Live In Japan (DVD)
Sony Music - 2002 - 133
mn
L'émotion
! Pour moi, dont l'adolescence a été
bercée par les albums de ces fabuleux ritals (ritaux ?),
allant même à San Remo pour dénicher
les vinyls non disponibles en France, voir PFM en concert
était un rêve, jusqu'alors inassouvi. Certes, au
regard de leurs récents CD, la musique du groupe avait
évolué (pour ne pas dire
régressé, ce qui serait un jugement subjectif)
par rapport à ses premiers chef d'œuvres,
s'adaptant aux nécessités
musico-économiques contemporaines, la rendant de fait moins
aventureuse et, il faut l'admettre, bien moins intéressante.
Mais en découvrant le programme de ce concert
donné au Club Citta de Kawasaki (Japon) en mai 2002, le
rêve se réalisait par DVD interposé :
un florilège de leur époque progressive,
basé sur les trois premiers albums (en vrac : «La
Carrozza di Hans», «River of Life»,
«Photos of Ghosts», «Dove
Quando», «Il Banchetto»,
«Dolcissima Maria», «Mr 9 Till
5», «Impressioni di Settembre»,
«E Festa», «La Luna Nuova»,
etc.), agrémenté de l'incontournable
«Rossini's William Tell Overture» et de solos de
piano, guitares et violon, soit 25 morceaux de pur bonheur en 2 heures
13 !
La formation présente est celle de L'Isola Di Niente, à savoir Franz Di Cioccio, Franco Mussida, Flavio Premoli, Patrick Djivas, mais malheureusement sans le multi instrumentiste Mauro Pagani, ici parfaitement remplacé par le violoniste Lucio Fabbri. Quant à Piero Monterisi, il supplée Di Cioccio lorsque ce dernier quitte sa batterie pour chanter sur le devant de la scène. Tout ce beau monde n'a rien perdu de sa technique et de son feeling (mais les cheveux ont bien raccourci, mis à part Franz Di Cioccio qui a conservé ses belles boucles frisées), et les musiciens n'ont visiblement pas honte de rejouer du pur progressif en 2002. Le répertoire parfaitement exécuté, les arrangements restant fidèles aux versions originales (samplers de mellotron, guitare acoustique fort présente, ...), font que cette prestation au Club Citta est digne des concerts donnés en 1974. D'ailleurs, le public japonais apprécie le show à sa juste valeur, sans que cela n'altère la qualité sonore de l'ensemble. Techniquement, les images sont parfaites, et les multiples caméras cernent bien chacun des instrumentistes.
En bonus, le groupe est suivi lors de son périple japonais, sur fond sonore et interviews en final (13 minutes). En conséquence, un document essentiel pour tout amateur de progressif italien, et à l'image de Yes, autre vétéran, un exemple à suivre pour toute jeune formation qui hésiterait à se réclamer en 2003 du mouvement progressif.
Jacques TONI
(chronique publiée dans Big Bang n°48 - Mars 2003)

