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(entretien)
PULSAR (3/3)
ENTRETIEN AVEC
Victor BOSCH
& Jacques ROMAN
Victor, comment passe-t-on de batteur dans un groupe de rock progressif
à directeur de salle de concert de rock (Le Transbordeur
à Lyon) et producteur de «Notre-Dame de
Paris» ?
V. Bosch : Je pense que c'est une suite logique. C'est l'amour de la musique. Dans la jeunesse, on est créatif d'une façon directe et ensuite d'une façon plus indirecte.
Sur «Notre-Dame», au départ, l'initiative c'est bien sûr Luc Plamandon et Richard Cocciante; mais le démarrage de la production, c'est moi. J'ai rencontré Luc, j'ai cru en son projet et, avec un ami, on s'est lancés dans la production. J'ai également d'autres activités de management. Je travaille aussi pour Francis Cabrel. D'ailleurs, pour l'anecdote, je vous apprendrai que j'ai rejoué de la batterie lors de son dernier concert lyonnais au Transbordeur, sur le morceau «Sarbacane». Le public a dû être surpris ! (rires)
Le Transbordeur a démarré son activité de salle de concerts en 1989. C'est un programme que j'ai soumis à la ville. J'ai fait aménager une salle de concert à partir d'une ancienne usine. Je lui ai trouvé son identité. Et aujourd'hui, je la dirige. Je choisis la programmation dans un panel de genres le plus large possible, de la variété-rock à la musique progressive (Marillion, Porcupine Tree, Arena...).
Comment est né le groupe Pulsar ?
VB : Tout a commencé au collège de St Just (Lyon, 5ème arr.) où nous nous sommes connus, Jacques, Gilbert et moi, en 1966. Gilbert n'avait que 12 ans, Jacques 15 et moi 16. On a découvert la musique ensemble avec la passion qui peut animer un groupe de jeune gens. C'est donc une histoire de musique qui a créé une histoire d'amitié indélébile car on a vécu cela pendant plus de vingt ans, de façon très intensive jusqu'en 80. Et çà dure encore aujourd'hui !...
J. Roman : Au départ, on était un groupe de quartier. A l'époque, c'était la mode des trios, on écumait les maisons de jeunes. J'étais à la basse. On faisait du rhythm'n'blues, du style Otis Reading, et du «blues blanc» influencé par John Mayall (les premiers, avec Clapton à 18 ans), Jeff Beck, Spencer Davis Group. Puis, on a très vite découvert la musique psychédélique, celle de Cream, Hendrix, Nice, Floyd... J'ai été obligé de passer aux claviers pour étendre un peu le timbre. A propos d'Hendrix, «Hey Joe» venait à peine de sortir en France, personne ne l'avait, j'avais quand même réussi à me procurer le 45 tours, on l'avait répété l'après midi et le soir on le jouait et on le faisait découvrir à des gens, comme ça.
Votre première maison de disque Kingdom Records, émanait du manager de Caravan, Terry King. Quels furent vos rapports avec ce groupe ?
VB : On a fait quelques sessions quand on était en tournée en Grande-Bretagne. Rien de plus. C'était une façon de regarder ce qu'il se faisait là bas. Jacques aimait beaucoup la musique de David Sinclair, et à chaque fois que Caravan venait en tournée en France, s'il passait par Lyon, on était sûr de passer 48 heures avec lui. On a surtout eu un rapport très étroit avec Kingdom. A l'époque, en France, personne voulait de nous. Les maisons de disques françaises n'étaient pas prêtes pour les albums ambitieux avec un seul morceau sur une face.
Terry King nous a signés et, du coup, le fait d'être signé en Angleterre, de faire une tournée là bas, a fait ricochet en France. C'était très instructif, on s'est retrouvés dans des clubs où avaient joués Jeff Beck, Elton John, les Cream. C'était magique !
JR : Ce que j'ai bien aimé chez Caravan ou Soft Machine, c'est qu'il y avait des changements de mode au milieu des morceaux. Ils passaient du la mineur au fa mineur... Ils pouvaient changer de gamme toutes les quatre mesures. Avec des mesures composées également, système que l'on retrouve parfois dans Pulsar, mais pas traité de la même manière...
