“1971-1975 : La préhistoire"
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le désir d'Eloy (exprimé dans le choix de son patronyme) d'apporter un nouveau souffle à la scène rock allemande n'a pas trouvé immédiatement une expression musicale convaincante. Encore écrasé sous le poids de ses influences (Frank Bornemann cite rétrospectivement celles de Colosseum, Deep Purple, Jethro Tull, Jimi Hendrix et Led Zeppelin), Eloy peine à enfanter un discours original et émancipé. Ce n'est qu'au terme de cette première période, avec Power And The Passion, qu'il y parviendra enfin. Non sans avoir connu entre-temps quelques moments mémorables...
Le
tout premier album,
éponyme, paru chez Philips en 1971, ne compte certes pas
parmi ceux-ci. Son contenu est en fait si éloigné
du Eloy que
nous connaissons qu'il est presque hors-sujet d'en parler.
Principale raison : le rôle, tout à fait
secondaire, tenu alors par Bornemann, qui se contente d'un
rôle de guitariste et de co-auteur de certains titres. Le
chant et les rares parties de claviers sont le fait d'Erich Schriever,
leader de fait (jusqu'à la conception de la 'gimmick-cover'
très datée, avec sa poubelle dont on peut
soulever le couvercle pour découvrir un hamburger bien peu
appétissant, symbole d'une société de
consommation à combattre...). La musique est une sorte de
hard-rock engagé, rehaussé d'envolées
guitaristiques psychédéliques, aux
développements erratiques, qui rattachent vaguement le Eloy
d'alors au mouvement 'krautrock' alors en vogue outre-Rhin. Le terme de
préhistoire (d'Eloy,
et du progressif allemand dans son
ensemble) s'impose : un album à ne découvrir - et
encore... - qu'après avoir exploré le reste de
l'œuvre du groupe !
Deux ans
plus tard, c'est
chez EMI que
sort Inside.
On y découvre un Eloy
métamorphosé. Frank Bornemann cumule
désormais les rôles de guitariste et chanteur,
Manfred Wieczorke délaisse souvent la guitare pour l'orgue :
ces deux musiciens sont désormais seuls en charge de la
composition (les textes étant l'œuvre du
démissionnaire Schriever); le co-fondateur Helmut Draht a
cédé la place à un jeune batteur
très prometteur, Fritz Randow. Ce nouveau quatuor affiche
des compétences sensiblement accrues; s'il exprime dans le
texte de "Up And Down" une louable modestie quant au chemin restant
à parcourir, ses progrès sont réels.
Avec les 17 minutes de "Land Of No Body", Eloy fait ses
premiers pas
dans la science-fiction (certes allégorique, mais toute
science-fiction ne l'est-elle pas ?), et sa musique se met au diapason
: les sonorités envoûtantes de l'orgue, les effets
utilisés sur la guitare, les motifs rythmiques
obsessionnels... sont autant de moyens pour Eloy de tendre vers
l'abstraction. Mais celle-ci n'est en aucun cas une errance gratuite;
elle se démarque du psychédélisme par
une écriture solidement structurée (pas encore
assez, toutefois) et par une volonté de varier les ambiances
au sein d'un même morceau, grâce à la
succession d'emportements et d'apaisements. Difficile de ne pas penser
ici à Pink Floyd (celui de la partie live d'Ummagumma,
notamment), dont l'intro de "Astronomy Domine" est d'ailleurs
allègrement plagiée dans les premières
secondes de l'album; mais aussi à une influence moins
évidente, celle de Jethro Tull : pas seulement pour le chant
parfois étrangement 'andersonien' de Bornemann (cf. "Future
City"), mais aussi et surtout pour le foisonnement rythmique et le son
d'ensemble (unissons guitare/orgue) dans les séquences les
plus tendues.
