BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

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PETER HAMMILL (VDGG 5/5)

VAN DER GRAAF is dead ! Long live Peter HAMMILL !

L'annonce de la dissolution du groupe sera évidemment un moment difficile pour tous les fans du groupe. Mais il restait l'espoir que Hammill, lui, continue. Espoir, on le sait, exaucé, puisque notre homme est toujours en activité, et quelle activité ! Après avoir erré de maison de disques en maison de disques, il a fini par créer sa propre structure de production, Fie !,où il s'obstine à sortir au même rythme effréné (un album par an, plus personne ne fait ça de nos jours !) des disques dont la puissance et l'inventivité ne tarissent pas. Et s'il s'est peu à peu éloigné des paysages authentiquement progressifs pour créer une œuvre atypique, il n'hésite pas à retourner à ses premières amours lorsque l'inspiration le lui commande.

Aussi fabuleux chanteur qu'éclectique musicien, il n'est certes pas un de ces virtuoses dont le microcosme progressif regorge : juste un de ces très rares artistes d'une sensibilité si extrême qu'ils peuvent vous retourner le cœur d'une simple ligne mélodique a capella ou de quelques notes de piano. D'une longévité et d'une prolixité étonnantes (en 1969, il estimait avoir déjà écrit 250 chansons !), l'homme a produit, seul ou en groupe, une quarantaine d'albums (si l'on compte les live et quelques compilations). Il est suivi par une cohorte de fans d'une fidélité à toute épreuve : en 1996, il a réussi à en réunir deux cents, venus de toute l'Europe, pour un concert acoustique donné en pleine montagne, au cœur des Dolomites italiennes ! Mais il a aussi été reconnu de tous temps par ses pairs. On trouve parmi ses admirateurs de nombreux artistes issus du mouvement progressif, Peter Gabriel, Robert Fripp ou Fish (les connaisseurs auront reconnu les pochettes de Over et Fool's Mate sur l'illustration du Fugazi de Marillion). Mais aussi, et c'est sans doute plus surprenant, des gens comme David Bowie, Marc Almond, Johnny Rotten ou les Stranglers. Au sein de l'entité Van Der Graaf Generator, tout se passait de façon très démocratique. Le choix des morceaux et l'orientation générale de la musique étaient décidés d'un commun accord et Hammill ne pouvait pas imposer à ses compagnons n'importe quel type de chanson ou de texte. Sa production en solo sera pour lui l'occasion d'approfondir son travail d'introspection et de montrer d'autres facettes de son talent.

Distribué en juillet 1971, son premier album, Fool's Mate, aura d'ailleurs l'aspect d'un fourre-tout, brillant certes, mais quelque peu hétérogène. On y retrouve essentiellement des titres, dont certains très anciens, qui n'avaient pu trouver de place sur les albums du groupe : textes intimistes à l'excès, morceaux décalés par rapport à la ligne musicale de Van Der Graaf Generator, ou simplement trop courts.

Même si, par la suite, il va s'attacher à produire des albums plus homogènes, l'éclectisme restera malgré tout un de ses credo de base. Une capacité d'innovation intacte au fil des ans et une totale liberté d'esprit lui permettront ainsi de réaliser des chefs-d'œuvre, accompagné de son seul piano ou de sa guitare acoustique, aussi bien que des morceaux plus complexes avec orchestre symphonique, ou des montages sonores que ne renieraient pas les fanas de musique abstraite.

C'est ce constant souci d'originalité, ce refus des structures basiques du style couplet-refrain, qui autorisent à le classer à la frange du mouvement progressif. En dépit de sa nette préférence, désormais, pour les formats courts, la présence quasi-constante de la voix et l'absence de développements purement musicaux.

Après Fool's Mate, il va attendre le premier split du groupe pour se produire à nouveau en solo. Cette période de deux années, les «lost years», va être le creuset d'où l'alchimiste va tirer coup sur  coup trois merveilles : The Chameleon In The Shadow Of The Night en 1973, The Silent Corner And The Empty Stage et In Camera en 1974. Trois albums essentiellement acoustiques, quoique parfois très violents, où il va mettre à nu ses angoisses dans des morceaux dont certains avaient été au départ écrits pour le groupe. Si les deux premiers verront la participation ponctuelle de ses anciens compagnons, In Camera, en revanche, sera l'œuvre du seul Hammill.

Cet âge d'or va prendre fin avec Nadir's Big Chance, une rude déception à l'époque, par rapport à ce qui avait précédé. Rétrospectivement, c'est un disque qui mérite pourtant d'être réévalué et qui, surtout, prend toute sa place sur un plan «historique». En effet, Evans, Banton et Jackson ont rejoint Hammill au moment de l'enregistrement et c'est presque d'un album de groupe qu'il s'agit. Un groupe que l'on retrouvera de nouveau réuni, six mois plus tard, pour ce Godbluff qui va marquer le retour de Van Der Graaf Generator au premier plan de la scène progressive.