Victor, pour beaucoup, vous étiez un batteur original, un peu dans le style dépouillé de Nick Mason, avec des partis pris rythmiques et sonores qui apportaient une profondeur hypnotique particulière qui participa grandement à l'originalité du groupe...
VB : Je n'ai jamais aimé la technique pure, même en tant qu'auditeur, les syncopes, les roulements, l'esbroufe qui pollue... Même si j'aimais bien des batteurs comme Cobham, et que j'ai de l'admiration pour Vander qui est un batteur à part, ce n'étaient pas des gens représentatifs de ce que je voulais faire. C'est vrai que j'avais une technique très limitée, car je suis complètement autodidacte . Le seul à avoir une technique hors du commun était Gilbert... Jacques avait une technique propre au groupe. De toute façon, je n'ai pas joué de la batterie pour être un grand technicien. Mais pour amener une façon de servir un morceau.
J'ai toujours été plus étonné par Nick Mason, ou par les divisions que pouvaient faire Bruford ou Carl Palmer. Ce qui m'a plu chez Mason, c'est cette façon, à partir de trois fois rien - quelques cymbales -, de créer une ambiance, un climat particuliers que l'on retrouve d'ailleurs un peu dans certains groupes aujourd'hui... Ce qui m'intéressait, c'est la trouvaille, l'inventivité et la beauté qui en découle. Trouver des rythmes qui amènent quelque chose de plus. C'était pas à quelle vitesse j'allais le jouer, mais plutôt quelle reprise j'allais faire et de quelle façon j'allais pouvoir diviser mon jeu différemment pour créer un climat différent. J'étais minimaliste dans l'action mais pas dans la direction : je savais où j'allais, et c'était intentionnel. Avec comme plus gros souci d'être bien en place, pour que la sauce prenne bien avec les autres, et qu'il y ait de la pêche, en faisant des choses complètement justifiées, sans démonstration, mais avec une ampleur particulière. A l'époque, j'avais l'impression que les groupes français manquaient de cohésion, même s'ils avaient plus de valeur musicale individuelle que nous. Mais avec Pulsar, en concert, je savais très bien qu'on allait être imparables. Je me souviens avoir créé une reprise de batterie toute bête, en deux temps, mais qui est devenue mythique pour beaucoup de batteurs. Personne n'y avait pensé avant moi. Et c'est peut être ce qui a le moins vieilli dans Pulsar !
Vous êtes un des rares groupes de rock français des années 70 a avoir essayé d'inventer un style, de défricher des climats et des ambiances nouvelles...
JR : Depuis toujours, j'ai aimé faire des manipulations expérimentales, comme on en trouve souvent dans la musique contemporaine. Mais sans interdire l'émotion, sans que cela devienne une jouissance purement intello. Le début de «Strands...» est un morceau que j'ai enregistré à l'endroit en vitesse rapide avec un certain timbre et c'est après l'avoir 'retourné' et mixé deux fois plus lentement que je l'ai proposé aux autres...
A la grande époque de Pulsar (75/80), ce qui enrichissait le plus mon inspiration était ce que faisaient Eno ou Rick Wright - des choses assez simples, en fait. Encore aujourd'hui, les grandes ambiances aux synthés saturés avec réverb me lassent assez vite, au bout d'un moment j'ai besoin d'entendre un petit piano acoustique tout seul.
Quelle a été la contribution de chacun à la musique et aux arrangements, à ces partis pris ?
JR : Sur Pollen, mon frère (basse) est arrivé avec des compositions finies, qu'on avait plus ou moins rodées en concert. Et tout le monde avait participé aux arrangements. Pour les autres albums, cela a été du travail complètement collectif. On arrivait au studio avec des accords, on préparait un peu chacun dans son coin, je travaillais à mes sons de claviers, puis rejoignais Gilbert pour discuter d'un pont à la guitare. Roland mettait un peu de climat par dessus. Tout a été signé collectivement, y compris les textes que l'on écrivait par groupes de deux ou trois avec des relectures collectives. Chacun devait donner sa propre interprétation du paragraphe, son propre voyage. On inventait à chaque seconde, sans loi, sans thème, juste la recherche de l'émotion, en plein surréalisme. Rien n'était vraiment dirigé, ce sont des successions d'atmosphères subjectives. On n'obligeait pas les gens à aller quelque part. Le voyage appartient à la sensibilité de celui qui écoute, chacun se construit son voyage. C'est un peu le propre des musiques 'prog'. Chacun se projette dans la musique...