Après
ce pas
en avant
considérable, Floating
(1974) put apparaître comme
une stagnation. Il est vrai qu'il s'agit du frère jumeau de
son prédécesseur, à quelques
détails près. Tout d'abord, l'aisance des
musiciens va croissant. Secondé par un nouveau bassiste plus
performant, Randow se déchaîne
littéralement sur ses fûts ("Castle In The Air",
titre qui préfigure le plus le Eloy de la grande
époque), mais sait aussi servir la recherche d'ambiances
planantes; Wieczorke fait montre d'une maîtrise accrue des
possibilités sonores de l'orgue, à
défaut d'une folle virtuosité; quant à
Bornemann, il peaufine son jeu de guitare, qui prend parfois des
accents proches de celui de Steve Hillage (cf. le long solo qui conclut
les 14 minutes largement instrumentales de "The Light From Deep
Darkness", ou celui tout aussi réussi de "Plastic Girl").
Quant à son chant, objet de nombreuses critiques du fait de
son peu d'expressivité et de sa diction anglaise imparfaite,
force est de constater qu'au-delà de quelques maladresses
(comme ces cris stridents à la lan Gillan qui
disparaîtront après l'album suivant), il n'a en
fait que peu évolué, en bien ou en mal, au fil
des années. Et surtout, qu'il a toujours
été un personnage secondaire de la musique
d'Eloy...
En
dépit de la
maturité accrue du groupe après ces trois
premiers albums, convenons que le son et l'approche musicale d'Eloy sur
ceux-ci ont pris un sacré coup de vieux, surtout si on les
compare à ce que faisaient à la même
époque les groupes britanniques. De ce point de vue, Power
And The Passion (1975) va marquer un tournant important,
et constitue
à bien des égards l'acte de naissance du Eloy
moderne. Le son, tout d'abord : Manfred Wieczorke a
délaissé définitivement la guitare (un
nouveau-venu, Detlef Schwaar, seconde Bornemann) et
développé sensiblement sa panoplie de claviers,
qui outre l'orgue inclut désormais pianos acoustique et
électrique, mellotron et moog. Sur une bonne
moitié de l'album (en gros, le premier quart d'heure,
dominé par le long "Love Over Six Centuries", et les six
minutes finales de "The Bells Of Notre-Dame"), on trouve le groupe
à son meilleur niveau, débarrassé des
sonorités antédiluviennes des opus
précédents et enfin apte à
suggérer par sa musique les périples
spatio-temporels contés dans ses textes.
La formule du concept-album n'est cependant pas pour Eloy une recette infaillible, et lui joue parfois des tours : englué dans l'obligation d'illustrer musicalement un propos littéraire pas toujours du plus haut intérêt (un voyage dans le temps dont certaines étapes, passages obligés du genre, ne sont pas sans rappeler nos franchouillardissimes "Visiteurs"), le groupe nous fait subir, durant le second tiers, un sérieux passage à vide où il semble délaisser les acquis du reste de l'album. Sans doute la passion évoquée par le titre s'entend-elle ici au sens biblique du terme... Le final, grandiose, dissipe heureusement cette impression mitigée, en rappelant que malgré son inspiration fluctuante, Power And The Passion demeure une œuvre charnière de la carrière d'Eloy : rien moins que son passeport pour l'ère de la pleine maturité... Le signe avant-coureur de cette dernière étant la première apparition du légendaire logo d'Eloy, celui que vous retrouvez logiquement en ouverture du présent article...
“1976-1979 : L'Âge d'Or"
Soyez attentifs, nous pénétrons dans une période à tous points de vue remarquable. Non seulement, elle voit Eloy quitter les brumes opaques de l'adolescence, mais elle lui permet surtout, et de façon quelque peu inespérée, d'enfanter un art remarquablement abouti. Un art dont la quintessence ne sera par la suite plus jamais vraiment atteinte... Un sondage auprès de vous, chers lecteurs, serait d'ailleurs certainement très éclairant. Car, il est fort à parier que la plupart d'entre vous situent leur album studio favori du groupe parmi les trois recensés entre 1976 et 1979. Quant à ceux qui ne connaissent pas encore Eloy (si ce n'est peut-être à travers leur culture littéraire), nul doute qu'ils suivront prochainement la même voie... Mais, ne brûlons pas les étapes, et attachons-nous plutôt à présenter les jalons discographiques de cette fabuleuse époque...
