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ALAN PARSONS PROJECT (4/4)

"Money Talks" : les compilations

Le premier best-of du groupe, simplement intitulé The Best Of The Alan Parsons Project, paraît en 1983, au plus haut du succès commercial du groupe, auréolé du bon classement de Eye In The Sky. La dimension clairement mercantile de ce genre d'entreprise est ici particulièrement visible. En plus d'une sélection de onze morceaux extraits des précédents albums (deux d'I Robot, Pyramid, Eve, The Turn Of A Friendly Card et trois d'Eye In The Sky), dont est d'ailleurs exclu Tales Of Mystery And Imagination (publié avant le contrat avec Arista), on trouve sur cette compilation un avant-goût du futur Ammonia Avenue, avec le single "You Don't Believe", qui connaîtra un certain succès.

En 1987, une compilation thématique voit le jour. Nommé The Instrumental Works, elle présente l'intérêt de réunir en un seul disque certaines des meilleures compositions symphoniques du groupe, en particulier "Genesis ch.1 v.32", "I Robot" ou "Paseo de Gracia". Mais ce sont surtout les albums récents qui sont privilégiés (sept sur dix pour ceux des années 80, et aucun des Tales, de nouveau), et manquent à l'appel d'excellents morceaux, tels "Lucifer", qui figuraient déjà sur The Best Of The Alan Parsons Project. Ce disque n'est donc que partiellement réussi, alors que l'idée de départ était bonne. En 1988, sort The Best Of The Alan Parsons Project volume 2, suite du premier volume de 1983. Curiosité, cette  compilation a bénéficié de deux éditions différentes : la première citée pour l'ensemble du marché américain, et une deuxième, nommée Limelight, réservée à l'Europe. Les onze titres retenus pour le volume 2 présentent quelques différences avec les dix de Limelight, essentiellement le fait que parmi eux se trouvent deux titres de 77 et 78, alors que tous les autres datent des années 80, pour un résultat plutôt inférieur en qualité au premier Best Of. Certains titres, comme "Stereotomy", figurent même dans des versions amputées... Ce best of en deux parties a fait l'objet de rééditions ultérieures, comme en 1992, avec un double CD intitulé The Best Of The Alan Parsons Project, ou toujours en 1992, sur deux disques avec quelques modifications dans la track-listing, sous le nom de The Ultimate Collection.

Quelques variantes virent également le jour, histoire d'exploiter le filon jusqu'au bout, en capitalisant sur les succès radios du groupe. On peut citer une compilation, Pop Classics, en 1989, qui reprend des titres des deux best of avec quelques extraits du récent Gaudi en prime ; une Anthology en 1991, où les titres sont classés pour la première fois chronologiquement; un Master Hits et un The Encore Collection en 1999, en un seul disque à chaque fois.

En 1997, The Definive Collection fait le point pour la première fois sur les discographies couplées du Project et d'Alan Parsons. En deux CDs, on a droit à un aperçu relativement large et respectueux du déroulement chronologique des albums, qui va des Tales (jusqu'alors jamais inclus dans un best of) à Try Anything Once, avec des versions remastérisées qui plus est. Un autre double, Gold Collection, sort l'année suivante, avec certains titres légèrement différents (dont aucun extrait des Tales).

Pour être tout à fait complet, il convient de signaler qu'Andrew Powell, ainsi que ce fut fait pour des groupes comme Genesis ou Pink Floyd, réalisa une compilation de plusieurs des morceaux de l'époque du Project, sous une forme uniquement orchestrale, pour un résultat fort mitigé. The Alan Parsons Project Played By Andrew Powell est sorti en 1997, mais semble actuellement épuisé.

On le voit, il y a de quoi se perdre dans cette déferlante de compilations dont aucune n'est complètement satisfaisante, et sur lesquelles ne figurent jamais d'inédits. On regrettera d'ailleurs les doublons qui existent entre elles, ce qui révèle un manque flagrant de cohérence dans leur conception. On retiendra juste The Instrumental Works et The Definitive Collection. Mais pour une première approche de la carrière de compositeur d'Alan Parsons, on conseillera plutôt les albums Tales Of Mystery And Imagination, I Robot, Pyramid, The Turn Of A Friendly Card, Eye In The Sky et Try Anything Once, en les complétant éventuellement par une compilation offrant suffisamment de sélections des autres disques, comme l'Anthology.

"The Ring" : les carrières parallèles

Nous n'avons pas pris le temps de citer, dans le corps de l'article, un certain nombre de réalisations parallèles, que nous jugions un peu trop éloignées du style du Project. A défaut d'être complètement exhaustif, citons simplement quelques-unes des nombreuses activités de plusieurs membres du combo.

Ian Bairnson a ainsi effectué un grand nombre de sessions de studio pour des artistes extrêmement variés : Kate Bush, Sting, Stanley Clarke et Steve Gadd, Chris de Burgh, Beverley Craven (qui en retour, participera à l'album The Time Machine, sur un morceau ), Mick Fleetwood, Tom Jones, David Sylvian, Joe Cocker, Art Garfunkel, ou même Jon Anderson (sur Song Of Seven en 1980), ainsi que des artistes allemands (Harold Faltermayer, Esther Ofarim, Eberhardt Schoener, Herman Weindorf) et japonais (Akira Inoue, Sugi Masamichi, Yui Asaka, Saki Nobuhide, Ryuchi Asuka, Yukio Sasaki). Son talent de compositeur, bien visible dans la décennie 90 au sein des albums d'Alan Parsons, s'est également manifesté avec des contributions pour les chaînes de la BBC et de Channel Four. Enfin, last but not least, il est un des invités de l'ambitieux projet des musiciens de XII Alfonso sur Monet. Stuart Elliott, quand à lui, a joué de la batterie pour Paul Mc Cartney, Roger Daltrey, Eric Clapton, Sting, Deacon Blue, Kate Bush ou Al Stewart : on aurait pu imaginer pire !

Parmi les divers musiciens dont le groupe s'est adjoint les services, il est enfin indispensable de mentionner le bout de chemin effectué par Chris Rainbow et David Paton au sein de Camel. Ayant rencontré Andy Latimer lors des sessions d'enregistrement de Eye In The Sky, ils intégrèrent le groupe en 1982, jusqu'à sa dissolution en 84, le temps de The Single Factor et Stationary Traveller. La tournée du premier disque cité vit d'ailleurs la participation d'une vieille connaissance, Stuart Tosh... Certes, il ne s'agit pas de la meilleure période du quadrupède, mais on ne peut évidemment imputer ce déclin artistique aux deux musiciens. On signalera tout de même la prestation de Chris Rainbow sur le live Pressure Points de 1984 (où figure également Mel Collins). Alan Parsons lui-même produisit d'ailleurs certains albums solo des chanteurs qu'il employa, dont ceux de Colin Blunstone, Lenny Zakatek et Vitamin Z, ainsi que des musiques pour la télévision, prenant part à la création de Music Box, un service européen de musique pour le câble.

4/4

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