LES ALBUMS LIVE
En matière d'albums live, le catalogue de Camel s'avère particulièrement fourni, avec pas moins de huit références, dont la plupart sont issues de la série des «official bootlegs» lancée par Camel Productions.
Chronologiquement,
on commence avec On The Road
1972 (1992), dont la
date d'enregistrement exacte reste sujette à caution puisque
l'on peut entendre sur ce CD les deux longs morceaux de Mirage,
«White Rider» et «Lady
Fantasy». Le sommaire est complété par
l'instrumental «Six Ate» du premier album et le
long «God Of Light», issu du répertoire
solo de Peter Bardens et cheval de bataille des premières
tournées de Camel.
La prestation du quatuor est
énergique et inspirée, même si le son
et la musique ont un peu vieilli...
A Live Record
(1978) se proposait, à sa sortie, de dresser
un premier bilan de la carrière de Camel, avec au moins
un
morceau tiré de chaque album studio
(«Moonmadness» obtient toutefois deux citations).
L'un des deux disques est consacré totalement à
The Snow Goose,
dans l'interprétation donnée avec
le London Symphony Orchestra en octobre 1975 pour un unique concert au
Royal Albert Hall. La nouvelle formation, comprenant Richard Sinclair
et Mel Collins, est logiquement en vedette sur l'autre, les vocaux du
premier faisant merveille sur «Never Let Go» et
surtout «Song Within A Song», et le saxophone du
second se livrant sur «Lunar Sea» à des
passes d'armes particulièrement intenses avec la guitare
d'Andy Latimer. A signaler enfin la présence d'un
inédit, l'instrumental «Ligging At
Louis».
On The Road
1981 (1997), le meilleur à ce jour des
«official bootlegs» issus des archives du groupe,
nous fait pour sa part revivre la tournée Nude, et
présente l'avantage considérable, outre de nous
proposer la quasi-intégralité du concept-album,
de mettre en vedette les claviers de Kit Watkins et Jan Schelhaas,
absents des séances studio. Ce concert au Hammersmith Odeon
de Londres ayant été enregistré par la
BBC, la qualité sonore est de plus excellente.
On The Road
1982 (1994) nous présente Camel assurant tant
bien que mal la promotion de l'abyssal The Single Factor,
tout en
essayant de se montrer à la hauteur de l'autre
prétexte officiel de la tournée, le
dixième anniversaire du groupe. Entouré de
musiciens issus pour la plupart du Alan Parsons Project (dont David
Paton et Chris Rainbow), ainsi que le précieux Kit Watkins,
Latimer alterne logiquement le bon et le moins bon. En
piètre forme vocale, le guitariste cède
heureusement le micro à ses collègues plus d'une
fois, notamment sur «Hymn To Her» et «Who
We Are», dont les versions - avec Rainbow au chant -
rivalisent aisément avec celles de «I Can
See...», ou «A Heart's Desire / End
Peace», moment le plus émouvant du set avec un
solo de guitare final déchirant. Deux instrumentaux,
«Sasquatch» et «Captured»,
permettent par ailleurs aux musiciens de se défouler.
Inégal, mais supérieur à ce que l'on
aurait pu craindre de l'intitulé...
Retour
à l'Hammersmith Odeon
pour Pressure
Points (1985),
dernier album publié par Camel
avant le purgatoire de six
ans qui allait précéder le 'comeback' de Dust And
Dreams. Le groupe, que Colin Bass retrouvait
après trois ans
d'absence, promeut alors Stationary
Traveller, dont nous sont
proposés de larges extraits, ainsi que quelques retours en
arrière, rarement au-delà de cinq ans toutefois.
Les festivités s'achèvent toutefois avec la
présence en invités de Peter Bardens et Mel
Collins pour un bon vieux «Rhayader». A noter que
la vidéo du concert (et ses désormais
légendaires séquences de fiction dont
l'interprétation est à peu près du
niveau de «Derrick») présente des titres
en plus («Lady Fantasy») mais aussi en moins. Camel
Productions propose toutefois une vidéo du concert complet,
mais avec une qualité d'image inférieure.

On
restera bref sur
les derniers
recueils en date, Never Let Go
(1993),
Coming
Of Age (1998) et The Paris
Collection (2001), qui correspondent
davantage à
la pratique désormais largement
répandue du témoignage
systématique de
chaque
tournée (il est
vrai qu'avec Camel
on ne risque guère l'overdose !). Tous
trois excellents (avec toutefois une préférence
pour le premier, et sa revisitation inspirée de Dust And
Dreams) et comprenant l'intégralité
du
répertoire joué (moitié vieux
morceaux, moitié dernier album), ils sont logiquement
à recommander (à noter que le second est
également disponible en vidéo), et pas seulement
pour les inconditionnels : Camel
sur scène, c'est quand
même un événement !