Les fondations de la Maison Eloy ont donc été creusées au cours des années précédentes. Et si Power And The Passion représente pour partie la pose de la première pierre, ses successeurs vont s'avérer de bien plus performants bâtisseurs... Et pourtant, les prémices ne sont pas bien engageants. Bornemann vient de se séparer de la totalité de ses acolytes, et notamment du fidèle Manfred Wieczorke. Impossible de ne pas craindre le pire de ce bouleversement... A peine Eloy a-t-il en effet commencé à trouver ses marques, qu'il doit se départir de sa colonne vertébrale... Mais à tout malheur, quelque chose est bon, car ces départs vont nous faire prendre conscience d'un fait, jusqu'alors pas si évident que cela : Bornemann est l'âme d'Eloy, et n'a finalement que faire de ces modifications qui auraient pourtant décimé tant d'autres formations...
Aussi
incroyable que cela
puisse
paraître, un an
à peine après Power And The
Passion et la
séparation momentanée du groupe, Dawn
voit donc
le jour avec trois nouveaux musiciens pour épauler l'homme
au béret. Et le plus incroyable est que cette nouvelle
incarnation d'Eloy
va immédiatement fonctionner à
plein régime, les instrumentistes s'avérant en
parfaite osmose (sur le plan artistique au moins, car humainement ce
sera une tout autre histoire, que vous relate la biographie
ci-après). Autour de Bornemann, on recense à
présent Klaus-Peter Matziol (basse), Dettev Schmidtchen
(claviers) et Jùrgen Rosenthal (batterie)...
Dawn : quel titre judicieux au regard de ce qui vient d'être dit ! Ce soleil perçant l'horizon au dessus d'une mer d'huile illustre autant la pochette de l'album que l'inauguration des succès artistiques des trois années à venir... Beaucoup d'amateurs d'Eloy considèrent cette œuvre comme la plus réussie de sa discographie, bien qu'elle fasse encore preuve de certains manquements. Subjectivité inhérente à la qualité de fan ? Pas forcément, car Dawn est en effet un crépitement d'idées, typiques de la folie créatrice des années 70, qui peut ressembler de prime abord à un fourre-tout quelque peu difforme. Mais de cette disparité, finit par surgir une improbable homogénéité qui rend l'écoute de l'album évidente et fluide alors que ses composants ne le sont pas forcément...
Eloy réussit en effet à rendre logique l'enchaînement de séquences symphoniques et enlevées (proche d'une certaine forme de hard-prog sophistiquée à la Deep Purple...). Ce lien entre des morceaux aux styles divergents, nous le devons assurément à la présence d'un orchestre symphonique. Celui-ci ponctue en effet de ses grandioses interventions des paysages souvent revêches, et fait de l'album une suite fulgurante de moments hauts en couleur... Cette volonté de recourir à l'orchestration d'une partie de l'album, vecteur primordial de sa réussite fait pourtant suite à un constat initialement assez inquiétant : Detlev Schmidtchen, guitariste de formation ne s'étant mis que récemment aux claviers, craint de ne pas être à la hauteur des attentes de ses collègues. Cet orchestre, plus que le fruit d'une volonté artistique précise, justifie en fait sa présence de façon bien moins glorieuse en palliant les éventuelles faiblesses du claviériste... Mais peu importe, l'art progressif du Eloy de 1976 ne peut encore s'accommoder d'aucune règle parfaitement définie.. Le temps manque, et Bornemann fait simplement de sa musique le résultat des contingences matérielles qui ont présidé à sa création. Et puis cela n'est en aucun cas dommageable, car Eloy connaît alors un état de grâce qui va le conduire au sommet de la hiérarchie progressive...
Peut-on en effet résister à la beauté diaphane de ces sublimes envolées orchestrales, que certains effets sonores (pluie d'orage vent...) et les poussées électriques viennent amplifier ?!?... La face éthérée du rock progressif d'Eloy connaît avec Dawn une incarnation quasi définitive, que ses successeurs ne feront que revisiter avec des moyens plus conventionnels (mais jouissifs c'est à dire une panoplie de claviers sans équivalent dans le mouvement progressif).