Peter Hammill est de ces artistes qui nourrissent leur œuvre de leurs tourments intimes. Le cataclysme personnel qu'il va traverser après l'enregistrement de World Record va se retrouver directement gravé dans la cire. Ce sera Over, l'album de la déchirure, un disque qui occupe une place un peu à part dans le cœur des fans. Traumatisé par la séparation d'avec sa première femme, il va puiser au plus profond de son désarroi pour en tirer cet album magnifique et désespéré, adieu à sa compagne en même temps qu'aux seventies, et qui va conclure cette première période de manière magistrale.

Une fois la page Van Der Graaf définitivement tournée, et seul à la ville comme à la scène, ce stakhanoviste se remet aussitôt à l'ouvrage pour réapparaître en 1978 en pleine forme et prêt à attaquer les années 80 avec une vitalité incroyable et une approche musicale considérablement modernisée. C'est The Future Now, où il hurle à pleins poumons : «I'm pushing thirty, feeling sixteen» (eh oui, il a tout juste trente ans et déjà une quinzaine d'albums au compteur !). Mais, contrairement à un Genesis qui a dû en partie se renier pour pouvoir se mettre à la page, ce nouveau matériau, plus en phase avec son époque, semble couler de source et s'enchaîner tout naturellement et sans rupture avec ses précédentes productions.

Cette partie de sa carrière sera celle de l'effort solitaire et, rétrospectivement, certainement la moins satisfaisante. À l'exception d'un violon par-ci ou d'un saxophone par-là, il va désormais assurer toute l'instrumentation de ses disques (à l'occasion d'une interview, il exhibera d'ailleurs fièrement les ampoules provoquées par un apprentissage intensif des baguettes). Après The Future Now, le meilleur de la période, suivront, peu ou prou dans la même veine, Ph7 en 1979, A Black Box en 1980 et Sitting Targets en 1981. Tous des albums qui contiennent des moments inoubliables mais laissent malgré tout le fan de base sur sa faim. Peter Hammill a eu le tort de les habituer à des standards un peu trop élevés et dès que le niveau baisse quelque peu...

Le renouveau viendra par ce qui est l'essence même du rock : le groupe. Autour de Peter Hammill, les fidèles Guy Evans et Nic Potter ainsi que John Ellis (le «Fury» qui a également accompagné Gabriel) à la lead guitar vont former le K-Group avec lequel il va à nouveau produire des albums essentiels comme Enter K en 1982, Patience en 1983, et The Margin (The K-Group Live) en 1985.

À signaler, également en 1983, Loops and Reels, une compilation qui donne un nouvel aperçu de l'extraordinaire diversité de son talent, puisqu'on y trouve des travaux aussi variés qu'une expérimentation bruitiste ou une musique de ballet contemporain.

Toujours avide de changement et toujours là où on ne l'attend pas, Hammill va publier la même année un album miraculeux, un de plus, And Close As This, qu'il a réalisé avec juste sa voix, un piano, un ordinateur, et un seul passage des mains (dixit les textes de pochette !).

Infatigable, il va ensuite s'offrir un petit intermède avec son vieux compagnon Guy Evans, en enregistrant Spur Of The Moment, une succession d'impros prises sur le vif, avant d'entamer ce qu'il est convenu d'appeler sa période «moderne». La production un poil aseptisée et l'utilisation, parfois un peu gênante, de samplings et autres boîtes à rythmes n'empêcheront pas la réussite des albums In A Foreign Town en 1988 et Out Of Water en 1990.

Mais la très bonne tenue de ces deux albums n'est rien en comparaison de ce que Peter Hammill va produire les deux années suivantes. Ce sera d'abord, en 1991, The Fall Of The House Of Usher, un sidérant opéra rock de plus d'une heure. Un véritable OMNI (Objet Musical Non Identifié) de 76 minutes, où le texte, plus ou moins déclamé, est soutenu par une trame musicale d'une grande richesse, bien qu'elle n'ait été élaborée qu'avec des moyens très limités sur le plan de l'instrumentation (un orgue, un synthé, et quelques bruitages et percussions). Le tout arrangé, enregistré et interprété par Hammill à l'exception de quelques voix, dont celles de Lene Lovitch, égérie new-wave, et de Andy Bell, ex-chanteur de feu Erasure, groupe techno du début des années 80... ainsi que celle de l'inévitable Fish, venu donner un coup de main sur un chœur. Cette fresque titanesque qui laisse au minimum pantois montre qu'en plus le bonhomme a de la suite dans les idées : le livret, tiré de la célèbre nouvelle d'Edgar Allan Poe, est l'œuvre de Chris Judge Smith, premier batteur du groupe, et Hammill a commencé à travailler sur ce projet insensé dès 1973 !

