
PISTES :
1. Solar Circles (4:35)
2. In This World (5:58)
3. Blindness (7:34)
4. Coax (5:36)
5. Half Awake (4:28)
6. Shadows Speak (5:27)
7. The Gate (2:12)
8. Pins And Needles (10:26)
9. Beneath White (6:04)
10. Zeitgeist (4:43)
11. Evening Of Our Days (7:56)
12. Coda (2:16)
FORMATION :
Ken Pfeifer
(chant, claviers)
Bill Denison
(instruments à cordes, claviers, chant, flûte)
Mike James
(piano, claviers)
Carl Puglisi
(batterie, percussions)
INVITÉ
Bridget Murphy
(chœurs)
EXTRAITS AUDIO :
ZEN CARNIVAL
"Bardo"
États-Unis - 2006
Autoprod. - 67:15
Avec le second disque de ce groupe américain, on a une preuve supplémentaire de l'importance toute relative des petits labels du mouvement prog : bien que leur production nous permette de profiter d'albums de qualité, elle ne suffit pas à éponger l'ensemble des œuvres réalisées, poussant certains de leurs auteurs vers l'autoproduction, démarche passionnée s'il en est. C'est le cas de Zen Carnival qui, à mon sens, aurait parfaitement mérité sa place chez un Progrock ou un Unicorn, à titre d'exemples... Voilà en effet un groupe qui, non content de proposer un disque plus que correctement produit et parfaitement joué, décline un progressif mélodique et romantique inspiré, qui révèle tous ses charmes au fil des écoutes.
Pour ce qui est des influences, on pense bien sûr au Genesis des années 70, en particulier pour les claviers, mais également au néo prog. Bill Denison, le chanteur et également producteur de Bardo, a d'ailleurs un timbre de voix très attachant, à mi chemin entre ceux de Steve Hogarth et de Peter Nicholls, qui lui font aisément pardonner ses rares faiblesses. Quelques ombres de Richard Sinclair sont également perceptibles, et c'est la musique de Camel de manière plus générale qui inspire plusieurs morceaux : les chansons «In This World», «Blindness» ou «Coax» distillent un charme simple et fondant, tandis que le trop court instrumental «The Gate» et le plus développé «Zeitgeist» dévoilent une belle et enthousiasmante énergie. Pour la composition la plus longue (dix minutes), «Pins and Needles», c'est plutôt le meilleur IQ qui nous vient à l'esprit, tant ce titre possède d'intensité et de professionnalisme, avec un dernier tiers spécialement prenant. Globalement, les mélodies vocales, parfois soulignées par de délicats chœurs féminins, sont toujours agréables, surtout quant elles sont mises en valeur par un arrangement dépouillé de piano (le mélancolique «Coda»).
Les quatre musiciens ne sont pas en reste, car si les sections vocales sont souvent les plus lentes, les séquences instrumentales sont un peu plus rythmées, et toujours fort lumineuses. Pas moins de deux d'entre eux sont en charge des claviers, avec des sonorités diversifiées, de belles parties de piano et des soli de qualité (celui de «In This World» évoque ainsi le meilleur Grand Stand). Le bassiste a une place notable au mixage, ce qui constitue un plus appréciable comparativement à d'autres enregistrements, tandis que le guitariste, à la présence irrégulière (surtout sensible sur la seconde moitié du disque), fait preuve d'un feeling palpable lors de ses envolées très maîtrisées (sur «Half Awake» ou «Beneath White» en particulier); on peut néanmoins regretter une portion congrue accordée à l'acoustique (uniquement présente sur le très beau «Evening of Our Days»). Une belle réussite, sans moment faible, pour un album dont la réalisation aura tout de même pris cinq années. Souhaitons que Zen Carnival n'en reste pas là, en conservant la même sincérité et en bénéficiant d'une signature chez une maison de disques, avec la distribution qui l'accompagne...
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°65 - Avril 2007)