Ce premier album de l'âge d'or offre donc un 'space-prog' qui peut enfin être entendu dans son acception la plus profonde. Brillante illustration de péripéties galactiques, Dawn, propulsé par la basse thermodynamique de Matziol, fait ainsi entrer Eloy de plain-pied dans l'histoire de notre mouvement. C'est réellement à partir de cette œuvre que le groupe allemand fait montre de la vitalité de son talent. Le gros-œuvre est réalisé, place maintenant au travail de finition...
On prend les mêmes et on recommence... Le quatuor ayant fait ses preuves sur Dawn se réunit un an plus tard, et enfante ce qui va devenir la pièce maîtresse de la discographie d'Eloy. Ocean est non seulement une immense réussite artistique (carrément une pierre angulaire du patrimoine progressif !), mais surtout l'un des plus grands succès commerciaux du groupe... Pourquoi cet album a t-il donc autant marqué les esprits ?
La
réponse,
évidente pour qui s'est
penché sur le cas Eloy
et vu dans ses imperfections
juvéniles de simples conjonctures temporelles,
éclaire bel et bien une simple arrivée
à maturité. Toutes les vicissitudes des vertes
années de la formation ne pouvaient qu'aboutir à
une telle œuvre. Un peu comme si le Dieu du progressif avait
programmé Eloy
dès 1969 pour amener son
'space-rock' à prendre la forme ultime que nous fait
découvrir Ocean
à l'automne 1977... Si Big Bang
avait existé à l'époque, nul doute que
nous en eussions fait d'ailleurs l'album de l'année...
Quatre longues compositions (12, 8, 8 et 15 minutes) nous sont offertes
pour profiter pleinement de l'aubaine, et examiner comment fonctionne
un groupe à plein régime...
Les doutes concernant Detlev Schmidtchen s'effacent rapidement devant les superbes envolées de claviers dont Ocean regorge. Chacun des quatre musiciens est bel et bien au sommet de son art, mais surtout bénéficie d'un avantage de taille, celui de s'exprimer au cœur d'un concept propice aux plus ardentes joutes instrumentales. Nous contant donc la création puis l'engloutissement de l'Atlantide, Bornemann parvient à puiser dans son rauque gosier germanique son accent anglais le plus correct, mais surtout offre au groupe un champ d'expression sans limite...
La musique prend donc ici des allures essentiellement majestueuses et solennelles, là où Dawn s'autorisait quelques escapades plus 'terriennes', du côté notamment d'une certaine forme de hard-prog estampillé 'seventies'... Ocean rompt effectivement avec les inclinations plus frustes que son auteur arborait encore quelques mois auparavant... Le début de l'album est notamment fabuleusement inspiré. Le travail sur les atmosphères est tout bonnement parfait, et nous transporte au cœur de paysages extatiques. Les claviers, que propulse divinement la guitare spatiale de Bornemann, apparaissent rapidement comme l'élément fondateur du rock progressif si original d'Eloy. On n'ose imaginer ce que cela aurait donné, si Schmidtchen avait été un musicien accompli... "Poseidon's Création", le titre d'ouverture, mériterait ainsi d'être exposé dans un improbable musée musical pour éclairer les générations futures sur ce que fut la forme la plus aboutie du 'space-progressif... Et même si le laïus quelque peu pontifiant et introduisant le dernier morceau peut paraître légèrement longuet, force est de reconnaître que la musique de Ocean est le fruit d'une inspiration constante, portant Eloy vers les sommets de l'art progressif... Tout est dit, ou presque, et l'on se demande alors s'il existe encore une raison d'être à Eloy...
Point
de réponse
immédiate à
cette interrogation, la prochaine étape de la
carrière d'Eloy
est en effet la publication d'un album
enregistré en public en mars 1978. Arborant une pochette
pour une fois assez quelconque, Live
(tel est son sobre titre) axe son
répertoire sur les deux derniers albums studio (six titres
sur les huit recensés), le reste étant issu de
Power
And The Passion et de Inside...