Mais le meilleur est encore à venir. C'est en 1992 qu'il comblera le plus ses fans avec Fireships, un remarquable condensé de toutes ses expériences passées, peut-être son disque le plus abouti. Celui dans lequel il offre toutes les palettes de son art, avec ces mélodies tortueuses d'une si évidente luminosité et cette capacité, inusable semble-t-il, à les sertir dans des arrangements confondants d'intelligence et d'originalité.

Fireships était le premier disque d'un  nouveau concept, les «BeCalm» et «A loud» séries. Le suivant, The Noise, paru en 1993, sera un «A Loud». Un «A Loud» décevant et sans relief, où toute velléité de décollage est tuée dans l'œuf par un nouveau batteur, Manny Elias, à la frappe lourdingue et monotone. En 1994, Roaring Parties ne relèvera pas vraiment le niveau. Pour pouvoir à nouveau se délecter sans retenue, il faudra attendre X My Heart, en 1996, et surtout le très intimiste Everyone You Hold, en 1997. Un nouveau sommet dans la veine de Fireships, un «BeCalm» donc, où l'on admirera, entre autres, le morceau titre à l'arrangement minimaliste et à la mélodie immobile et quasi atone, ou ce «Bubble», que la partie d'orgue du revenant Hugh Banton, avec ses gammes d'accords si personnelles, élève vers des sommets d'émotion.

En octobre 1998, This confirmait moins d'un an après Everyone You Hold la forme de l'inspiration du bonhomme. Mais contrairement au disque précédent, aussi cohérent et intimiste que Fireships, ce nouvel album naviguait sur plusieurs mers, mêlant morceaux très énergiques à des plages plus introverties. «J'ai voulu montrer sur ce disque tous les styles qui m'intéressent encore», déclare alors Peter. De This, on retiendra en premier lieu ce fameux «Unrehearsed» où le saxo fou de David Jackson explose comme au plus fort de la période VdGG (un morceau littéralement renversant en concert), l'acoustique et magnifique «Nightman» ou encore cette petite merveille de «Since the Kids», dont le texte, évoquant le regard que portent des parents sur leurs enfants devenus adultes, renvoit immanquablement à la chanson «Autumn» de l'album Over (1977), l'expérience vécue en plus. L'album se termine sur un morceau de 14 minutes pourtant très loin des suites épiques de jadis : «The Light Continent» est en vérité une chanson (splendide) de 3 ou 4 minutes que Peter a volontairement étendue à un quart d'heure dans une nuée d'arrangements évanescents qui peuvent, selon l'humeur, agacer ou subjuguer...

Si aucun nouvel album studio ne voit le jour en 1999, trois disques, excusez du trop, sont toutefois publiés cette année-là par la maison Fie!. D'abord, le quatrième live officiel, Typical, le premier proposant un concert de Peter en solitaire. La totalité des morceaux ont été enregistrés en 1992 et en morceau bonus, Typical nous gratifie de trois chansons supplémentaires, pas même indiquées sur la pochette. Quelques moments mémorables dont un «Future Now» d'anthologie : Hammill seul en scène, juste armé de son piano ou sa guitare, et toujours de son incroyable voix, dégage plus d'énergie que bien des groupes au grand complet...

1999 est aussi l'année de sortie d'un nouvel album expérimental, The Appointed Hour, enregistré avec Roger Eno (le frère de l'autre...) : le 1er avril 1999, Hammill et Eno ont, pendant une heure, improvisé chacun de leur côté, dans leurs propres studios respectifs. L'album propose un enregistrement simultané de ces deux improvisations purement instrumentales et l'étrangeté vient souvent de la cohérence surprenante de cette musique du hasard...

Quelques mois plus tard, c'est enfin la parution de la nouvelle version de l'opéra-rock paru en 1991 The Fall of the House of Usher. Frustré par une première version trop imparfaite à son goût, Hammill, maîtrisant désormais au mieux les dernières subtilités technologiques de studio, a retravaillé l'œuvre, réenregistrant ses parties de voix, supprimant toutes les percussions, ajoutant quelques pincées du violon de Stuart Gordon ainsi que des accords de guitares électriques démultipliées, supprimant enfin toutes les percussions. Le résultat final fait de ce Usher '99 la version de référence, d'autant que l'emballage a lui aussi été amélioré, proposant un somptueux livret.

