «élément» avec lequel aucun groupe ne peut rivaliser: Sharon den Adel. Cette sublime chanteuse trouve ici une maturité vocale impressionnante. Finies les vagues réminiscences de Kate Bush ou autres, Sharon est elle-même d'un bout à l'autre de l'album, et elle monopolise toutes les attentions. D'ailleurs, les parties purement instrumentales sont rares et elle chante quasiment tout le temps, mais avec un organe pareil, qui s'en plaindra ? Que ce soit dans la force (le déjà nommé «Stand My Ground» ou le titre d'ouverture «See Who I Am»...qui suit une somptueuse intro de l'orchestre juste «vocalisée» par la belle), la douceur (le sublime «Pale», LA perle de l'album, qui devrait faire pleurer tout le monde de bonheur, ou «Somewhere», idéal titre de conclusion) ou la ritournelle pop limite sucrée (le 'Corrs-ien' «Memories»). Elle excelle dans tous les registres, et le seul regret à avoir est que son potentiel de pureté absolue ne soit pas plus exploité sur des morceaux intimistes (à l'image de «Our Farewell» sur Mother Earth). Laissons le temps faire son œuvre !
Within Temptation devrait donc logiquement connaître un succès retentissant avec The Silent Force. Même si d'un point de vue strictement «progressif», les amateurs de structures complexes resteront sur leur faim, il y a fort à parier que tous ceux qui sont sensibles à la musique puissante et symphonique seront comblés. Sans parler des fervents admirateurs de très grande chanteuse... Rhhhaaahhhh Sharon !!!
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°56 - Décembre 2004)