En fait, suite à des
problèmes techniques relatifs au son (dus aux
interférences engendré par le système
de gestion des lumières), le groupe ne put utiliser tous les
morceaux enregistrés ce soir-là. C'est ainsi que
"Decay Of Logos", troisième partie du conceptuel Ocean,
fut
évincé de la version finale de l'album...
En dehors de cette anecdote, rien de vraiment particulier n'est à signaler à propos des versions découvertes, si ce n'est qu'elles montrent combien Eloy est soucieux de reproduire son art sous une forme assez proche de l'original. En ce sens, Live peut s'avérer un excellent moyen de découvrir le groupe allemand sous son incarnation la plus célèbre. Par contre, ceux qui y chercheront de l'extravagance ou de la fantaisie en seront pour leur compte : Eloy n'est assurément pas Grobschnitt, capable de faire de chaque concert un véritable spectacle, dont Solar Music Live est le prolongement ultime...
Dans la
foulée de cette
tournée
triomphale, Eloy
publie un nouvel album qui sera malheureusement le
dernier à paraître sous sa formation la plus
fameuse... Silent
Cries And Mighty Echoes est à nouveau un
grand succès commercial, mais connaît d'un point
de vue artistique une autre destinée.
Cette œuvre, qui aurait du être celle de la consécration suprême, est en fait celle de la controverse... Bien que les 5 compositions (9, 15, 7, 5 et 7 minutes) recensées soient d'un formidable aboutissement, certains vont y voir un honteux plagiat. Tout simplement parce que deux séquences, clairement déterminées et au demeurant superbes, évoquent les splendeurs du Pink Floyd de Wish You Were Here... Pour notre part, Eloy véhicule ici des influences trop grossièrement marquées pour ne pas être considérées comme de simples et savoureux clin-d'oeil... Le groupe allemand n'a jamais caché les affinités stylistiques qui pouvaient exister entre les deux formations, et les affiche ici comme on montre une déférence à l'égard d'un talent reconnu... Quelque peu agacé par l'ampleur de cette controverse, Bornemann y répondra quelques années plus tard sous forme d'ironie et de façon pertinente : "Nous avons effectivement pu générer des atmosphères proches de ce qu'a fait Pink Floyd à un moment précis de sa carrière, mais je suis par contre certain que Pink Floyd ne sera jamais capable de créer une musique comme la nôtre...". Ne passez donc pas à côté de cet album, car à certain regard, il peut être considéré comme l'apogée de son géniteur... En voici quelques preuves.
Les atmosphères, mouvantes au possible, s'organisent en une mosaïques de sonorités soyeuses, que les claviers (moog endiablé en tête) tissent sous forme de toiles multiformes et multicolores. Dans ces dernières, tels de papillonnants insectes se donnant joyeusement la mort, les somptueux solos de guitare de Bornemann viennent s'échouer, et contribuent à faire de certaines séquences des exemples achevés de ce 'space-rock' dont nous vous rebattons les oreilles depuis quelques paragraphes...
Et pour en finir une bonne fois pour toute avec le groupe de Gilmour et de Waters, émettons une nouvelle analogie entre Silent Cries And Mighty Echoes et Wish You Were Here pour dire que le premier est certainement le prolongement progressif du second... Voire son aboutissement, mais laissons à chacun le soin d'en juger... Quoi qu'il en soit, le côté spatial et quasi mystique est en effet ici presque palpable tant les musiciens s'investissent dans l'exploration des thèmes aériens les plus féconds... La petite faiblesse de cet album réside certainement dans son agencement un peu bancal, puisqu'il débute par les trois morceaux les plus aboutis. Force est de constater alors que l'écoute devient sur la fin un peu moins intense... Mais peu importe. Silent Cries And Mighty Echoes est finalement à considérer comme le complément et l'égal de Ocean dont la réputation est pourtant bien plus flatteuse. Puissent ces quelques lignes permettre à son successeur de combler, dans votre esprit au moins, le retard d'estime qu'il lui rend encore aujourd'hui...