VB : Quelqu'un apportait une vague idée de morceau, sans relief ni articulation, et chacun faisait ses propositions. Je proposais une structure rythmique, je disais que telle division allait mettre le morceau en valeur, etc. On s'est jamais engueulés. Cela allait vite, quand quelque chose sonnait bien, c'était généralement pour tout le monde.
Après avoir signé avec Kingdom Records, le succès a été au rendez-vous avec des ventes d'albums encourageantes...
VB : En effet, les ventes de Pollen (5000 albums) furent bonnes pour un premier album. Il a même été classé un temps 5ème meilleure vente de pop française. La méthode des labels anglais de l'époque était de dire : peu importe le nombre de ventes, 5000 ex., ça ne pose aucun problème. Et le second a explosé : 40 000 ex. ! Mais faut admettre que la qualité était différente. Et cela a donné un coup de fouet aux ventes de Pollen qui sont passées à 15 000 fin 1976.
JR : Pollen me semble très loin de moi aujourd'hui. Mais j'aime encore beaucoup Strands..., où je ressens davantage cette sorte de folie collective. J'arrive encore en l'écoutant à participer au voyage, à planer sans penser à notre petite cuisine en cours d'enregistrement. Je me souviens aussi qu'on était sur la route en permanence (160 concerts en 1976). On enchaînait les concerts, on était très bien épaulés par Vogue qui distribuait nos disques. Partout où on passait, les disques étaient en vente. Ça marchait bien pour nous, mais on n'arrivait quand même pas à en vivre largement. On n'a jamais touché beaucoup de royalties. On a peut-être signé des contrats un peu pervers... (sic)
De toute façon, à cette époque, c'était pas le problème : la musique était vécue comme un rêve, un besoin de partager un bonheur. Alors peut être que nous étions avec des gens qui planaient moins que nous et qui géraient ces parties-là... (rires)
Malgré le succès public, la presse spécialisée a relativement peu couvert le parcours de Pulsar.
VB : En effet, on était un peu mis à l'écart car on ne nous comprenait pas bien. On n'était pas dans un moule. On est davantage reconnus et considérés par la critique aujourd'hui. Mais, et c'est ce qui fait que le rock français n'a pas vraiment explosé à cette époque, il y avait un complexe français vis-à-vis des Anglais. Faut dire qu'ils avaient mille ans d'avance !! Quand ils décidaient d'aller dans une direction musicale, rien ne pouvait les arrêter. Prenons Roger Waters. En France, il n'aurait jamais pu faire ce qu'il a fait. Il trouvait des petits trucs inouis, des riffs qui nécessitaient une technique très rudimentaire, mais qui avaient pour but de trouver un concept musical personnel, et de servir seulement les morceaux. C'est pourquoi je trouve plus intéressant ce qu'à fait le Floyd que ce qu'a fait Yes, même si j'ai adoré Yes, formé de super musiciens. Car Yes est trop structuré. Et c'est pour cela que Floyd a moins vieilli. Ils expérimentaient simplement une direction à eux (c'est d'ailleurs ce qu'on a essayé de faire, toutes proportions gardées). Quand vous choisissez une direction perso, sans pour autant avoir une technique époustouflante, vous êtes obligé de vous y tenir, car pour construire le morceau, il faut inventer, adapter sa technique au concept musical que vous avez découvert. Et comme cette technique est détachée de toute école ou référence, elle devient un peu intemporelle, moins liée à l'époque. Et ça, c'était quelque peu incompris par les critiques de l'époque.
C'est peut-être à la recherche de cette reconnaissance que vous décidez de 'mettre le paquet' avec le disque suivant, Halloween. Pour votre premier album sortant sur une 'major', vous aviez bénéficié de plus de moyens : enregistrement aux célèbres studios Aquarius de Genève, son et mise en place rivalisant avec le meilleur des production anglo-saxonnes, emballage de luxe. Comment avez-vous ressenti l'échec relatif du disque ?