Le 15 mai 2000, c'est la parution du nouvel album studio None Of The Above, à l'inspiration plus timide que ses grands frères de 1997 et 1998. L'ennui guette trop souvent au détour de ces huit morceaux. Reste une règle immuable : il y a toujours un chef-d'œuvre dans les albums mineurs d'Hammill. Cette fois, c'est «Tango for One», joyau de près de sept minutes évoquant un des thèmes favoris du chanteur : l'ego démesuré de certains humains un peu trop fiers de leurs gencives. Enfin, si l'on devait oser vous fournir un «Guide pour Jeunes Personnes vers Peter Hammill solo», je vous proposerais en priorité les albums suivants : The Silent Corner and the Empty Stage (1973), In Camera (1974), Over (1977), pH7 (1979), A Black Box (1980), (1983), PatienceAnd Close As This (1986), Fireships (1992) et Everyone You Hold (1997). Neuf albums, et ce n'est là qu'une petite sélection subjective de l'œuvre immense d'un artiste aussi exceptionnel que prolifique...

Killers, Angels, Refugees

Outre les titres déjà cités, la discographie officielle de Peter Hammill propose deux autres albums live, Room Temperature et There Goes The Daylight, parus respectivement en 1990 et 1993, ainsi que plusieurs compilations : I Prophesy Disaster, The Storm et The Calm en 1993, After The Show en 1996, et surtout Love Songs en 1984. Un album qui, comme son nom l'indique, propose quelques-unes de ses plus belles chansons d'amour dans des versions retravaillées (il en a refait nombre de parties vocales). Toutes ces références sont disponibles chez Virgin, qui a racheté Charisma au début des années 80 ou chez Fie !.

Et, pour ceux que la langue de Shakespeare ne fait pas reculer, mentionnons pour terminer le livre Killers, Angels, Refugees, recueil de poèmes et de textes divers accompagnés de quelques dessins. Un collector de 1974 quasi-introuvable aujourd'hui.

Jean-François PÉNICHOUX & Frédéric DELÂGE

(dossier publié dans Big Bang n°34 - Mars 2000 - et Big Bang n°36 - Août 2000)

PETER HAMMILL - "Clutch"
Fie - 2002 - 45:32

Comme pour s'offrir une cure de jouvence, Peter Hammill revient cette fois à ses premières amours acoustiques, celles qu'il affectionnait du temps de Chameleon In the Shadow Of Night (trente ans d'âge, déjà...). Les neuf morceaux de Clutch trouvent en effet leur colonne vertébrale instrumentale dans les accords d'une simple guitare (électro)acoustique, juste accompagnée ponctuellement du violon de Stuart Gordon ou du saxo (parfois de la flûte) de l'ex-VDGG David Jackson. Mais si ce choix minimaliste réserve évidemment des espaces supplémentaires, des respirations et des silences dans lesquels s'engouffre, plus jaillissante et pénétrante que jamais, la voix protéiforme de notre virtuose des cordes vocales, il en faudrait bien davantage pour faire de ce Clutch un simple exercice de style ou un disque à bêtement étiquetter «folk». Inclassable, éclectique et tellement personnel : l'univers de Peter Hammill se livre toujours tel qu'en lui-même, avec sans doute une intensité qu'on n'avait pas ressentie totalement sur les deux derniers albums en date (None of the Above en 2000 et What Now ? en 2001), au-delà des nouvelles perles un peu isolées qu'ils recelaient. Clutch démarre d'ailleurs très fort avec l'enchaînement de trois morceaux («We are written», «Crossed wires» et «Driven») au charme ténébreux presque immédiat. Plus austères sont en revanche «Once You Called Me» - alternant douceur et dissonances - et le bien-nommé «The Ice Hotel», aussi glacial et inquiétant que le laisse présager son titre. Quant à «This is the fall», pas vraiment plus «commercial» (!), il finit par s'imposer comme l'une des pièces maîtresses du disque, pénétrée de cette émotion à fleur de peau et riche de toutes les audaces que Peter Hammill sait depuis trois décennies manier avec la minutie d'un orfèvre et l'authenticité d'un artisan. Le texte particulièrement inspiré de ce morceau, qui s'en prend violemment aux intégrismes religieux, vient d'ailleurs à point nommé rappeler que si Hammill aime d'abord à évoquer les tourments et mystères de l'âme humaine, il garde toujours un oeil sur le monde extérieur. Un aspect que viennent d'ailleurs confirmer, dans une veine musicalement plus simple, «Just a child» (sur la pédophilie) et «Skinny» (sur les adolescentes victimes de l'image de la femme «poupée Barbie» colportée par les magazines). Dernier morceau de l'album, le «progressif» «Bareknucke Trade» et sa splendide mélodie viennent parachever du haut de leur huit minutes un Clutch qui s'impose comme un des nouveaux «classiques» hammillien d'une collection déjà pour le moins impressionnante. Et dont la longévité n'a d'égal que la hauteur de son inspiration...

Frédéric DELÂGE

(chronique publiée dans Big Bang n°48 - Mars 2003)

5/5

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