VB : Effectivement, on avait les moyens d'aller plus loin, de surprendre tout le monde. CBS est venu nous chercher, on a cassé le contrat avec le label anglais pour revenir en France. Et cet album s'est moins vendu - environ 15.000 copies... Il y avait la montée du punk, etc. L'époque était moins propice. Du coup, la maison de disques, qui s'attendait à au moins 50.000, nous a lâchés, n'a pas soutenu l'album. Nous, on a pas été déçus ni par l'album, ni par les ventes, mais plutôt par le comportement de la maison de disques qui se désintéressait de nous...
JR : Il faut dire que chez CBS, l'équipe a changé en cours d'enregistrement. On a signé avec un directeur artistique qui n'était déjà plus là quand on était en studio, et son remplaçant n'était plus là quand le disque est sorti. On était dans leur catalogue et ils ne savaient même pas à quelle musique on correspondait. Au départ, la politique de ces maisons était qu'il y ait un jeune directeur artistique qui prenne un groupe et se batte pour lui. Mais dans notre cas, il avait changé trois fois...
Et puis avec Halloween, on n'a pas caressé le public dans le sens du poil, on n'a pas essayé de vendre du disque, on a vraiment fait l'album qu'on voulait faire. Il était logiquement plus abouti que les autres. Mais on est peut être un peu trop restés de façon schizophrénique dans notre chapelle, à protéger nos sensations, dos au public, sans tenir compte de la musique qu'il attendait à ce moment. Et on s'est peut être coupés de tout le monde.
A son niveau et dans son domaine, on peut dire en quelque sorte que Pulsar fait l'actualité car Muséa réédite «Bienvenue...» en CD.
JR : Pendant trois ans, on n'a pas arrêté notre activité musicale. Après une tournée en 78 au Portugal (Il paraît qu'au Japon, on peut en trouver un double-live, l'enregistrement de notre concert au Palais des Sports de Lisbonne devant 15 000 personnes; le son doit être à vomir, mais ça devait être assez chaud sur scène !), on est allés dans un chalet pour composer un album, qui n'est jamais sorti suite aux problèmes avec notre maison de disques. Puis on a rencontré Bruno Carlucci (metteur en scène de théâtre) dans des soirées parallèles. Il nous a appris qu'il voulait monter un spectacle sur une nouvelle de Peter Hankle. Ce dernier avait déjà fait des mises en scène de ses propres textes sur de la musique rock, les Stones, je crois, tout le monde a trouvé intéressant de jouer sur une musique qui ne raconte pas forcement l'histoire mais qui la colore, qui l'oriente ou bien qui aille à contre courant de façon réfléchie. Le théâtre a été une expérience formidable, on a joué ce spectacle 150 fois, avec au moins 90 représentations au Théâtre de l'Est Parisien. La scénographie était pour 40 personnes, magnifiquement imaginée par Carlos Calducci. Les gens s'installaient dans une salle carrée qui imperceptiblement se rétrécissait pendant une heure en prenant finalement la forme d'un abri antiatomique. Et on jouait live derrière un miroir sans tain. C'était sur le froid, l'angoisse, la mort, mais c'était intense.
Après 1982, on a arrêté de travailler ensemble de façon concrète. On a mis naturellement Pulsar en 'stand-by'. En 1985, j'ai fait un album de synthé, presque de la musique de méditation, Mélodies Boréales, qui est réédité dans le même CD que Bienvenue..., et auquel Gilbert et Rolland ont participé.
VB : Bienvenue... était un peu différent au niveau de la forme. Un peu plus calé sur l'époque, un peu new-wave. Mais ça n'a pas débouché sur d'autres expériences, car nous étions déjà à la fin d'un cycle de vie. C'est moi qui n'ai pas donné suite. Une autre porte s'était ouverte sur autre chose. Je pensais, à tort ou à raison, que l'époque était révolue pour ce style de musique. Je pensais que j'allais y revenir, mais sous une autre forme, et d'ailleurs l'avenir m'a donné raison car à part Floyd et Yes qui ont continué, les années 80 n'ont quasiment rien donné en prog... De toute façon, le but de Pulsar était de coller à une époque, et d'être le reflet de la jeunesse de ces intervenants. Nous approchions la trentaine et l'époque n'était plus le reflet des aspirations de notre jeunesse...
Donc à ce moment-là, si vous êtes en train de faire une carrière internationale, vous continuez sur votre lancée et vous pouvez devenir intemporel, et c'est magnifique (cf. Floyd). Mais nous, ça n'était pas notre cas, et je pensais que tôt ou tard, on allait passer à la trappe et ce qui était à l'origine un vrai plaisir de création allait devenir un horizon triste avec des idées moins spontanées.
Mais j'ai toujours gardé des contacts avec les autres. Par exemple, Michel est depuis devenu mon associé et a produit avec moi «Notre-Dame», et Jacques est directeur administratif de la tournée de «Notre-Dame». Gilbert est le seul à avoir continué à faire de la musique, notamment pour le théâtre, des courts-métrages, des vidéos... Quant à Roland, il est prof de musique; il travaille un peu avec Gilbert parfois. On a mangé récemment tous ensemble, la première fois depuis six ans. Pour fêter la réédition de Bienvenue..., que nous avons réécouté avec plaisir. On a aussi écouté des vieilles bandes qu'avait apporté Jacques. Et nous avons parlé du passé...
Malgré cela, vous décidez en 1988 de remettre le couvert avec l'album Gorlitz (du nom d'une ville à la frontière de l'ex-RDA et de la Pologne)...
VB : A ce moment-là, tout le monde avait refait sa vie. Mais on était resté un groupe d'amis très soudé, genre «cercle des poètes disparus»... Personne n'est resté collé à la marmite Pulsar. Donc on a su la préserver. Comme un Graal. Tout ce qui a fait notre jeunesse, on l'a préservé en arrêtant à temps. Et en 1989, l'occasion nous a été donnée de faire un album. On s'est dit qu'on allait faire un album de copains qui se retrouvent. On allait faire comme dans notre jeunesse, mais avec le son de maintenant. Le groupe était bien tel quel, mais l'environnement était différent, au niveau des techniques de studio. Et c'est pour cela que la deuxième face est un peu ratée. L'ingénieur du son n'arrivait pas à rentrer dans notre trip. Ce gars était trop basé sur la forme (qui de plus n'était pas la nôtre), et pas assez sur le fond. Il nous proposait beaucoup de production pour pas grand-chose, cela a pris beaucoup de temps et la forme a cassé l'esprit, tout était fait par bout, sans beaucoup de spontanéité...
JR : Et puis cette deuxième face, c'était un peu des chutes, des archives mises au goût du jour parce qu'il fallait bien faire quelque chose. Mais on l'a écrite rapidement, sans trop s'investir. A part un très beau morceau de Roland au saxo que je trouve très bien.
Peut on espérer d'autres retrouvailles discographiques ?
VB : Pourquoi pas ? L'autre jour, quand on s'est rencontrés, on s'est promis d'en refaire un dans de meilleures conditions. Aujourd'hui, le contexte serait probablement plus propice. Je suis sûr que si on se retrouvait avec un ingénieur-son de vingt ans, cela se passerait mieux car il serait plus ouvert à notre vision. De toute façon, je pense qu'on refera un disque régulièrement, et toujours dans la même direction. Et peu importe le nombre de ventes, l'important est de retrouver les copains avec qui j'ai tout appris dans ma jeunesse et de faire quelque chose qui reste. Il y en a qui se retrouvent pour jouer au tennis; nous, ce sera pour faire de la musique. Evidemment, si on le fait, ce serait avec sérieux, donc il nous faudrait du temps et nos activités actuelles ne le permettent pas. Ce ne sera donc pas pour tout de suite, mais on le fera !!
JR : Avec le Kurzweil que l'on a, on pourrait même retrouver certains sons de l'époque. Ou des sons approchant... Mais le plus important, c'est la couleur, et cette couleur est dans les notes et l'interprétation. Si on a la chance de le faire, je pense que ce disque ressemblerait à la grande face de Gorlitz, c'est ce qu'il y a de plus proche de nous au niveau mélodique. Dans une ambiance nostalgique et mélancolique, comme toujours. Sur un site internet, j'ai même lu qu'on nous cataloguait dans la 'dark-prog', quelque chose de froid et sérieux. C'est vrai qu'on a jamais été dans la musique souriante, la 'easy-music'. C'est à contre-courant de notre belle société où il faut être positif. Et puis dans ce disque, on mettrait aussi une ambiance de voyage, très cinématographique, avec des trains qui partent... C'est normal, on aime ça, car dans chaque voyage, il y a toujours une part de mélancolie...

